Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Furia!

Jean-Marc LIGNY



Illustration de Daniel FURON

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 346
Dépôt légal : octobre 1982
224 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-207-30346-2
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     « Les musiciens de FURIA ! (se) jouent de nos sens comme de leurs instruments : avec une totale démesure, et une folie à peine contrôlée » (un rock-critique).

     « Le shockrock est une abomination, et FURIA ! un danger permanent pour la santé mentale de nos jeunes. Je me demande ce que font les pouvoirs publics ! » (la présidente d'un comité d'autodéfense).

     « FURIA ! c'est tellement clashy que ça me karachise. Les greez peuvent pas yapper ça ! » (un shockrocker).

     « FURIA ! c'est pour n ous un moyen de changer le réel. Ou de réel. LE réel ou DE réel ? À votre avis ? Vous y connaissez quelque chose, vous, à la réalité ? » (No Me, bassiste du groupe).

     « FURIA ! ? C'est une mode. Ils ne passeront pas l'hiver. » (le président d'une compagnie concurrente de vidisques).

     « Toujours et partout te guette le Mystère » (DolceVita).

     L'auteur
     Né à Paris en 1956. A commencé à écrire à vingt ans. Son premier roman, Temps blancs, d'une maîtrise et d'une originalité étonnantes a été très remarqué. S'intéresse de très près à la musique contemporaine qui a inspiré ses livres.
 
    Critiques    
     Jean-Marc Ligny est un jeune écrivain doué qui ne s'embarrasse pas de néoclassicisme ou de références aux grands maîtres. Il a les qualités de ses défauts, et les défauts de ses qualités. Avec lui, pas de demi-mesures. Il vous embarque à fond de train dans ses visions, en un kaléidoscope d'images qui s'entrechoquent. Roman-collage, Furia ! renoue avec la manière éclatée de Temps blancs, le premier (et remarquable) roman de Ligny dans « Présence du Futur » et raconte l'histoire d'un groupe d'hyper-rock dans l'avenir, avec à la clé des variations sur la réalité qui se déglingue et le temps qui vous joue des tours.
     Ligny (toutes composantes politiques mises à part) peut provoquer chez le lecteur le même type d'allergie qu'en leur temps, vis-à-vis des spectateurs, les films de Godard de la fin des années soixante. On peut ne pas aimer. Mais on ne peut nier la force d'un langage qui puise son sens en ses propres bouillonnements, parfois chaotiques — même s'il n'y a là qu'artifices soumis aux rites et aux rythmes d'une mode que Ligny suscite autant qu'il la suit. Conclusion : Jean-Marc Ligny est sans doute un utilisateur de procédés ; mais avoir aligné trois romans aussi « spectaculaires » que Temps blancs, Biofeedback et aujourd'hui Furia ! (quelques réserves qu'on puisse faire sur des mécanismes de construction répétitifs), c'est la marque d'un talent certain — peut-être pas novateur, mais en tout cas sûrement intelligent et habile.
     Et puis, si on est branché sur cette musique de notre temps, sur ses prolongements dans notre inconscient collectif et ses projections dans la sociologie de l'avenir, on ne peut manquer d'être sensible à ce roman de « rock SF » — un genre rare, un amalgame pourtant cohérent, dont il n'existe que peu de précédents (Joël Houssin : Locomotive rictus ; John Shirley : La Balade de City, mais aucun qui fasse à ce point du rock la matière de la trame du livre et sa justification.

Alain DORÉMIEUX
Première parution : 1/12/1982 dans Fiction 335
Mise en ligne le : 11/7/2006


 
     Troisième roman de l'auteur, Furia ! remonte à 1982, ce qui doit être la préhistoire pour bien des lecteurs... A l'époque où triomphaient les fils de pub persuadés d'être des surhommes devant dominer le monde pour mille ans sans s'apercevoir qu'ils glissaient déjà vers les poubelles de l'histoire, laissant derrière eux leur idéologie du dieu fric, certains tentaient encore de faire bouger les lignes : alors que la musique dite rock ne cessait de se réinventer, il s'agissait de profiter des expérimentations littéraires — parfois indigestes, mais nécessaires — des années soixante-dix. Dans cette histoire de déchéance d'un groupe rock, il y a du Druillet, du K. Dick (bien sûr), du Joël Houssin, de la technique de collage de par ses nombreux apartés, du Einstürzende Neubauten et autres défricheurs de l'industriel, du Orange mécanique de Burgess pour les recherches de langage. Et comme l'histoire, oscillant constamment entre rêve et réalité, jusqu'à s'offrir quelques passages drolatiques tenant plus de Chuck Jones que de Burroughs, se veut intemporelle, ce court roman a beaucoup moins vieilli que bien des récits de l'époque. Et il y a déjà ce style électrique au présent qui se fera de plus en plus sec, nerveux et précis, anticipant l'écriture de thriller telle qu'on la pratique actuellement, qui nous donnera des bijoux comme Aqua et récemment Exodes. P..., trente ans !

Thomas BAUDURET
Première parution : 1/1/2013 dans Bifrost 69
Mise en ligne le : 17/12/2017


 

Dans la nooSFere : 63201 livres, 59990 photos de couvertures, 57762 quatrièmes.
7963 critiques, 34635 intervenant·e·s, 1336 photographies, 3678 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2019. Tous droits réservés.