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Soleil vert

Harry HARRISON

Titre original : Make Room! Make Room!, 1966
Première parution : New York : Doubleday, 1966

Traduction de Emmanuel DE MORATI
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5295
Dépôt légal : 1er trimestre 1975, Achevé d'imprimer : juillet 1988
Roman, 192 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-266-02127-3
Format : 10,7 x 17,7 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     New York, août 1999. 35 millions d'habitants. Une ville agonisante. Des chômeurs qui rôdent, cherchant un peu de soylent à voler. La famine, le crime et la révolte.
     Dans un quartier luxueux, un gros bonnet de la politique vient d'être assassiné. Crime crapu­leux ? Règlement de comptes ? Andrew Rush mène l'enquête, et il doute. Pourquoi traquer un criminel quand on sait que le mort a mérité son sort ? Comment faire régner la loi et l'ordre quand on est talonné par la solitude et le déses­poir ? A quoi bon agir quand les Prophètes du Malheur prédisent le pire ? Andrew Rush se décide. Au cours d'une quête mouvementée, qui le mène jusqu'au tréfonds de la monstrueuse mégalopole, il va découvrir sur quoi se fonde la puissance des Maîtres du Futur. Soleil vert a été adapté au cinéma par Richard Fleischer avec Charlton Heston dans le rôle prin­cipal. Des générations de cinéphiles ont rêvé sur ce film, qui pourtant laisse beaucoup à découvrir dans le beau roman de Harrison.
 
     Harry Harrison, né en 1925, grandit à New York pendant la Grande Dépression et publie son premier récit en 1951. George Barlow a réuni ses meilleures nouvelles dans un étonnant Livre d'Or. Soleil vert (1966) se situe dans la lignée de Huxley et d'Orwell, mais l'auteur a d'autres cor­des à son arc : du space opéra à la parodie, de la hard science à la critique sociale, il explore l'éternel conflit des forts et des faibles, et il est contre les forts. Résolument.

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Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Soleil vert , 1973, Richard Fleischer
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition PRESSES DE LA CITÉ, Futurama 1ère série (1974)


     Ceux qui ont aimé le film de Richard Fleischer pour ses morceaux de bravoure — mort de Sol dans le « mouroir » et répression de l'émeute par les machines à benne — seront surpris, en lisant l'ouvrage de même titre paru aux Presses de la Cité, de n'y point trouver trace de ces séquences mémorables. Mais ils seront plus surpris encore de ne pas même trouver mention du fameux Soylent green, et moins encore de la terrible (ou bien réchauffée ?) révélation du fait que les biscuits verts sont faits en réalité avec de la chair humaine...
     Tous ces ingrédients, il faut bien le constater, sont issus de l'imagination débordante du scénariste Stanley R. Greenberg, qui en a rajouté tant et plus sur le roman adapté écrit par Harry Harrison, Make room ! Make room ! (Place ! Place !), lequel est daté de 1966 et n'a été publié chez nous in extremis que pour s'accrocher au succès du film. La dramaturgie du livre est beaucoup plus lâche et plus éclatée que celle de l'œuvre de FIeischer ; on ne fait que suivre, à travers deux saisons de la vie new-yorkaise de 1999, quelques épisodes de la vie d'Andy Rush, policier de son état, et de Billy Shung, jeune métis qui a assassiné par mégarde un caïd de la pègre et que traque le premier. Nulle révélation sensationnelle en fin de course : ShirI, ex-amie de la victime, quitte Andy pour quelqu'un de la haute, Andy, qui a tué accidentellement Shung en voulant l'arrêter, est rétrogradé dans la police en uniforme, et les écrans lumineux des rues enneigées annoncent :
     NOUS SOMMES 334 MILLIONS DE CITOYENS
     VIVE LE NOUVEAU SIECLE ! VIVE LA NOUVELLE ANNEE !
     Mais cette douce amertume vaut bien les grandes orgues du film, elle donne même mieux le ton d'une fin de siècle horriblement désespérante dans son agonie quotidienne décrite à coups de petits détails significatifs : la queue dans les rues pour l'eau potable qui se raréfie de jour en jour, les expédients pour la nourriture (un bon rat est promesse d'un repas succulent), les manifestations de mécontents (vieux, paysans), la promiscuité entraînée par la surpopulation... Le roman est d'ailleurs l'élargissement d'une nouvelle d'Harrison qu'on trouvera prochainement dans Futur : année zéro, le prochain recueil de Dorémieux pour Casterman, et qui est plus dédramatisée encore et, par là, plus efficace.
     Certes l'auteur n'est pas un styliste et, à côté de certains textes de Ballard sur le même sujet (Billenium par exemple), sa prose paraît terne et poussive. On pourra reprocher aussi à Make room ! Make room ! (oublions le titre français de circonstance) quelques flagrantes erreurs de détails, comme le fait d'évoquer une dizaine de meurtres quotidiens à New York — alors que ce taux bénin doit déjà être largement dépassé en 1974 ! Si ce roman mineur qui peut être considéré comme le brouillon de Tous à Zanzibar est cependant à lire, cela tient en fait à la force du sujet (conséquence de son fort coefficient de probabilité), qui pousse le lecteur normalement constitué à l'aborder avec un plaisir doucement masochiste.

