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Les Déportés du Cambrien

Robert SILVERBERG

Titre original : Hawksbill Station / The Anvil of Time, 1968
Première parution : États-Unis, New York : Doubleday, octobre 1968 (expansion de la novella du même titre (1967))

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de Donald GRANT

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1970 - 1984, 1ère série) n° 1650
Dépôt légal : mai 1984, Achevé d'imprimer : 15 mai 1984
Roman, 192 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-277-21650-X
Format : 11,0 x 16,5 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Né à Brooklyn en 1935, Robert Silverberg, diplômé de l'université de Columbia, est l'auteur de plus de cent nouvelles ou romans. Les Editions J'ai Lu ont publié, entre autres, Un jeu cruel, Les monades urbaines, Trips, L'oreille interne...
 
     C'étaient des nihilistes, des maoïstes, des révolutionnaires de la fin du xxe siècle. Ils ont été arrêtés, plus ou moins torturés et finalement déportés — car on ne condamne plus à mort en ces temps magnanimes.
 
     Déportés, non pas en Sibérie ou dans quelque île perdue, mais en un lieu sûr d'où l'on ne revient pas : le passé. Un très lointain passé : un million d'années avant notre ère.
 
     Sur une Terre qui n'est que roc et sable, ils ont cependant survécu, guettés par le désespoir ou la folie mais unis dans un même malheur.
 
     Or, voici que le Marteau, le grand transmetteur temporel, leur envoie un nouveau compagnon : Lew Hahn, économiste, du moins le dit-il. Face à ce technocrate souriant et insaisissable, les vieux rebelles pressentent un danger plus redoutable encore que tous ceux qu'ils affrontent chaque jour...
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2002)


     Si l'on en croit l'étal de nos librairies, l'année 2002 semble être l'année Silverberg. Outre le premier des quatre énormes volumes de ses “nouvelles au fil du temps” paru chez Flammarion, J'ai Lu propose un roman récent, Le Grand Silence, tandis que le Livre de Poche SF poursuit sa campagne de réédition de ses anciens romans, parmi lesquels le célèbre cycle de Majipoor, et ce court récit de moins de deux cents pages, Les déportés du Cambrien, initialement publié en 1968.
     Dans cette société du XXIème siècle, les autorités ont trouvé un moyen très pratique de se débarrasser physiquement des activistes d'extrême gauche, sans pour autant céder à la barbarie des exécutions capitales. On se contente de les exiler... non pas dans l'espace, mais dans le temps  : une machine temporelle à sens unique les expédie plus d'un milliard d'années dans le passé, à un moment où le relief est encore en formation et où la population terrestre se compose essentiellement de brachiopodes et autres trilobites. Equipés du minimum qu'on a bien voulu leur laisser, les habitants de Hawksbill Station (du nom du génial mathématicien qui inventa la machine temporelle) se sont organisés tant bien que mal autour de Barrett, leur doyen, déporté depuis plus de trente ans. Mais la vie au temps du Cambrien n'est pas facile pour des hommes du XXIème siècle qui savent qu'ils ne pourront jamais retourner d'où ils viennent... il s'agit de s'adapter à son milieu et surtout de ne pas sombrer dans la folie sur cette Terre dont la population s' élève à une trentaine d'âmes à peine. L'arrivée d'un nouveau déporté, Lew Hahn, va pourtant susciter une grande méfiance au sein de la micro-société de Hawksbill Station  : il n'a rien d'un dangereux révolutionnaire et le moins que l'on puisse dire est que son passé est loin d'être clair. En outre, il semble surveiller de très près les activités des habitants de la colonie. Dans quel but, puisque comme tout le monde, il est bloqué ici sans espoir de retour ?
     Les déportés du Cambrien a les avantages et les inconvénients de son extrême brièveté. Sa lecture est rapide et agréable, et l'intrigue est bien menée. Elle repose sur l'alternance subtile de flash-backs sur l'histoire du mouvement révolutionnaire et sur le parcours personnel de Barrett (ces derniers d'autant plus atypiques qu'ils concernent des événements techniquement situés dans l'avenir !), et le récit à proprement parler qui ne manque pas d'un certain suspense (qui est ce nouveau déporté qui vient d'un futur que nul ne peut connaître, et quel jeu joue-t-il  ?).
     Tout ce qu'on pourrait reprocher à Silverberg, c'est d'avoir quelque peu manqué d'ambition dans son roman  : il aurait pu développer un peu plus la psychologie de ses personnages  ; l'histoire s'y prêtait à merveille. Mais il ne s'agit que d'un demi-reproche  : lorsqu'on songe à ce qu'un autre auteur aurait pu faire du même sujet (un pavé indigeste de huit cents pages), on sait gré à Silverberg de ce petit roman efficace et dénué de la moindre longueur (ce qui n'est hélas pas toujours le cas des romans aussi courts). En fin de compte, Les déportés du Cambrien est à mon sens, en rapport qualité / prix / temps, un investissement tout ce qu'il y a de plus rentable.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 13/5/2002
nooSFere


 

Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2002)


     Originellement paru en 1968, et traduit dix ans plus tard en France, Les Déportés du Cambrien décrit la vie d'une micro-société composée de dissidents politiques exilés par un gouvernement totalitaire. Toute l'originalité et l'exotisme du roman résident dans le choix du lieu d'exil, puisque les personnages sont envoyés dans le passé, sans espoir de retour. Ils sont confrontés à un monde hostile, mais qui permet la survie, uniquement peuplé de trilobites. L'histoire s'attache plus à Jim Barrett, chef informel du camp, et de nombreux retours en arrière permettent de décrire les circonstances qui l'ont amené à la déportation. Ce personnage donne à Robert Silverberg l'occasion de s'interroger sur l'engagement politique qui reste la raison de vivre de ces hommes, même si le système qu'ils ont combattu ne naîtra que dans un milliard d'années...
     Si Les Déportés du Cambrien porte les marques d'une science-fiction assez typique d'une époque contestataire, il n'en a pas pour autant perdu son acuité et son intérêt, en proposant une réflexion non dénuée d'humour. Il y a en effet une certaine ironie à contraindre des anarchistes révolutionnaires à recomposer une société classique, pourvue de lois et d'un chef qui détient incontestablement le pouvoir. L'auteur confronte ici un homme vieillissant aux idéaux de sa jeunesse, sans qu'il perde jamais son humanité.
     La réédition de ce court roman, l'un des classiques de Robert Silverberg, qui offre la vision d'un monde profondément différent du nôtre, s'avère tout à fait bienvenue. Pourquoi se priver du plaisir de sa lecture ?

Marie-Laure VAUGE
Première parution : 1/6/2002
dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004




 
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