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La Louve et l'enfant

Henri LOEVENBRUCK


Cycle : La Moïra  vol.


Illustration de Arnaud CREMET

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantasy (2000 - 2007) n° 6757
Dépôt légal : octobre 2003
352 pages, catégorie / prix : K
ISBN : 2-290-32532-5   
Genre : Fantasy


Autres éditions
   BRAGELONNE, 2001, 2004
   in La Moïra – L'intégrale de la trilogie, 2007
   FRANCE LOISIRS, 2004
   J'AI LU, 2004, 2005, 2004
   in La Moïra – L'intégrale, 2017

    Quatrième de couverture    
     Âgée de treize ans, Aléa est une orpheline solitaire vivant de menus larcins. Mais, en dérobant un jour un anneau, elle hérite de pouvoirs étranges. Serait-elle appelée à devenir le Samildanach, l'élu des druides à qui revient la charge de façonner l'avenir du monde ? Chassée par des hommes qui la craignent ou la vénèrent, Aléa doit d'abord apprendre à maîtriser ses nouveaux pouvoirs au plus vite...
     Pendant ce temps, dans la forêt, Imala erre, seule. Rejetée par les siens, mise au ban de la meute, cette louve blanche cherche aussi sa place dans le monde. L'espoir de triompher d'un futur incertain réunira la louve et l'enfant. Car c'est à une destinée de légende que sont promis ces deux parias...

     Né à Paris en 1972, Henri Loevenbruck est écrivain, anthologiste, journaliste et traducteur. Il est l'auteur de plusieurs scénarios pour le cinéma et d'un thriller haletant, Le Testament des Siècles. Avec La Moïra, il met en scène un univers mythologique et naturaliste proche de celui que peint Le Seigneur des Anneaux, dans lequel se révèle sa passion pour les loups, dont il a étudié les moeurs.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition BRAGELONNE, (2001)


     Aléa – au nom « prédestiné » – est une orpheline débrouillarde qui, découvrant un cadavre perdu en pleine lande, lui dérobe sa bague et devient ainsi l'héritière du « Salmidanach », cet élu détenteur d'un pouvoir envié et redouté par tous.
     Aidée d'un druide, d'un guerrier, puis bientôt d'un nain et d'une barde, elle va parcourir le pays en direction de la capitale, poursuivie par les Hérilims, ces guerriers du sinistre Maolmordha. Pendant ce temps, les habitants primitifs de l'île, les Tuathanns, reviennent prendre possession de leur terre ancestrale.
     Le périple d'Aléa la mènera au cœur de la forêt de Borcelia, à la rencontre des lutins et des silves... et d'une louve.

     Le style d'Henri Loevenbruck est simple et direct. Peut-être un peu trop, car sa grande lisibilité ne compense pas tout à fait le manque de caractère. On aimerait sentir davantage la présence de l'auteur dans ce récit qui a choisi de conserver des schémas assez classiques. L'équipage formé de cinq personnalités hétéroclites réunies pour sauver le monde est certes un motif efficace, mais il n'est pas particulièrement original, et il est toujours difficile d'y apporter l'élément supplémentaire qui créé la différence.
     Cet élément, c'est en fin de compte un animal qui va le fournir. Plus intéressante qu'Aléa, la véritable héroïne de ce roman est la louve Imala, une solitaire qui apprend la cruauté des siens avant de découvrir celle de ces « verticaux » qu'elle va imprudemment approcher. Dans les scènes où elle apparaît, il semble que Loevenbruck se laisse aller à plus de sincérité, justement parce qu'il s'éloigne alors des péripéties obligées d'une quête assez conventionnelle. On regrette donc que la place accordée à cette louve ne soit pas plus grande et que Loevenbruck demeure un peu trop sage.

