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Dans l'océan de la nuit

Gregory BENFORD

Titre original : In the Ocean of Night, 1978
Première parution : Dial Press, 1978

Cycle : Le Centre galactique vol. 1 

Traduction de William Olivier DESMOND
Illustration de MANCHU

DENOËL (Paris, France), coll. Lunes d'Encre n° (19)
Dépôt légal : mars 2001, Achevé d'imprimer : mars 2001
Roman, 464 pages, catégorie / prix : 145 FF
ISBN : 2-207-25197-7
Format : 14,1 x 20,5 cm   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Chargé de détruire un astéroïde qui menace d'entrer en collision avec la Terre, Nigel découvre qu'il s'agit en fait de l'épave d'un vaisseau spatial. Transgressant ses ordres, il retarde la mise à feu des explosifs pour l'étudier.
     Quinze ans plus tard, une sonde extraterrestre pénètre dans le système solaire. Les autorités décident alors de la détruire et provoque sa fuite. Nigel, qui cherchait à entrer en communication avec l'entité de cette sonde, capte sa pensée grâce à un implant de surveillance médicale. Ce contact privilégié ainsi que l'examen d'une épave sur la Lune débouche sur la plus grande aventure qu'ait connue l'humanité.
 
     Avec Dans l'océan de la nuit puis A travers la mer des soleils, Gregory Benford nous offre les deux premiers volumes de sa fresque du Centre galactique, tout aussi importante que le cycle de Rama d'Arthur C. Clarke.
 
     Gregory Benford, né en 1941, a été révélé au grand public avec Un paysage du temps, souvent considéré comme son chef-d'œuvre. Physicien de renommée internationale, il a toujours concilié dans ses romans la plus grande rigueur scientifique et une qualité d'écriture remarquable.
 
    Critiques    
     «  Les formes organiques font également partie de l'univers des choses, mais résident en outre dans l'univers des essences.  » (p.265)

     Gregory Benford est connu pour ses romans solides et rigoureux, conciliant hard science, humanisme et métaphysique. Celui-ci n'échappe pas à la règle, même si sa construction semble assez curieuse. Elle comporte en effet pas moins de trois contacts différents avec des artefacts extraterrestres. Le premier est un pseudo-astéroïde qui menace la Terre et qui se révèle être un vaisseau spatial déserté. Le deuxième est une sonde robotisée qui traverse le système solaire de part en part. Le troisième est un nouveau vaisseau découvert sur la face cachée de la Lune.

     Initialement, l'assemblage de ces trois histoires ne semble pas très précis, comme si Benford avait réuni trois nouvelles distinctes en les collant aléatoirement autour d'un même personnage, Nigel, à la manière des fix up de Van Vogt. On s'en console grâce au talent de l'auteur, en particulier sa manière de donner du souffle à l'exploration spatiale et de la consistance à ses personnages. Il décrit par exemple le fonctionnement d'un ménage à trois assumé, une situation qui semble acceptée sereinement par la morale de ce futur tout proche, même si l'équilibre peut en demeurer fragile. Puis il met en scène de manière réaliste l'atteinte de la femme de Nigel par une maladie rhumatismale assez méconnue, le lupus érythémateux disséminé.
     Au passage, notons que la manière dont Nigel entre en contact par l'intermédiaire des appareils médicaux avec la sonde robotisée – appelée par dérision le Dahu– semble un peu fantaisiste, ce qui surprend chez cet auteur.

     Cependant, au fur et à mesure du roman, la trame s'organise pour brosser un vaste tableau d'ampleur cosmique. On apprend que les formes de vie sont nombreuses dans la galaxie, mais qu'elles sont presque toutes de nature mécaniques, bien décidées à éliminer les formes de vie organiques qui subsistent. Les quelques épisodes décrits ne sont finalement que les prémisses d'un affrontement sans précédent où la position de l'homme dans l'univers est ramenée à de justes proportions  : toute civilisation est un grain de sable qu'un seul souffle peut balayer.

