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Fiction - tome 2

ANTHOLOGIE


Cycle : Revues - Fiction (Moutons électriques)  vol.


Illustration de F'MURR

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES , coll. Fiction n° 2
Dépôt légal : octobre 2005
336 pages, catégorie / prix : 19 €
ISBN : 2-915793-07-7   
Genre : Imaginaire



    Quatrième de couverture    
     « Courageuse résurrection. » (Libération) ; « Un manque dans le paysage de la SF française est en train de se combler. » (Le Cafard cosmique) ; « Jouissif, d’une originalité absolue. » (Le Monde) ; « Fiction ressuscite et c’est réjouissant ! » (Le Soir).

    Sommaire    
1 - (non mentionné), Ouverture, pages 5 à 8, Introduction
2 - Léa SILHOL, Trois fois, pages 9 à 37
3 - Julien BOUVET, Coalescence, pages 38 à 47
4 - Hans Henrik LOYCHE, Ce qu'il y a de bien, dans la vie (Good Things in Life), pages 49 à 55, trad. Stéphan LAMBADARIS
5 - Brian STABLEFORD, Les Flûtes de Pan (The Pipes of Pan), pages 57 à 80, trad. Martine LONCAN
6 - David LANGFORD, Obscurités multiples (Different Kind of Darkness), pages 81 à 91, trad. Marc TIEFENAUER
7 - Ian R. MacLEOD, Le Temps du retour (Home Time), pages 93 à 126, trad. Sophie DABAT
8 - Zoran ZIVKOVIC, Le Trou dans le mur (Otvor u zidu), pages 127 à 136, trad. Sylvie MILLER
9 - Gahan WILSON, Portfolio, pages 137 à 148, Portfolio
10 - Carol EMSHWILLER, Le Projet (The Project), pages 149 à 165, trad. Fabienne ROSE
11 - Jean-Jacques RÉGNIER, Menuetto da capo al fine, pages 167 à 186
12 - Paolo BACIGALUPI, La Fille-flûte (The Fluted Girl), pages 187 à 212, trad. Noé GAILLARD
13 - Elizabeth HAND, Dedans dehors : sur Henry Darger (Inside Out: On Harry Danger), pages 213 à 220, Article, trad. André-François RUAUD
14 - James SALLIS, Un enfant de genre (The Genre Kid), pages 221 à 223, trad. Thibaud ELIROFF
15 - Olivier DAVENAS, La Croisée des arts : Rothko, Nietzsche et la musique, pages 225 à 233, Article
16 - Frédéric JACCAUD, Daniel Drode : la science-fiction à fond, pages 234 à 243, Article
17 - Ugo BELLAGAMBA & Fabrice COLIN & Thomas DAY, Coécriture, une littérature au pluriel, pages 244 à 249, Article
18 - Joël CHAMPETIER & Elisabeth VONARBURG, Retour sur Colonie, pages 251 à 274
19 - Jeffrey FORD, La Pelote en fil de miel (The Honeyed Knot), pages 275 à 290, trad. Thierry CHANTRAINE
20 - Lewis SHINER, Les Hommes-lézards de Los Angeles (Lizard-Men of Los Angeles), pages 291 à 317, trad. Gabrielle COMHAIRE
21 - Francis VALÉRY, Mes carnets rouges/10, pages 319 à 327, Chronique
22 - (non mentionné), Nos auteurs, pages 329 à 333, Dictionnaire d'auteurs