Denis PHILIPPE
Première parution : 1/11/1974
dans Fiction 251
Mise en ligne le : 17/7/2003


 

Edition J'AI LU, Nouveaux Millénaires (2014)


            Il y a des films dont le succès est tel qu’ils ont totalement occulté le roman dont ils sont l’adaptation. C’est le cas de Soleil vert, l’un des films de science-fiction les plus marquants des années soixante-dix, considéré aujourd’hui comme un classique bien au-delà du seul cercle des amateurs du genre. Dans ce cas précis, il est allé jusqu’à faire oublier le titre original du livre (Make Room ! Make Room !) au profit d’un autre tout à fait incongru puisqu’à aucun moment dans le roman il n’est question de ce fameux soleil vert. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’aucun des passages les plus marquants du film (la révélation sur la nature véritable du soleil vert, les manifestations dispersées à grands coups de tractopelles, la mort de Sol, le personnage qu’interprète Edward G. Robinson) n’apparaît dans le livre.

            Ce que l’on retrouve, en revanche, c’est ce monde pollué et surpeuplé, cette ville de New York accablée de trente-cinq millions d’habitants, une population qui dans son immense majorité ne peut que survivre dans des conditions de vie sordides, tandis qu’une petite poignée de privilégiés, abritée derrière d’épaisses murailles, continue de ne se priver de rien. On y suit également une enquête policière qui s’intéresse au meurtre d’un riche homme d’affaires. Toutefois, à la différence du film, celui-ci ne dissimule pas un complot à l’échelle planétaire. Son auteur nous est d’ailleurs révélé dès le début : Billy Chung, un gamin comme tant d’autres, contraint de commettre quelques larcins de temps en temps pour arrondir ses fins de mois. Jusqu’au jour où le propriétaire de l’appartement qu’il est en train de visiter le surprend et que Billy le tue accidentellement. L’investigation que mène le détective Andy Rusch va se dérouler tout au long du roman, sans en constituer l’élément principal. Car ce qui intéresse avant tout Harry Harrison ici, c’est de décrire le quotidien misérable de ses personnages, un quotidien qui ne cesse de se dégrader un peu plus chaque jour : conditions climatiques épouvantables, difficultés de logement, pénuries d’eau et de nourriture à répétition, et les émeutes que ces situations entrainent inévitablement. Dans la description de ce futur cauchemardesque et des causes du désastre qu’il met en scène, le roman a plutôt bien vieilli, sauf lorsque les personnages se lancent dans des débats passionnés mais qui apparaissent aujourd’hui bien désuets sur la contraception et le contrôle des naissances (lorsque Harrison écrit ce livre, l’avortement est toujours interdit aux États-Unis, et dans certains états l’utilisation des pilules contraceptives reste réservée aux femmes mariées).

            Moins spectaculaire que son adaptation cinématographique, plus intimiste dans sa mise en scène, Soleil vert, le roman, propose ainsi une variation intéressante et complémentaire à une histoire désormais connue de tous. L’occasion est donc belle de redécouvrir cette œuvre, d’autant que J’ai Lu nous la propose dans une nouvelle traduction, signée Sébastien Guillot.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/10/2014
Bifrost 76
Mise en ligne le : 20/4/2020




 
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