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Invasions divines : Philip K. Dick, une vie

Lawrence SUTIN

Titre original : Divine invasions : a life of Philip K. Dick, 1989
Première parution : New-York, USA : Harmony books, 1989

Traduction de Hélène COLLON
Illustration de Marc TARASKOFF

DENOËL (Paris, France), coll. Présences n° (22)
Dépôt légal : mai 1995, Achevé d'imprimer : avril 1995
520 pages, catégorie / prix : 195 FF
ISBN : 2-207-24077-0
Format : 14,0 x 20,5 cm  
Genre : Science-Fiction

8 pages de photographies en encart pages 264 et 265, non foliotées.



    Quatrième de couverture    
     Il y a des romanciers dont la vie elle-même est un roman. Parfois leur meilleur roman.
     Philip K. Dick (1928-1982) est certainement de ceux-là, lui qui connut une existence aussi peu banale, aussi mouvementée et parfois aussi traumatisante que ses oeuvres de fiction.
     Cette vie, seul Dick pouvait la raconter — c'est d'ailleurs ce qu'il fait souvent de façon détournée dans ses textes en apparence les plus débridées. Aussi son biographe a-t-il opté pour ce que l'on pourrait appeler la « sympathie critique ». S'appuyant sur une impressionnante documentation et une enquête systématique auprès de tous ceux qui ont connu Dick de près, sur des témoignages croisés et un va-et-vient toujours éclairant entre la vie et l'oeuvre, mais surtout sur une masse de textes inédits à ce jour, Lawrence Sutin dresse un portrait fascinant.
     Un portrait qui permettra aux lecteurs de Dick d'approfondir leur appréciation, et proposera aux autres une stimulante introduction à celui qui devait non seulement révolutionner la science-fiction en lui donnant une dimension philosophique rarement atteinte, mais s'imposer comme une des figures les plus originales de la littérature américaine contemporaine.
 
     Lawrence Sutin, diplômé de la Harvard Law School, vit à Minneapolis. Grand connaisseur de l'oeuvre dickienne, avocat de son état, il a procédé à l'instruction du dossier Dick avec une rigueur « d'école » tout en révélant des talents d'écrivain qui sont en train d'infléchir sa carrière vers la création littéraire.

    Sommaire    
1 - Remerciements, pages 9 à 11, Préface, trad. Hélène COLLON
2 - Note bibliographiques, pages 13 à 14, Notes, trad. Hélène COLLON
3 - Paul WILLIAMS, Avant-propos, pages 15 à 20, Introduction
4 - Guide de lectures chronologique, pages 455 à 498, Bibliographie, trad. Hélène COLLON
5 - Bibliographie, pages 499 à 507, Bibliographie, trad. Hélène COLLON

    Prix obtenus    
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2002)


     Ce livre 1 est la meilleure biographie disponible d'un écrivain qui, de l'avis de beaucoup, fut le meilleur auteur de SF américain. Prudent, Sutin l'a toutefois sous-titré « une vie de Philip K. Dick », une seulement, parce qu'on peut sans doute en imaginer beaucoup d'autres à partir du matériau existant. Le travail est à la fois facile et titanesque, tant Dick lui-même a laissé de traces, dans ses écrits, chez les personnes qu'il a côtoyées de près. Mais à matière abondante, tri difficile.
     En bref : Phil Dick naît en 1929, commence à écrire tout en travaillant dans un magasin de disques du Berkeley branché des années 40, donne l'essentiel de ses romans de SF entre la fin des années 50 et la fin des années 60. Les années 70 seront une période d'instabilité marquée d'abord par le fameux cambriolage de novembre 1971, puis par des visions mystiques en février/mars 1974, qu'il passera le reste de sa vie à essayer d'expliquer — sans oublier d'écrire au passage, entre autres, la fameuse Trilogie divine. Dick, usé prématurément par les abus d'amphétamines commis dans les années 50 et 60, meurt en 1982 d'une série d'hémorragies cérébrales, alors que la sortie imminente du film Blade Runner lui apportait à la fois des rentrées financières et un peu de la célébrité qu'il méritait.
     Sutin a accumulé un travail de recherche impressionnant, lisant non seulement romans, nouvelles et manuscrits inédits de Philip K. Dick (et en particulier ceux qui survivent de ses romans de littérature générale, écrits pour la plupart durant les années 50), mais aussi sa correspondance et les milliers de pages de notes théologico-mystiques connues comme l'Exégèse. Il a aussi parlé avec des dizaines de personnes ayant côtoyé l'auteur : ses cinq épouses, bon nombre de petites amies, collègues, fans, psychothérapeutes, co-locataires plus ou moins temporaires... De copieuses annexes détaillent les sources, et fournissent un guide de lecture de toutes les œuvres de Dick.
     On sort du livre avec l'impression d'avoir vécu avec Philip K. Dick, un homme caractériel et généreux, sans cesse en quête de la stabilité que pouvait lui donner le mariage ; un homme aux théories difficiles à croire, mais qui prenait tout ce qu'il disait avec un humour paradoxal. Dick avait forcé sur les amphétamines (et bien d'autres produits, mais pas tant sur le LSD). Cela n'empêche pas Sutin de le suivre dans sa recherche religieuse, sans privilégier une hypothèse explicative par rapport à une autre. Reste le mystère qui nous intéresse le plus, celui de la créativité de Dick, qui a pu écrire onze romans (dont quatre chefs-d'œuvre) en 1963-64, et rester bloqué pendant des années à d'autres moments. Des pistes sont données, des fragments de méthodes et des éléments tirés de sa vie. Les livres restent, souvent vite écrits, et pourtant riches de nouvelles profondeurs à chaque lecture.