    Prix obtenus    
Obscurités multiples : Hugo, nouvelle / Short story, 2001
 
    Critiques    
     Après un premier tome dont la principale caractéristique tenait dans le nombre proprement hallucinant de coquilles (pour lesquelles on aurait apprécié quelques excuses ici), on pouvait espérer que l'éditeur aurait corrigé le tir dans cette deuxième livraison. C'est — en partie — le cas : les fautes sont nettement moins nombreuses, mais en quantité néanmoins supérieure à la moyenne de la production. On signalera également aux Moutons électriques que le texte de Ian R. McLeod, lauréat selon la quatrième de couverture du prix Locus, fut bien nominé pour ledit prix, où il arriva... en vingt-cinquième position ! Alors que le texte de John Crowley, qui figure — avec une nouvelle de Jean-Louis Trudel — sur la plaquette de 16 pages fournie gratuitement aux abonnés, obtint ce même prix Locus, ce qu'oublie de préciser l'éditeur qui ne mentionne que la nomination au prix Hugo. Ceci étant dit, ces erreurs sont beaucoup plus anecdotiques que pour le premier tome, et ne sauraient pour cette fois remettre en cause le plaisir de lecture. Encore un numéro et tout ceci ne sera que de l'histoire ancienne, du moins l'espère-t-on.
     Poursuivant le credo affiché dans l'ouverture du premier tome, les textes sélectionnés ici parcourent toute la palette de l'imaginaire, de la SF (avec MacLeod, un paradoxe temporel de plus) au fantastique (Léa Silhol, du vampirisme à la vénitienne), en passant par les inclassables (dans lesquels on ne sera pas surpris de retrouver Jeffrey Ford, pour une histoire teintée d'autobiographie et de coïncidences troublantes). L'anthologie périodique se veut de plus mondiale, avec l'apparition d'un serbe, Zoran Živkovic, dont la thématique n'est pas si éloignée de celle d'un Greg Egan, même si le traitement l'est. La plupart des textes sont inédits, mais il y a également deux reprises, qui permettent de donner une autre carrière à des textes injustement méconnus : c'est le cas de "Retour sur Colonie", d'Elisabeth Vonarburg et Joël Champetier, et surtout de "Menuetto da capo al fine", de Jean-Jacques Régnier, parus respectivement dans Solaris et imagine..., deux revues canadiennes.
     Au niveau des articles, à noter celui d'Elizabeth Hand, qui nous présente Harry Darger et son histoire étonnante, tellement incroyable que ce texte prend parfois des allures de fiction. L'étude de Frédéric Jaccaud sur Daniel Drode est également passionnante. Celle d'Olivier Davenas l'est sans doute aussi, mais elle nécessite une telle culture générale que nombre de lecteurs risquent de ne pas y trouver leur compte ; il est aussi peu évident de parler de l'oeuvre d'un artiste peintre sans accompagner l'article d'une ou plusieurs représentations de ses tableaux...
     Enfin, dernière bonne idée de ce tome 2 : au gré des pages s'égrènent des cartoons publiés dans les revues américains comme le New Yorker, qui confèrent une touche sympathique. Le clou du spectacle étant constitué par un portfolio de l'un de ceux — avec William Rotsler — qui popularisa le cartoon en SF : Gahan Wilson.
     On le voit, après une première livraison peu convaincante, Fiction a redressé la barre et s'affirme désormais comme une anthologie périodique à suivre. Pas encore incontournable (il manque des textes se dégageant vraiment du lot), mais en passe de le devenir.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/11/2005 nooSFere


     On l'attendait de pied ferme, le voici. Fiction n°2 est désormais disponible et maintient allègrement le cap vers le très haut niveau. Quelques esprits chagrins ne manqueront pas de signaler, çà et là, les nombreuses coquilles qui agrémentent l'ensemble. Mais on pardonnera aisément à l'équipe rédactionnelle, tant les textes proposés ici ont une forte tendance à calmer tout le monde. Fiction, c'est avant tout des nouvelles de haute tenue, mais aussi des essais, des chroniques et toutes sortes de choses dans un format aussi joli qu'élégant. Si la couverture du numéro 1 en avait fait ricaner plus d'un, nombreux étaient ceux qui, au contraire, l'appréciaient vraiment, ne serait-ce que pour son éloignement assumé des vaisseaux spatiaux à la con et des barbares velus (on nous pardonnera l'expression). Passons donc rapidement sur la couverture de ce numéro deux, illustrée par un bon parmi les bons (F'murr, dont il n'est évidemment pas question ici de remettre en cause le talent), mais qui passe totalement à côté du sujet et nous laisse plus que sceptiques... Pas grave, tout comme pour Bifrost, l'essentiel est à l'intérieur, et justement, Fiction ne se fout pas de la gueule du monde en terme d'intérieur.

