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Mutations

Robert James SAWYER

Titre original : Frameshift, 1997
Première parution : New-York, USA : Tor Books, 1997

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de EIKASIA

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2001 - 2007) n° 5917
Dépôt légal : juin 2001
384 pages, catégorie / prix : M
ISBN : 2-290-31167-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Le jour où il se découvre atteint d'une maladie incurable, Pierre Tardivel décide de devenir chercheur en génétique. Après de brillantes études, il travaille sur le génome humain au côté du Dr Klimus, un génial lauréat du Nobel. Il rencontre ainsi son épouse, Molly, professeur de psychologie dotée de pouvoirs télépathiques.
     Pour ne pas transmettre la maladie de Pierre à leur enfant, ils décident de procréer par insémination artificielle. Mais la petite fille qui naît a d'étranges caractéristiques génétiques...
     Une double course contre la montre s'engage alors : celle d'un couple pour sauver son enfant victime de manipulations expérimentales, et celle de Pierre, qui lutte contre le mal...

     Robert J. Sawyer. En quelques livres (dont Expérience terminale, prix Nebula 1995), ce jeune écrivain canadien s'est imposé en accumulant les nominations aux plus prestigieuses distinctions du genre. Ses romans mêlent habilement thriller high-tech et anticipation scientifique et sociale à une critique pessimiste de l'Amérique libérale.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Millénaires (1999)


Mutations aborde de façon brillante l'un des thèmes majeurs de la science-fiction de cette fin de millénaire : celui de la génétique, et bien sûr de l'éthique des manipulations du génome humain.

     Ecrit de façon remarquablement limpide, l'auteur parvient à nous exposer des données scientifiques assez complexes, à nous soumettre d'intéressantes théories sur l'ADN "de rebut" ou à nous montrer comment utiliser, à la manière de Jurassic Park, l'ADN paléontologique, sans jamais devenir ennuyeux ni nous noyer sous un flot d'informations stériles.
     Au contraire, ce qui surprend avant tout dans ce roman, c'est la vision très humaniste de l'auteur, qui s'attache davantage au vécu de personnages ordinaires, qui sont au centre du récit, qu'à des considérations scientifiques ou philosophiques pseudo-universelles.

     Pierre Tardivel est ainsi un homme comme les autres, plutôt sympathique, avec ses petites manies (les prix Nobel...). Comme bon nombre d'êtres humains, c'est aussi un malade, ainsi que d'autres personnages du roman. L'un souffre d'une chorée, l'autre d'un diabète, un autre encore d'une stérilité... Montrant les individus comme des êtres imparfaits, pouvant souffrir et vieillir, luttant pour vivre, l'auteur échappe à une froideur trop souvent présente en SF, sans verser pour autant dans le mélodrame. Ni pessimiste ni larmoyant, le récit montre une sorte de tendresse pour l'être humain et une relative confiance en l'avenir, malgré les aspects noirs de l'humanité.
     Car tout n'est pas rose... notamment quand Sawyer aborde la question des assurances maladies, thème particulièrement d'actualité en ces temps de crise de la Sécurité Sociale. Montrant les assurances comme des entreprises commerciales, dénuées de toute morale autre que celle de la rentabilité, il dénonce entres autres les dérives possibles en cas d'utilisation des typages génétiques pour apprécier le risque potentiel de maladie. Le tableau dépeint par l'auteur est d'autant plus sombre qu'il est réaliste et qu'il préfigure une situation qui paraît très probable dans les années à venir. Cet aspect social, rarement abordé en littérature est un point particulièrement important du récit et l'on frémit en imaginant le pouvoir potentiel d'assurances privés trop "entreprenantes".

     Il est quasiment impossible de parler des manipulations génétiques sans évoquer le nazisme, et ce roman n'échappe pas à la règle. L'auteur en fait d'ailleurs l'un des moteurs de l'intrigue, avec une trame policière mettant en scène Avi Meyer, "chasseur" de criminels de guerre. De fausses pistes en rebondissements, son itinéraire finira par rejoindre celui de Pierre Tardivel, et cette enquête parallèle donne un réel dynamisme au roman, qui se dévore comme un thriller.

     D'autres thèmes sont bien sûr abordés, certains graves et actuels comme le racisme, d'autres purement imaginaires comme la télépathie, mais inutile d'en parler davantage, puisque ce roman, doté d'une histoire forte, de personnages attachants et d'un rythme soutenu, est absolument à lire…

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/5/1999
nooSFere


 

Edition J'AI LU, Millénaires (1999)


