Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Cité pastel

M. John HARRISON

Titre original : The Pastel City, 1971
Première parution : NEL, 1971

Cycle : Viriconium  vol. 1 

Traduction de Jean-Pierre PUGI
Illustration de Guillaume SOREL

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 147
Dépôt légal : septembre 2003
Roman, 338 pages, catégorie / prix : F10
ISBN : 2-07-042327-1   
Genre : Fantasy


Autres éditions
   GARANCIÈRE, 1985
   in Viriconium - l'intégrale, MNÉMOS, 2015

    Quatrième de couverture    
     Dans les déserts sans fin et les marécages désolés d'un lointain futur, l'ultime bataille qui décidera du sort de Viriconium a débuté.
     Viriconium, la Cité pastel. Durant des millénaires elle fut le dernier refuge de la civilisation sur une Terre pillée et mise en ruine par ses propres habitants. Désormais, ses tours multicolores ont perdu de leur superbe, ébranlées par le conflit sans merci qui a opposé deux reines entrées en possession d'antiques armes ayant une fois déjà détruit le monde.
     Le ténébreux tegeus-Cromis, Seigneur de l'Ordre de Methven, a quitté sa retraite, décidé à prendre fait et cause pour la Jeune Reine contre les hordes de l'ancienne. Mais il va voyager à travers les terres dévastées pour découvrir que la Guerre des deux reines n'est que le prélude d'un conflit beaucoup plus vaste et dangereux...
     Premier acte du cycle de Viriconium, mythique trilogie de fantasy postapocalyptique enfin disponible dans son intégralité, La Cité pastel évoque une version sombre des Danseurs de la fin des temps de Michael Moorcock.
 
    Critiques    
     Edité partiellement à droite et à gauche dans des collections aujourd'hui disparues (sous des couvertures d'ailleurs répugnantes, pour ceux qui auraient la malchance de les apercevoir un jour), le cycle de Viriconium est enfin accessible dans son intégralité via la collection Folio « SF », qui avait déjà remis Harrison au goût du jour avec l'intéressant La Mécanique du centaure (critique in Bifrost 32). Space-opera curieux, déjanté et résolument anti-manichéen, ce roman n'a pas vraiment fait l'unanimité, mais c'est surtout son manque de conformisme et son style méandreux qui avaient choqué. Avec La Cité pastel, M. John Harrison trouve l'occasion d'intéresser de nouveaux lecteurs (et de nouveaux moyens de se faire insulter), en proposant un cycle (court, rassurez-vous) qui n'est évidemment pas sans rappeler l'œuvre d'un certain Moorcock. La quatrième de couverture annonce clairement la couleur en parlant de « fantasy post-apocalyptique », dans la mesure où les faits ont lieu dans un lointain futur qui a connu moult gloires, apogées, décadences et effondrements chaotiques. Dernier empire en date, Viriconium est menacé par une reine nordique rebelle, prétendante au trône de la cité Pastel. Tegeus-Cromis, l'un des dernier Methvens encore debout (ces chevaliers et seigneurs de guerre qui assuraient la prospérité du royaume à l'époque du père de la reine actuelle), décide de sortir d'une retraite pourtant bien méritée. Il s'entoure des derniers de son ordre et part à la rencontre des armées de la Reine du nord. Mais ce qu'il trouvera risque de menacer les fondements mêmes du monde tel qu'il l'a toujours connu...