     Ainsi, les nouvelles sont toutes au mieux formidables, au pire surprenantes. On ne saurait trop insister sur l'incroyable texte de Loyche (« Ce qu'il y a de bien dans la vie »), dont l'absurde et le comique masquent un tragique aussi poignant qu'effrayant (une course de vélo qui voit disparaître son favori, dans un monde où les humains peuvent se déconnecter de la réalité et de ses nombreuses émotions en se mettant en Pilote Automatique). En quelques pages, qui vont droit au but et qui laissent le lecteur aussi raide qu'emballé, Loyche réussit la prouesse d'être aussi drôle qu'affreux, via la peinture d'un monde épouvantable qui hante longtemps après le coup de marteau final. Une vraie découverte et un auteur à suivre de très près, suivant la formule consacrée.

     Sans résumer l'ensemble du sommaire, on notera également l'excellente nouvelle de Ian R. MacLeod (« Le Temps du retour »), qui donne dans le classicisme extrême tout en étant d'une originalité proprement furieuse : en marge de la désastreuse expédition polaire de Scott, une machine à voyager dans le temps, pilotée par des scientifiques aussi hagards que fatigués, tente l'expérience ultime : ramener un élément du passé vers le futur, et accessoirement faire mentir la théorie qui certifie l'impossibilité d'une telle tentative. On pensait avoir tout lu sur le voyage dans le temps et maîtriser comme des princes les grands principes du paradoxe temporel. On avait tort...

     Au final, la renaissance de Fiction, sous la forme d'une anthologie périodique, fait partie de ces initiatives aussi casse-gueule que formidables, et le résultat correspond à nos attentes. La ligne éditoriale est impeccable, les textes exigeants et originaux. Un vrai souffle et un vrai bonheur de lecture en perspective. Souhaitons longue vie à la chose et réjouissons-nous en attendant Fiction n°3.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/1/2006 dans Bifrost 41
Mise en ligne le : 23/4/2007


     Pour ce deuxième tome de la nouvelle mouture de Fiction, les Moutons électriques ont sélectionné des textes d'une grande variété. On y trouve de la SF classique et efficace, comme les nouvelles de Brian Stableford et David Langford, « Les Flûtes de Pan » et « Obscurités multiples », deux variations effrayantes et très différentes l'une de l'autre sur l'éducation dans le futur, et celle de Jean-Jacques Régnier, « Menuetto da capo al fine », qui ravira les amateurs de paradoxes temporels. On y trouve de la fantasy avec Léa Silhol dont « Trois fois » explore en profondeur la relation entre les villes mythiques d'Isenne et Irshem — et donne ainsi des indications sur ce qui relie les œuvres en apparence les plus éparses de l'auteur — et avec Paolo Bacugalupi dont « La Fille-flûte », bouleversante, dénonce l'esclavage et la manipulation physiologique d'enfants.
     Quelques articles complètent la partie rédactionnelle ; les lecteurs de fantasy s'intéresseront particulièrement à celui d'Elisabeth Hand sur Henry Darger, et aux témoignages sur la co-écriture. On regrette toutefois qu'ils ne soient pas plus nombreux. Il aurait été intéressant d'interroger Joël Champetier et Elisabeth Vonarburg puisqu'une de leurs nouvelles est présente dans ce numéro. Ce texte, « Retour sur Colonie », se lit avec un intérêt croissant à mesure qu'on avance dans l'intrigue, et donne envie de mieux connaître ces auteurs québécois dont les livres sont parfois difficiles à trouver en France (Les Sources de la magie, de J. Champetier, vient d'être réédité chez Bragelonne). Suit un texte de Jeffrey Ford, « La Pelote en fil de miel », sur le thème de l'écriture, d'autant plus émouvant qu'il est inspiré d'une histoire réellement vécue par l'auteur. Enfin, le volume se termine sur une nouvelle de Lewis Shiner, d'un fantastique burlesque rappelant La Fiancée du Dieu-rat, de Barbara Hambly.
     Le tour du monde de Fiction n°2 passe par une nouvelle serbe, c'est assez rare pour être noté. « Le Trou dans le mur », de Zoran Živkovic, qui peut être lu comme une réécriture du mythe de Cassandre : celle qui connaît le futur et le dit ne peut qu'être folle à lier. Katarina, pour avoir voulu prévenir les malheurs qu'elle voit, est internée dans un asile. Impossible en lisant ce texte de ne pas songer à l'histoire récente et douloureuse de la Serbie et aux opposants muselés. Impossible d'ailleurs, en contemplant cette anthologie dans son ensemble, de ne pas être frappé par un thème sous-jacent : dans beaucoup de nouvelles il est question d'oppression, d'enfants maltraités, et si l'humour est présent, en particulier dans les cartoons et l'illustration de couverture signée F'murr — grand spécialiste des moutons — l'ensemble a une tonalité tragique.