Notes :

1. Il convient de signaler que cet essai est déjà paru en France en 1995, dans la collection Présences des Éditions Denoël. Il aurait donc pu figurer aussi bien dans la rubrique rééditions... (NDLR)

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/3/2002
dans Galaxies 24
Mise en ligne le : 11/9/2003


 

Edition GALLIMARD, Folio SF (2002)


     Réédition de l'ouvrage paru en 1995, le cahier de photos en moins, Invasions divines est sans conteste la bibliographie de Philip K. Dick qui fait autorité. Elle a d'ailleurs obtenu la même année le Grand Prix de l'Imaginaire. Toute la lumière est faite sur la personnalité torturée et, pour tout dire, invivable, de l'écrivain, en d'incessants allers et retours entre sa vie et son oeuvre. Si celle-ci ressortit clairement à la science-fiction, elle n'en a pas moins puisé son matériau dans la vie quotidienne, chaotique, de l'auteur.

     Dick, le superbe schizophrène, était une personnalité contradictoire en proie à des angoisses permanentes : agoraphobe mais incapable de vivre seul, redoutant le Jugement dernier autant que les manœuvres souterraines de proches ou d'inconnus, voire de services secrets, il n'en était pas moins habité d'une réelle bonté et d'une empathie pour les autres, qu'il manifestait davantage par une générosité proche de l'inconscience (et dont ses hôtes profitèrent) que par sa présence ou son dévouement (et ceci est particulièrement vrai pour les femmes qui partagèrent sa vie). Doté d'une maturité affective d'enfant de quatre ans mais fort d'une culture générale impressionnante, dopé aux amphétamines sans jamais réellement se droguer (il expérimenta un temps le LSD mais ne toucha jamais à l'héroïne), désireux de se distinguer dans la littérature générale mais ne voyant jamais publiés que ses romans de science-fiction, Dick est si complexe qu'on se demande par quel bout l'appréhender. Lawrence Sutin délivre cependant une clé : Jane, la sœur jumelle morte en bas âge, que Philip rechercha tout au long de sa vie à travers ses prétendus doubles féminins et dont il reprochera toujours la disparition à sa mère.

     Sutin n'est cependant pas un Sainte-Beuve de la littérature de science-fiction : s'il éclaire, de façon saisissante, les rapports entre la vie et l'œuvre, ce n'est pas pour montrer combien la première influence, voire expliquerait la seconde, mais pour souligner combien les deux se confondent. La vie de Dick était semblable à ses romans. Il s'agit moins de relater des faits objectifs tendant à démontrer que la réalité est contaminée par des faux-semblants (même si la CIA l'a effectivement surveillé et à intercepté du courrier à destination de la Russie, même s'il a effectivement reçu une mystérieuse lettre qu'il redoutait de recevoir), que de montrer le regard de Dick sur son quotidien, fait d'interprétations délirantes dont il n'était pas dupe, et qu'il mâtinait parfois de mauvaise foi, notamment par rapport à ses anciennes épouses. L'Exégèse, cette somme de 2000 pages tendant à expliquer les illuminations mystiques de 1974 constitue, de ce point de vue, l'interface entre la vie et l'œuvre, où Dick se remet inlassablement en question.

     C'est un travail de bénédictin qu'a effectué Lawrence Sutin : chaque période est éclairée par les témoignages des proches, la multiplicité des regards permettant d'approcher la réalité d'un écrivain de génie qui ne s'est jamais contenté d'une interprétation unique de la réalité.

     Ce livre est plus qu'un essai. Lire Invasions divines revient à lire un roman de Philip K. Dick !

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/2002
dans Bifrost 27
Mise en ligne le : 11/9/2003




 
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