     Avec un style qui doit beaucoup à Moorcock (mais un excellent Moorcock, comparable à celui de l'extraordinaire nouvelle « Incursion au Cambodge », incluse dans le recueil Déjeuner d'affaire avec l'Antéchrist en « Lunes d'encre »), Harrison dépeint un monde crédible et inquiétant. L'écriture est étrange, parfois alourdie d'interminables descriptions, mais toujours efficace dans l'ambiance. On retrouve ici la manière de raconter propre à Harrison, qui faisait déjà le plaisir de La Mécanique du centaure, mais dans un genre plus sombre et plus dense. Les scènes de bataille sont hallucinantes, et les perspectives d'avenir de l'humanité angoissantes (c'est un euphémisme). Anti-héros sombre et solitaire, tegeus-Cromis (on l'écrit comme ça, que voulez-vous) rejoint les héros moorcockiens (moorcockesques ?) dans une sorte de spleen existentiel permanent qui n'est pas sans poésie. Pour le reste, le mariage de la fantasy « chevaleresque » (en un sens) et des vieilles technologies oubliées (exosquelettes, dirigeables et robots poussiéreux) fonctionnant toujours aussi bien, ce n'est pas le lecteur qui s'en plaindra. A noter que le texte central est entouré de plusieurs nouvelles déroutantes, se déroulant dans le même univers. Pas nécessaires au premier coup d'œil, ces textes peuvent se lire dans un deuxième temps avec plus d'attention. Bref, si tout se met en place dans cette Cité pastel, on attend beaucoup des tomes suivants (le cycle de Viriconium se compose de trois tomes au total — tous devraient être parus au moment ou vous lisez ces lignes). Quoi qu'en pense le lecteur (on aime ou pas la fantasy post-apocalyptique), cela confirme néanmoins le talent de M. John Harrison, injustement méconnu sous nos longitudes. Souhaitons que cette plus large diffusion lui redonne la place qu'il mérite.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/1/2004 dans Bifrost 33
Mise en ligne le : 1/3/2005

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GARANCIÈRE, Aventures fantastiques (1986)


 
     La Cité Pastel est le quatrième volume de la nouvelle collection d'aventures fantastiques publiée par les éditions Garancière et dirigée par Richard D. Nolane. Il débute avec une trilogie d'heroic fantasy dont le personnage central n'est pas un héros humain, comme on en a si souvent l'habitude de rencontrer dans ce type de récit, mais une ville, la Cité Pastel, omniprésente dans les trois romans. Dans cette première partie, elle fait l'objet d'une lutte acharnée entre la princesse légitime, héritière de l'empire décadent de Viriconium, et la Reine des barbares venus du Nord. Cette guerre sera émaillée de batailles sanglantes, de trahisons perfides et d'événements prodigieux dont le moindre n'est pas l'apparition de cet ennemi inhumain et redoutable suscité par la reine barbare, ce qui font de La Cité Pastel un roman rapide et mouvementé.
     Mais par-delà la quête et le combat de tegeus-Cromis, poète et soldat, un des principaux protagonistes, c'est l'empire de Viriconium qui prend vie et devient un des rouages essentiels du livre. Un empire vieillissant, qui vit replié sur lui-même et dont le souci principal est de sauvegarder les objets technologiques, hérités des défuntes Cultures Epanouies, sans jamais être capable d'en créer de nouveaux. Un des aspects les plus intéressants de ce roman est d'ailleurs l'opposition perpétuelle, paradoxale, entre ces engins nés d'une époque révolue et le mode de vie des habitants de Viriconium. On peut voir ainsi des guerriers combattant l'épée au poing tandis que des navettes, munies de canons sophistiqués, s'affrontent dans le ciel.
     John Harrison avait rejoint, vers la fin des années 60. le fameux magazine New worlds dirigé par Michaël Moorcock. On ressent d'ailleurs l'influence de ce grand écrivain tout au long de La Cité Pastel, qui se situe parfaitement dans l'esprit des aventures d'Elric le Nécromancien ou de la Saga des Runes, entre autres.
     La révélation d'un excellent auteur anglais.

Elisabeth CAMPOS
Première parution : 1/2/1986
dans Fiction 371
Mise en ligne le : 16/11/2008




 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 69975 livres, 79296 photos de couvertures, 65112 quatrièmes.
8418 critiques, 37219 intervenant·e·s, 1486 photographies, 3721 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.