Lucie CHENU
Première parution : 1/7/2006 dans Faeries 22
Mise en ligne le : 13/3/2008


     Deuxième livraison du Lazare des littératures de l'imaginaire, dont la résurrection crée une saine émulation puisque la revue Lunatique est sur le point de renaître de ses cendres aux éditions Eons, sous la direction de Jean-Pierre Fontana, et qu'on annonce aussi un nouveau Cyberdreams. Le rapprochement n'est pas vain puisque, outre leur statut de revenantes, ces trois publications ont d'autres points communs. Les sommaires de Fiction et de Lunatique dépassent la traditionnelle bipolarisation domaine anglo-saxon, domaine francophone. Les nouvelles serbe et danoise qui figurent dans le présent numéro de l'Anthologie périodique de Fantasy & Science Fiction sont l'occasion de découvrir, à qualité égale, une manière et un ton différents, pas ou peu formatés par l'american way. Comme dans les pages de Cyberdreams, on trouve dans celles de Fiction des essais ambitieux : dans ce numéro, trois articles d'Olivier Davenas et un autre d'Elizabeth Hand, sur le thème général de la création artistique, et autant de passerelles jetées entre l'écriture, la peinture et la musique. Le petit plus de Fiction, ce qui achève de la personnaliser, c'est d'abord le portfolio, ici un hommage aux cartoons et à l'humour caustique de Gahan Wilson. C'est aussi une facture à nul autre pareil (cette couverture « papier kraft » et la revendication d'une inactualité, une « intempestivité » au sens nietzschéen, dans le choix artistique des illustrations, tant en première de couverture qu'au fil des pages, font d'ores et déjà date dans l'histoire du genre).

     Fiction conserve tout de même une part classique, commune à la grande majorité des autres revues et anthologies, je veux dire un contenu fictionnel anglo-saxon et francophone. Il est une fois encore de très haute tenue. Une évocation polaire, ténébreuse et glaciale (on en ressort avec des gelures aux doigts...), sur les traces d'une expédition perdue dans l'Antarctique, qui a valu à Ian R. MacLeod le prix Locus. Un texte percutant de David Langford sur l'enfance et les interdits (celui-ci s'est vu remettre le Hugo). Deux « quasi tableaux » de Léa Silhol et de Paolo Bacigalupi, l'une nous entraînant dans les palais d'une cité lacustre imaginaire, jusqu'à l'antre d'une muse cruelle en quête de rédemption, l'autre nous offrant le délire techno-artistique d'une immortelle, sur fond de néo-féodalisme. Deux pervers enchantements. À noter aussi un Stableford qui ausculte le mythe de la jeunesse éternelle avec une pertinence d'où jaillit l'émotion, et la virée viennoise de Jean-Jacques Régnier, dans l'intimité de Mozart, au risque de changer l'histoire (une jolie variation dont l'originalité réside dans l'angle d'attaque...). On ne peut pas non plus ne pas évoquer la saveur andine du beau conte initiatique de Carol Emshwiller. Et puis le talent de Jeffrey Ford, qui continue d'interroger le principe créatif et fait surgir le fantastique des failles du réel. Et pour illustrer l'article de Davenas sur les coécritures, la plume bifide de Champetier et Vonarburg, une brève romance planétaire, pleine de l'amertume de l'échec.

     Malgré des coquilles qui restent nombreuses et constituent le seul motif d'insatisfaction, le prochain numéro de Fiction est fébrilement attendu.

Jonas LENN
Première parution : 1/4/2006 dans Galaxies 39
Mise en ligne le : 9/2/2009


 

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