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Visions nocturnes

John FLANDERS

Textes réunis par Albert VAN HAGELAND


Illustration de Jean-Michel NICOLLET

NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO) (Paris, France), coll. Fantastique / SF / Aventure n° 100
Dépôt légal : février 1984, Achevé d'imprimer : février 1984
Première édition
Recueil de nouvelles, 192 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7304-0245-4
Format : 14,0 x 20,5 cm
Genre : Fantastique

L'ISBN indiqué sur la quatrième de couverture (2-7304-0245-3) est erroné.



Quatrième de couverture
  Visions nocturnes est le premier volet d'une anthologie des contes fantastiques écrits par John Flanders (alias Jean Ray), généralement en néerlandais. A très peu près, tous les contes qui composent ce premier volume sont inédits en France, alors que le second constituera, sous le titre Visions infernales, un choix de ses meilleurs contes fantastiques empruntés soit à des recueils désormais introuvables, soit à des revues depuis longtemps disparues. Le choix de l'ensemble, la présentation et les notes sont dues à Albert van Hageland qui fut l'ami de John Flanders/Jean Ray et qui est resté l'agent de John Flanders et le défenseur de son œuvre.
  En France, pour cette simple raison que les trois quarts de son œuvre néerlandaise n'ont pas été traduits, le nom de Jean Ray est beaucoup plus connu que celui de John Flanders. Cet ouvrage constitue un premier effort pour combler cette lacune.
 