     C'est avec des sentiments mêlés que je me suis penché sur ce nouveau roman du canadien anglais Robert J. Sawyer. Je n'avais guère apprécié Expérience terminale (J'ai Lu « SF »), son opus précédent (couronné par le Nebula), et le site Internet du bonhomme, quoique fourni, est un véritable festival de mauvais goût en matière d'auto-promotion. Les quelques nouvelles de lui que j'ai lues sont pourtant plutôt de meilleure qualité. Alors, Mutations ?
     On est dans un futur proche qui pourrait être le présent. Le canadien français Pierre Tardivel, atteint d'une maladie dégénérative, la chorée de Huntington, se sait condamné à plus ou moins brève échéance. En attendant, il effectue des recherches sur le génome humain. Il rencontre Molly, dont les pouvoirs télépathiques font une sorte de marginale mais lui sont très utiles dans sa profession de psychologue. Ils s'aiment. Ils ont un enfant, Amanda.
     Mais leur enfant n'est pas comme tout le monde. Pierre n'est pas son père, sous peine de lui transmettre le gène de la chorée de Huntington. C'est le professeur Klimus, prix Nobel et patron de Pierre, qui a fourni la semence. Bientôt, Amanda présente des retards d'apprentissage troublants.
     Parallèlement, Avi Meyer, enquête pour retrouver “Ivan le Terrible”, un des pires bourreaux de Treblinka, tandis que Pierre est la cible d'une tentative de meurtre de la part d'un jeune néonazi...
     Sawyer est certes un auteur habile, et les connaissances scientifiques qui charpentent l'intrigue m'ont paru crédibles, pour autant que je puisse en juger. Son roman se lit avec une grande facilité.
     Oui. Mais le rajout de l'intrigue secondaire (la chasse au nazi) est inutile ; le dénouement, lacrymal, est navrant ; les coups de théâtre sont artificiels, les personnages à peine plus que des caricatures. Le tout paraît sortir d'un guide à l'usage du faiseur de best-sellers, et fait un tel usage des dialogues qu'on croirait parcourir le scénario d'un téléfilm américain.
     Voilà un livre jetable, fabriqué plus qu'écrit. Idéal dans le train ou le métro. Laisser sur la banquette une fois fini — à l'intention d'un autre voyageur désireux de tromper l'ennui.

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/6/1999
dans Bifrost 14
Mise en ligne le : 18/6/2000


 

Edition J'AI LU, Millénaires (1999)


     Atteint d'une maladie génétique incurable — la chorée de Huntington —, Pierre Tardivel, chercheur au Lawrence Berkeley National Laboratory, a décidé de consacrer au fameux projet Génome humain les quelques années qui lui restent à vivre. Contre toute attente, cela ne l'empêche pas de rencontrer l'amour, en la personne de Molly Bond, professeur de psychologie à l'université. Désireux d'avoir un enfant, le couple opte pour l'insémination artificielle. Mais dès sa naissance, leur petite fille présente de curieuses particularités génétiques. Par ailleurs, Pierre est victime d'une tentative de meurtre...
     Robert Sawyer n'est pas un styliste. Expérience terminale, premier roman de l'auteur à être traduit en France (J'ai lu, voir critique dans Galaxies n° 8), avait suscité le mépris hautain de Philippe Curval dans le Magazine littéraire. Gageons que Mutations subira le même châtiment  ! Car l'écriture y est tout aussi abrupte, voire rugueuse, sans sophistication aucune, simplement au service du propos. Incontestablement, Sawyer fait le choix de l'efficacité et de la lisibilité (même s'il en fait parfois un peu trop dans le côté inventaire de la problématique génétique)  : narration nerveuse, intrigue policière captivante, personnages réellement émouvants, réflexion politico-sociale d'une brûlante actualité sur les voies ouvertes par le décryptage de notre ADN.
     Car le projet Génome humain avance à pas de géant  : Craig Venter, le controversé fondateur de l'Institute for Genome Research, n'a-t-il pas annoncé qu'il mettrait moins de trois ans pour séquencer la totalité du génome humain (voir Science et Vie n° 979)  ? La cartographie de celui-ci ouvre la porte, entre autres, à la thérapie génique, mais aussi aux dérives eugénistes. Plus immédiatement, il permet aux compagnies d'assurance de pratiquer une politique discriminatoire envers les êtres humains basée sur le profilage génétique. Dans nos sociétés ultralibérales, cette menace est plus qu'à prendre au sérieux, et Mutations presse le législateur de se pencher sur la question avant qu'il ne soit trop tard.
     Au-delà de cette urgence, Robert Sawyer plaide pour une mutation des mentalités. Paraphrasant le fameux discours de Martin Luther King, le roman se termine sur un autre « rêve  », celui d'une nation dont tous les citoyens seraient considérés comme égaux à la naissance, au-delà des gènes.

Denis GUIOT
Première parution : 1/6/1999
dans Galaxies 13
Mise en ligne le : 25/6/2000


 

Edition J'AI LU, Millénaires (1999)


     Du suspense dans l'ADN

     Vous vous nommez Pierre Tardivel. Vous découvrez un jour que vous êtes atteint d'une maladie génétique incurable, la chorée de Huntington, qui va vous transformer à plus ou moins long terme en une marionnette dansante. Vous décidez alors de devenir généticien. Comme vous ne voulez pas transmettre la maladie à votre descendance, vous procédez, avec l'accord de Molly, votre femme un peu télépathe, à une insémination artificielle.
     Hélas, vos problèmes sont loin d'être résolus. On tente de vous assassiner. Votre fille présente de curieuses caractéristiques physiques. Vous soupçonnez votre patron d'être un ancien bourreau de Treblinka. Vous êtes persuadé que votre compagnie d'assurance fait tuer ses clients à risques. Votre caractère, fait d'acharnement, vous amènera cependant à ne pas vous décourager et à vaincre sur tous les tableaux. Ou presque.
     Mutations est le second roman traduit en français de Robert J. Sawyer, jeune écrivain canadien. Son personnage, Pierre Tardivel, mène plusieurs enquêtes à la fois. Ce livre de SF est ainsi la somme de plusieurs « thrillers » entremêlés. En dépit d'une banale fin hollywoodienne, ce récit à suspense parvient non seulement à inculquer quelques notions de génétique au lecteur béotien, mais aussi à le maintenir constamment en haleine et, surtout, à susciter son émotion. Les ingrédients d'une histoire réussie sont donc réunis.

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 30/6/1999
24 heures
Mise en ligne le : 8/9/2002




 
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