     Il existe heureusement d'autres passages forts qui éveillent l'attention. Le monde qui bascule entre la magie et la chrétienté naissante est une situation de chaos toujours intéressante – on aimerait d'ailleurs mieux comprendre comment des hommes peuvent se tourner vers le christianisme quand le pouvoir des druides est aussi évident. Et l''un des personnages les plus intrigants est Samael, un ancien druide qui nie à la fois la réalité de la Moïra, l'essence même du druidisme, et l'existence du Dieu des chrétiens.
     En parallèle, les Thuatanns, revenus du pays des morts pour essayer de reconquérir l'existence qu'on leur a volée, forment aussi une idée dont on devine la richesse à travers les interrogations d'un enfant de ce peuple, qui ne comprend pas l'intérêt d'abandonner un éternel repos au profit d'une vie tourmentée.

     Si ce premier tome fait donc preuve d'indéniables qualités, il ne représente que la mise en place d'un univers qui n'a pas encore donné sa pleine mesure. Il est donc difficile de juger de l'intérêt global de cette série naissante, même si l'on peut déjà affirmer qu'elle est d'une lecture tout à fait plaisante.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 22/2/2001
nooSFere


 

Edition BRAGELONNE, (2001)


     Après l'écriture de Pelot 1, celle d'Henri Loevenbruck à toutes les chances de paraître calamiteuse. Objectivement, elle est lumineuse par moments, pompeuse et relâchée le reste du temps (page 12, on lira quatorze fois le verbe « être » sous sa forme « était »...). Le principal défaut stylistique de l'auteur réside dans son impossibilité à créer la moindre tension. La Louve et l'enfant est le premier volume de « La Moïra », nouveau cycle de fantasy francophone (on en manquait !), qui narre les aventures d'Aléa, sorte de Cosette irlando-asiatique et de la louve Imala à travers la Gaelia (une Irlande soft qui sent à peu près autant l'Irlande que la Guinness sent le Nuoc Mam). Au bout d'un certain moment, Obiwan Kenobi rejoint l'aventure — sous le pseudonyme de Phelim, certes, mais on n'a pas de mal à reconnaître le vieux cachottier. Le plus désespérant, dans ce livre, en dehors de son côté gnan-gnan, ce sont les personnages, creux, convenus, déjà vus. Et principalement Aléa, dont on espère à chaque page que sa route finira par croiser celle d'un troll pédophile particulièrement bien monté. Du côté de l'histoire (le plus important ?), La Louve et l'enfant mérite le prix du livre de fantasy le moins original de la décennie. Le tout pour 110 francs, cherchez l'erreur... A l'instar de Nicolas Jarry (Le Loup de Deb et ses suites — Mnémos) ou encore de Matthieu Gaborit (Cœur de Phénix — critique dans Bifrost no22), Henri Loevenbruck échoue à produire une œuvre de fantasy médiévale palpitante — on est bien loin de La Trilogie des Elfes, de Jean-Louis Fetjaine. Dommage. On hasardera toutefois une explication possible : là où Fetjaine fait crépiter son doctorat d'Histoire, Loevenbruck utilise trois ans d'expérience de rédacteur en chef à Science-Fiction Magazine (un « magazine culturel », apprend-on en quatrième de couverture, sans doute un clin d'œil appuyé aux fans éplorés de la rubrique « Sexe, pizzas et vidéos » — dont j'avoue avoir toujours fait partie). On constate donc, une fois de plus, que les auteurs français parviennent à écrire de bons livres de fantasy non médiévale (la renaissance chez Kloetzer, les îles chez Denis Duclos) mais échouent en général, faute d'érudition et de travail, à nous plonger dans un Moyen Âge crédible à même de rivaliser avec les fresques anglo-saxonnes, telles celles de Robin Hobb ou George R.R. Martin, par exemple.

Notes :

1. Cette critique, en trois parties, portait aussi sur Le Pacte des Loups de Pierre Pelot et Nadya, de Pat Murphy. [Note de nooSFere]

CID VICIOUS
Première parution : 1/8/2001
dans Bifrost 23
Mise en ligne le : 7/9/2003





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