  Né en 1887, Jean Raymond Marie de Kremer est mort à Gand, il y a vingt ans, en 1964. Déjà célèbre, sous le nom de John Flanders, en Belgique, bien avant la Seconde Guerre mondiale (il y avait déjà publié une œuvre importante, dont plusieurs romans, parfois en français mais surtout en néerlandais), ce n'est que beaucoup plus tard que la renommée lui vint en France, sous le nom de Jean Ray. C'est en effet ce nom que des œuvres aussi importantes que Malpertuis, les Contes du Whisky, Le grand nocturne, Les derniers contes de Canterbury ou Les aventures de Harry Dickson ont imposé et c'est aussi sous ce nom que quatre de ces contes ont été publiés dans la célèbre revue américaine Weird Tales. Il reste que ce grand écrivain a su donner à ses thèmes une dimension telle que ses contes, aussi bien ceux de John Flanders que ceux de Jean Ray, font de lui un des rares écrivains d'expression française, et à plus forte raison néerlan­daise, à pouvoir être comparés aux maîtres anglo-saxons du genre.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Albert VAN HAGELAND, Quand Jean Ray commente John Flanders, pages 5 à 20, préface
2 - Le Fauteuil (De Man die de duivel zag / De Man die den duivel zag, 1948) , pages 21 à 29, nouvelle, trad. Jacques VAN HERP
3 - Pour les yeux de Mathilda Smith (Voor de ogen van Mathilda Smith, 1969) , pages 31 à 54, nouvelle, trad. René DEPAUW
4 - Deux heures et puis l'absence (De Twee uren van Cor Sellers / Twee ontbrekende uren, 1939) , pages 55 à 63, nouvelle, trad. Jacques FINNÉ
5 - Cochrane et Jones (Cochrane en Jones, 1974) , pages 65 à 81, nouvelle, trad. René DEPAUW
6 - Sneaky, Knuckle et Peg Blow (De Buitenkans van de marskramer / De Nacht van de marskramer, 1947) , pages 83 à 92, nouvelle, trad. René DEPAUW
7 - Le Miroir vénitien (Het Gelaat in den spiegel, 1939) , pages 93 à 100, nouvelle, trad. Michaël GRAYN
8 - L'Odeur du soufre (De Man die den duivel zag, 1947) , pages 101 à 108, nouvelle
9 - Le Fantôme marin (Het Zeespook, 1947) , pages 109 à 116, nouvelle
10 - Le Château du désert (Het Kasteel der woestijn, 1939) , pages 117 à 124, nouvelle
11 - La Forêt infernale, pages 125 à 131, nouvelle
12 - Flammes vivantes (De Levende vlaamen, 1939) , pages 133 à 140, nouvelle
13 - Le Convive (De gezel aan tafel, 1939) , pages 141 à 147, nouvelle
14 - La Dernière peste de Bergame (De laatste pest van Bergamo, 1940) , pages 149 à 156, nouvelle
15 - L'Enigmatique aventure (Een geheimzinnig onderaardsch avontuur, 1937) , pages 157 à 162, nouvelle
16 - L'Étrange manuscrit (Het Geheim van den vulkaan, 1939) , pages 163 à 170, nouvelle
17 - Le Voleur, pages 171 à 178, nouvelle
Critiques
     « De tous temps, les hommes furent fascinés par (la peur). Et l'on a pu déceler dans cet attrait un instinct profond : celui de la défense. Pour conjurer le mal et la terreur, l'homme s'y engage, de crainte de les subir malgré lui... Ajoutons à cela le sens d'un monde perdu, d'un monde dont les manifestations mystérieuses trahissent parfois confusément l'action de puissances sur lesquelles la raison n'a point de prise, mais qui troublent profondément nos sens et notre cœur. »
     Ces lignes figuraient au dos d'une anthologie de contes fantastiques publiée en 1947 en Belgique : La gerbe noire. Elles pourraient aussi figurer au fronton de toutes les salles de cinéma projetant un thriller, un film d'horreur ou un film fantastique : se faire peur pour rire de sa peur, et donc s'en défendre, voilà un constat qui n'est pas neuf... Et il est d'autant plus intéressant à rappeler que ce texte est dû à un grand maître du fantastique et de la peur, Jean Ray lui-même, qui réunissait voilà déjà trente-six ans ses nouvelles favorites... L'anthologie est désormais rééditée (en fac-similé — ou en « reprint », comme on dit en franglais) par les éditions NéO, ce qui nous vaut au moins trois bonnes surprises : d'abord savoir qui le grand Jean Ray aimait particulièrement parmi ses confrères, ensuite pouvoir apprécier ses facéties dans la présentation des textes, enfin et surtout pouvoir lire (ou relire) une belle brochette de superbes nouvelles — ce qui est bien l'essentiel !
     Comme tout auteur bien ancré dans un univers qu'il a façonné avec persévérance, amour... et technique, Jean Ray aime les textes (et les écrivains) qui lui ressemblent : dans son choix, on reconnaît des thèmes, des ambiances, presque la patte du maître : la malédiction, la vengeance, les histoires nocturnes abondent dans La gerbe noire — qui pourrait presque être de la main du seul anthologiste. D'ailleurs, comme le fait remarquer avec humour François Truchaud dans sa préface, ce vieux roublard de gantois a introduit, sous pseudonyme, trois textes de lui outre celui qu'il signe de son nom de plume le plus connu (Alice Sauton — ou « sautons Alice ? ? », Gustave Vigoureux — ou « vigoureux » comme Ray lui-même ? Alphonse Denouwe enfin, « tué dans une rixe de cabaret »). Démultiplication, pas vraiment diabolique cette fois, malice visant à étoffer un peu ses droits d'auteur ? En tout cas, et mis à part son ami de toujours Thomas Owen, Ray, dans cette anthologie, confisque à lui tout seul le fantastique belge. Et que dit-il de lui-même en présentant son texte — qui reste un des plus fameux de sa production — « La ruelle ténébreuse » ? Ceci : « ... une réputation littéraire qui ne fera que s'amplifier au fil des années », et : « Rosny Aîné et André de -Lorde le rangèrent parmi les »écrivains maudits« les plus riches en gloire » ! Modestie, quand tu nous tiens...
     N'empêche : La ruelle ténébreuse, cette sombre histoire d'univers parallèle, de créatures sanguinaires et invisibles, avec ce touchant monstre blessé qui lappe du lait bans un bol. est bien un texte remarquable, digne de Malpertuis. Quant aux autres auteurs présents, ne signalons qu'Ambrose Bierce (avec Le veilleur de la mort, un conte macabre du plus bel humour noir qui soit). Maurice Renard avec Le rail sanglant, un atroce crime ferroviaire, et Apfel et Laum (des auteurs allemands qui ont sombré dans l'oubli), dont La chambre noire est un bel et bref exemple d'histoire de fantôme en lieu clos. Au total, donc, un ensemble marquant, que l'âge n'a pas entamé, et qui se double d'un second degré bien plaisant. Que demander de mieux ?
     On connaît Jean Ray. on connaît infiniment moins John Flanders... Il s'agit pourtant de la seule et même plume, les œuvres signées Flanders ayant été en général écrites en flamand et (mais ce n'est pas toujours vrai) pour un public plus jeune, et éparpillées dans ('innombrables fascicules. Il semble bien que. lassé de voir la reconnaissance de ses pairs se faire attendre (en somme, l'amplification de sa réputation littéraire tardait). Jean Ray. pendant les années 50 surtout, pondit à la pelle des contes courts signés Flanders. qui reproduisaient plus ou moins automatiquement, et de manière peu ou prou expurgée, les grands thèmes exploités par exemple dans Les contes du whisky. Car, malgré tout ce que peuvent dire ses thuriféraires (au nombre desquels Albert Van Haageland. qui préface le recueil dont il est question ici : Visions nocturnes), rares sont les contes signés Flanders qui valent véritablement les grandes œuvres signées Ray...
     Il semble bien que Ray ait construit toute son œuvre majeure, tout son univers, avant la fin des années 40 : Flanders a pris la suite, mélangeant indéfiniment les mêmes briques pour construire des maisons à la fois toutes semblables et toutes différentes : la technique fonctionnait à merveille, le cœur (ou l'inspiration, comme on voudra) n'y était plus tout à fait. Il y a pourtant de bien agréables pièces dans ce recueil (un autre va suivre : Visions infernales, reprenant d'autres contes de fabrication Flanders. inédits en France ou indisponibles depuis longtemps), au nombre desquelles on peut citer Cochrane et Jones, un étrange cas de dédoublement de la personnalité, et Le voleur, une pièce rare, puisqu'elle est considérée comme le premier texte de prose écrit par Jean Ray, en 1911. Au total, une quinzaine de nouvelles « ténébreuses » très visuelles de facture, et sur lesquelles on peut mettre en scène autant de courts-métrages personnels...

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/7/1984 dans Fiction 353
Mise en ligne le : 20/10/2002

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