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Le Long Crépuscule

Keith LAUMER

Titre original : The long twilight, 1969

Traduction de Robert LATOUR
Illustration de Atelier Pascal VERCKEN

ALBIN MICHEL (Paris, France), coll. Super fiction n° 30
Dépôt légal : 1er trimestre 1978, Achevé d'imprimer : janvier 1978
Roman, 256 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-226-00572-2
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Lors de la mise en service d'une centrale expérimentale de télétransmission d'énergie — premier pas vers la distribution universelle et gratuite d'énergie à toutes les machines de l'humanité — . une étrange tornade se forme sur l'Atlantique. En quelques heures, elle altère désastreusement les conditions météorologiques du continent américain et, s'étendant sans frein, elle plonge bientôt toute la planète dans une terrible et continuelle tempête.
Pendant que se déchaîne cette catastrophe, deux hommes singuliers entrent dans l'action : un prisonnnier fédéral qui semble avoir été détenu depuis plus d'un siècle, et un vaga­bond qui porte encore une blessure datant de la Guerre de Sécession. Le prisonnier s'évade, le vagabond retrouve mira­culeusement sa jeunesse, et tous deux se dirigent vers la centrale. Tandis qu'ils s'en approchent, la police et l'armée tentent de les arrêter mais en vain. On découvre alors que ces deux hommes se sont déjà rencontrés en bien des époques et bien des lieux, dans un duel qui a donné nais­sance à de nombreuses légendes de l'humanité.
Et ce sont ces hommes, nés il y a de longs siècles et sous une autre étoile, qui vont risquer leur vie pour sauver la planète étrangère devenue leur patrie...
 
Keith Laumer est né en 1925 à Syracuse dans l'Etat de New York et vit actuellement à Brooksville en Floride. Il a longtemps servi dans l'Armée et l'Air Force américaines, notamment comme attaché de l'Air auprès de l'ambassade des Etats-Unis en Birmanie. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, surtout des romans de science-fiction, dont Dinosaure Plage déjà publié dans cette collection.
Du même auteur, dans la même collection : Cœur d'étoile, Dinosaure Plage.
 
    Critiques    
 
     EVASION SPECIALE

     On parle peu de cette collection qui a fait peau neuve, et dont les publications méritent pourtant l'attention. Dans sa première mouture elle avait pourtant publié la série mythique des EE Smith : ses Triplanétaire, et ses Fulgur. C'est réactionnaire ? Oh pardon ! Je ne savais pas qu'il y avait des sujets tabou, et qu'on ne devait jamais parler de ce qui est réactionnaire. Je pensais naïvement qu'il est très intéressant, au contraire de se demander pourquoi et comment ce qu'on peut nommer ainsi arrive à plaire. Que le problème est là : comment diable les lecteurs en arrivent-ils à prendre du plaisir en lisant ce qui « objectivement » les aliénerait. Ça c'est un problème idéologique intéressant. Vous préférez qu'on n'en parle pas ? C'est sale ? Je disais donc qu'elle avait — cette collection — publié ce que je pense être un des 4 chefs-d'œuvre de Dick Les clans de la Lune Alphane. Dans sa nouvelle mouture elle propose outre les suites de EE SMITH (chut ! !) un merveilleux Coney, Syzygie et un autre RAX que je n'ai pas lu mais dont Jeury m'a dit du bien (on peut se fier à Jeury je pense ?). Un Farmer que j'ai aimé Hadon fils de l'antique Opar. Petite devinette : pourquoi l'heroic-fantasy, si elle est de Farmer n'est pas réactionnaire ? Ne soufflez pas, au fond ! Et aussi de la bureaucratie fiction avec Troïka des camarades Strugatzki, plus Pouvoir Noir de Williamson (encore un affreux réac !) qui reprend la toile de fond galactique (pouah !) du Pont sur les Etoiles (Satellite 1959). De plus, en hors série Terre planète impériale de l'horrible Clarke et la Ruche d'Hellstrom, prix Apollo 78 de Herbert paru en Galaxie 125 à 129.
     Elle nous offre un nouveau Laumer, le troisième. Loin des aventures de Relief (Galaxie n° 18, 22, 28, 39, 46, 59, 63, 87, 95, 109, 113), et qui par l'usage de la mythologie renvoie à la fois au Charles Henneberg de La naissance des dieux et à Zelazny. Oh ! C'est si bon que ça ? Pas exactement. En fait c'est un livre d'action, qui se lit très vite. Alors ? Pourquoi tout ce battage ? D'abord parce que c'est un livre de grande consommation, de la SF qui accroche par les procédés américains typiques, et à quoi on doit se référer. Ensuite parce que, malgré ses superhéros, supergadgets et superpouvoirs — toute la panoplie réac — c'est un livre qui permet d'aborder le problème posé plus haut, du plaisir et de l'aliénation. A première vue, le lecteur est prié de s'identifier passivement au héros, dans la perspective Van Vogtienne. Mais si on gratte un peu (pas beaucoup) on a un univers très curieux. Une Amérique démente, avec ses sheriffs, son armée jusqu''aux dents (un peu comme dans Le Village, la nouvelle géniale de K. Wilhelm (Denoël) toutes ses instances jusqu'au président qui sont confits de bonnes intentions et qui ne sont capables que de catastrophes, par souci de bien faire, de se conduire rationnellement, selon les normes de la rentabilité immédiate. Ils sont entre les mains non pas de savants fous, mais -pire — de savants pleins de bonnes idées, de bonnes intentions eux aussi qui veulent le bien de tous et l'énergie à bas prix pour tous, etc. : d'où la catastrophe écologique. Pas de sabotage, rien que l'inéluctable, qu'on avait programmé. Non, ce n'est pas dit comme ça : il y a bien les dieux qui se bagarrent, et qui provoquent des petites pertes, mais ça c'est l'intrigue : c'est ce qu'on voit si on reste le nez collé aux traces des dieux. Un bon thriller, c'est déjà beau, par les temps qui courent ! Mais en fait il s'agit bien d'un monde en proie au défi technocratique. C'est ce qui permet de voir que la SF évolue : dans les années 60, on se serait intéressé aux péripéties, on aurait trouvé l'espion, etc. Ici, la catastrophe va de soi. Programmée et occultée. Comme un vulgaire plan Polmar qui envisage la possibilité d'une catastrophe mais ne songe pas qu'elle puisse se produire. Et quand elle arrive... c'est la fatalité ! C'est un des atouts de la SF d'exhiber, même, dans ses productions courantes, ce non-dit de l'intrigue. A quoi le lecteur pressé peut d'ailleurs échapper et prendre par ailleurs un plaisir évasif.
 

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/6/1978 dans Fiction 291
Mise en ligne le : 18/7/2010


 
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