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Dreamcatcher

Stephen KING

Titre original : Dreamcatcher, 2001

Traduction de William Olivier DESMOND
Illustration de David PAIRÉ

LIVRE DE POCHE (Paris, France) n° 15144
Dépôt légal : octobre 2003
896 pages, catégorie / prix : 7,50 €
ISBN : 2-253-15144-0   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Quatre amis se retrouvent annuellement pour une partie de chasse dans une forêt du Maine. Elle fut jadis leur terrain d'aventures, en compagnie de Duddits, l'enfant mongolien qu'ils avaient adopté comme un petit frère. Et le théâtre, aussi, d'événements qu'ils se sont efforcés d'oublier.
     Mais les mystères ressurgissent, sous la forme de présences étranges et menaçantes que l'armée a entrepris de surveiller de près. Au point de vouloir éliminer tous ceux qui ont pu être au contact de la chose...
     Avec ce nouveau chef-d'oeuvre, déjà porté à l'écran, Stephen King, qui est en train de conquérir une deuxième génération de lecteurs, démontre qu'il est toujours le maître absolu de l'épouvante.

     Stephen King a signé un roman terrible, dérangeant, d'une complexité narrative très maîtrisée.
     Jacques Baudou, Le Monde des livres.

     De quoi faire frissonner le plus blasé des lecteurs.
     Daphné de Saint-Sauveur, Madame Figaro.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Dreamcatcher, l'attrape-rêves , 2003, Lawrence Kasdan
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ALBIN MICHEL, Romans étrangers (2002)


     Henry, Jonesy, Beaver et Pete sont quatre amis d'enfance, Chaque année depuis plus de vingt ans, ils se retrouvent dans le Jefferson Tract — une vaste forêt de l'état du Maine — pour chasser le cerf. Minés par d'intimes souffrances (l'alcoolisme, la douleur causée par un grave accident, la tentation du suicide...), les quatre hommes vont peu à peu voir ressurgir les souvenirs forts, intenses, d'une période heureuse et étrange de leur enfance commune et leur don de télépathie en sommeil (un don transmis bien des années auparavant par un ami handicapé mental). Témoins d'inquiétants phénomènes (des lueurs dans le ciel, des voix fantômes, la présence d'une étrange mousse rouge) et d'horribles scènes de mort dont les responsables sont des créatures effrayantes dignes d'Alien, ils vont bien vite sombrer dans le cauchemar le plus noir et le plus sanglant. Placés face à la réalité d'une invasion extraterrestre, prisonniers de la quarantaine instaurée par une unité spéciale et secrète de l'armée américaine dirigée par un psychopathe fasciste et mégalomane, endeuillés par la perte d'un des leurs, ils vont tenter d'empêcher la contamination du monde, incarnée par la prise de contrôle mental d'Henry par une des créatures, dont le but est de trouver l'endroit propice où déposer les spores rougeâtres. Une course-poursuite s'engage à travers tout l'état du Maine.
     Deuxième roman de science-fiction pure signé Stephen King, Dreamcatcher est bien plus noir et sanglant que Les Tommyknockers, bien plus réussi aussi. Écrit juste après l'accident qui a failli lui coûter la vie, c'est à une véritable plongée dans la souffrance physique et mentale que nous convie l'auteur. L'horreur est ici crue, viscérale, presque scatologique. Les porteurs humains des créatures rotent, pètent. Les monstres extraterrestres dévorent, fouaillent, déchirent les entrailles pour émerger au jour par l'anus. Le sang gicle, les balles fusent, les massacres d'extraterrestres ou de prisonniers humains sont des boucheries à l'échelle industrielle. Jamais Stephen King n'a été aussi loin dans l'abominable et l'explicite ; peut-être, après avoir vécu l'intense douleur et les dégâts dans sa chair consécutifs à son accident, a-t-il voulu nous faire partager ces ravages de façon directe. De même, ses personnages sont extrêmement torturés et les souffrances intérieures qu'ils endurent sont celles de King (alcool, douleur, dépression). Mais le génie psychologique de King est toujours aussi évident, ses personnages — même Kurtz, le militaire cinglé — sont d'une profondeur et d'un réalisme hallucinant.
     Les souvenirs d'enfance sont toujours aussi magnifiquement sublimés, les relations de ces cinq mômes possèdent une intensité et une émotion comparables à celles des héros de Ça (dont Dreamcatcher se fait l'écho, avec notamment un passage à Derry, effrayant). Et puis, King s'est nourri depuis sa jeunesse de films et de livres de science-fiction, avec une préférence marquée pour les récits d'invasions extraterrestres. Sa culture science-fictive est solide. Ses extraterrestres sont le reflet de ces influences, pauvres bougres impossibles à comprendre, pathétiques mais dévastateurs. Même chose pour ses militaires et leur chef Kurtz (un pur dément digne de son homonyme d'Apocalypse Now), clichés et références incarnés, petits fascistes à l'américaine (on retrouve la facette politique et la dureté de Richard Bachman dans ces descriptions). Bref, Dreamcatcher est un roman étouffant, malsain et glauque. Un roman bien plus personnel qu'il n'y paraît, un cri de douleur de son auteur et une volonté marquée de revenir à un univers plus sombre et plus sanglant. La science-fiction lui permet ce retour réussi.

Daniel CONRAD
Première parution : 1/6/2002
dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004




 
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