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Super Etat

Brian ALDISS

Titre original : Super-State, A Novel of the European Union Forty Years Hence 2002, 2002
Première parution : Orbit, mai 2002

Traduction de Daniel LEMOINE
Illustration de Denis HOCH

MÉTAILIÉ , coll. Bibliothèque anglo-saxonne
Dépôt légal : août 2002
228 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 2-86424-442-X   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Bienvenue au mariage du fils du président de l'Union européenne, le Super Etat qui s'étend de l'Irlande à la Grèce et aux contreforts de l'Est. La mariée a été retenue sur l'Everest par une tempête mais une androïde la remplace avantageusement. (Un seul problème avec les androïdes, ils posent toujours trop de questions sur les humains. Ils sont bruyants, on doit les enfermer le soir dans les placards.) Malgré le printemps, le temps est orageux, mais c'est à cause du réchauffement de l'atmosphère ! Le père du marié est très excité par son projet de guerre contre ce petit pays musulman des confins de la Chine, c'est tellement amusant d'essayer des armes nouvelles !
     Puis tout bascule : la banquise fond et un raz-de-marée engloutit toutes les côtes de l'Irlande à la Bretagne, la mariée, enlevée, s'amourache d'un terroriste, les Foudéments sèment la panique sur le Net tandis que l'expédition scientifique sur Jupiter trouve une forme de vie et, affamée, la mange. Un roman de vraie SF intelligent, prémonitoire, noir et drôle.

     Brian ALDISS est né en 1925 à Norfolk (Angleterre). Il vit aujourd'hui à Oxford. Il est l'auteur de plus de 40 ouvrages, pour la plupart de science-fiction, dont 17 traduits en français, en particulier la tétralogie d'Helliconia, Frankenstein délivré, A l'Est de la vie, Mars blanche, La Mamelle de Némésis et Supertoys, Intelligence artificielle et autres histoires du futur (dont Steven Spielberg s est inspiré pour son film A.I.).

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques    
     Sous-titré L'Union européenne dans quarante ans, ce roman est un instantané sans concession de la société future : l'isolationnisme inspiré par un Etat fort et désireux de le rester amène le président de Bourcey à couler un cargo de deux mille réfugiés du Tébarou, entraînant par là les représailles de cette petite nation asiatique. Bien que le Tébarou présente ses excuses pour l'envoi par erreur d'un missile sur une ville autrichienne, de Bourcey envisage d'entrer en guerre. Alors que les Foudéments jouent les trublions sur l'ambiant (le réseau électronique), Esme Brackentoth, la toute fraîche épouse du fils du président (représentée à son mariage par un androïde faisant office de doublure, alors qu'elle inaugurait un restaurant chic au sommet de l'Everest), est enlevée par des terroristes désireux de contrer la politique de de Bourcey. Dans le même temps, suite au réchauffement de la planète, un morceau de banquise s'effondrant dans l'océan provoque un raz-de-marée de l'Irlande à la Bretagne, tandis que l'expédition spatiale parvenue sur le satellite de Jupiter, Europe, trouve sous la glace une forme de vie... comestible.

     On se perd parfois dans la foule de personnages qui tressent la trame de ce récit aux destins imbriqués. Procédant par touches, Aldiss multiplie les séquences courtes intercalées de messages, publicités et micro-trottoirs, pour proposer une vision éclatée et foisonnante de sa société. Le tableau qu'il brosse est une charge contre une Europe réductrice de libertés, soumise aux délires d'un président belliqueux ; ainsi, l'aide aux défavorisés impose des conditions comme le renoncement au tabac et à l'alcool, le bannissement de la culture pop, de la vidéo et de l'idolâtrie des vedettes du sport ou de la télé, encourage la lecture par l'envoi trimestriel d'un livre dont le choix est malheureusement orienté ou trop ambitieux.

     Super Etat n'a pas l'ampleur visionnaire du Brunner de Tous à Zanzibar ou du Troupeau aveugle. Mais l'auteur est moins enclin à spéculer sur la société future qu'à soulever des questions métaphysiques portant sur le vide spirituel du monde contemporain. « La vie était plutôt agréable... en réalité elle était passionnante. Pourtant, elle était... vide. » La plupart des protagonistes sont hantés par un sentiment d'inutilité et de vacuité qui les pousse vers une quête de sens. Sarcastique, Aldiss, à l'image des I. A. et androïdes s'efforçant de comprendre ces déroutants humains, porte sur le futur un regard désabusé teinté d'un humour très british. Un livre d'une envergure moyenne, mais agréable à lire.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/1/2003 dans Bifrost 29
Mise en ligne le : 20/2/2004


     Notre futur dans 40 ans : la communauté européenne, le Super État du titre, étendue au continent entier, a mixé ses classes dirigeantes et dispose d'une puissance militaire et d'une agressivité comparables à celles des États-Unis. Première scène : au mariage du fils du président de l'Union Européenne se presse un échantillon de la bonne société de l'État, où se tissent liens familiaux, amicaux et professionnels. Au cours du roman, nous allons suivre quelques-uns de ses représentants, tandis que le gouvernement de l'Union se lance dans une guerre contre un petit pays asiatique, qu'une expédition spatiale explore... Europe (le satellite de Jupiter), que le réchauffement climatique provoque des catastrophes, et que des terroristes entreprennent de miner l'État européen de l'intérieur. Sans compter ce mouvement bizarre qui se fait appeler les Foudéments, et bombarde de messages pirates et sibyllins les médias de l'Union.

     Le roman garde tout au long de son déroulement le parfum de sa scène d'ouverture : une multitude de personnages, souvent d'une même famille, ce qui ne facilite pas le travail du lecteur ; rythme haché, scènes brèves remplies de dialogues. Les échanges les plus passionnés concernent la folie guerrière du gouvernement européen (Aldiss prêche le pacifisme avec la foi des convertis). L'auteur a un net penchant pour les vieux intellectuels en décalage avec les modes du moment — un rôle dans lequel on imagine qu'il se voit bien, avec quelque raison.

     Mais le livre est plus qu'un roman d'idées : il incorpore des épisodes dramatiques (un enlèvement, une catastrophe écologique) qui sont autant de romans condensés ; ses personnages, tout caricaturaux qu'ils soient, finissent par s'imposer ; il a aussi beaucoup d'humour, avec de féroces parodies d'homélies radiodiffusées (totalement vides de sens), des généraux fats et naïfs à souhait, et surtout des androïdes qui se perdent, à propos de la condition humaine, en conjectures aussi vaines que celles des robots de Qui peut remplacer l'homme ? (texte emblématique de l'Aldiss des débuts).

     Qu'autant de détails savoureux surnagent d'un récit qui pourrait se réduire à un remake en plus léger de Tous à Zanzibar témoigne du talent toujours aussi vif de Brian Aldiss, et des qualités d'observation qu'il avait déjà démontrées à propos de l'Europe de l'Est avant et après le Mur, dans son recueil A Tupolev Too Far (1993). Un livre inhabituel, à découvrir.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/10/2002 dans Galaxies 27
Mise en ligne le : 2/9/2004


 
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