     En fin de compte, Dans l'océan de la nuit s'achève brillamment et l'unité des trois intrigues successives ne fait plus aucun doute. La toile de fond cosmique qui vient d'être plantée est particulièrement impressionnante et nous attendons avec impatience la tragédie qui va se dérouler sur cette scène, dans les cinq tomes qui, à ce jour, suivent ce premier roman d'un cycle tardivement appelé le Centre galactique.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 14/5/2001 nooSFere


(Chronique portant à la fois sur Dans l'océan de la nuit et sur À travers la mer des soleils)

     C'est avec Dans l'océan de la nuit que Benford a commencé à se faire remarquer. Paru en 1978 aux USA, le roman est le collage d'une suite de nouvelles. Le germe du cycle du « Centre Galactique » remonte à 1972... et ses volumes continuent à paraître (ces deux livres avaient été publiés en français dans la collection « Présence du Futur », les suivants chez « Ailleurs et Demain », réédités au Livre de Poche ; Sailing Bright Eternity est encore inédit en français).
     Structuré en épisodes, le premier livre peut être répétitif. Grosso modo, un artefact technologique extraterrestre d'un âge impressionnant est découvert dans le système solaire. Nigel Walmsley s'arrange toujours pour être sur le coup, et pour avoir raison contre ses supérieurs. C'est d'abord un astéroïde qui se révèle épave d'astronef (influence d'Arthur C. Clarke !), puis un vaisseau interstellaire automatisé, puis une épave de station laissée sur la Lune. Au fil des péripéties s'affirme la personnalité de Nigel. Benford en a fait un Britannique travaillant pour la NASA, accentuant encore son mépris de sa hiérarchie, son côté loup solitaire.
     Si le rythme paraît parfois gêné aux entournures, Dans l'océan de la nuit présente un pont intéressant entre les deux directions prises par l'œuvre romanesque de Benford : d'une part des livres situés dans un proche futur, portant un regard satirique sur les modes de notre société et les chamailleries du milieu universitaire et scientifique (archétype : Un Paysage du temps, 1980) ; d'autre part des livres situés dans un futur lointain, où les protagonistes humains font face à des forces qui les dépassent, naturelles ou artificielles. Dans l'océan de la nuit est daté de la fin du XXe siècle (déjà dépassée !) et, si Nigel scrute l'espace, il connaît aussi des démêlés avec une secte qui va, elle, y chercher une expérience mystique.
     De ce point de vue, c'est À travers la mer des soleils qui marque le vrai début de la série du «  Centre Galactique ». C'est ici qu'est mis en place le cadre global d'une lutte entre vie organique et mécanismes autonomes à l'échelle de la galaxie entière (au moins). Nigel s'est embarqué sur un vaisseau d'exploration en quête de la source d'un signal radio artificiel reçu sur Terre ; peu après leur départ, sur la planète-mère, l'infestation des océans par des animaux extraterrestres a rendu presque impossible le commerce international et menace toute l'humanité. Les passages les plus forts du livre sont consacrés à un protagoniste sans rapport avec le vaisseau, Warren, naufragé sur un radeau dans le Pacifique, occupé à survivre et à communiquer avec les extraterrestres aquatiques.
     À travers la mer des soleils est un roman sombre et marquant. Benford fait preuve d'une remarquable ingéniosité dans la création de formes de vie extraterrestres, et préserve une étincelle d'espoir dans un combat qui en paraît bien dépourvu. Quoique vivant dans la société close et inquisitrice d'un vaisseau parti pour des années (sinon des décennies), Nigel est aussi marqué par la solitude que Warren. La sienne est due à la vieillesse, aux tricheries qu'il organise pour éviter une mise à la retraite souhaitée par ceux qu'indispose son sale caractère. La relation avec les femmes n'entame pas l'isolement. Warren passe une partie de son calvaire en compagnie d'une autre rescapée, et pourtant ne communique guère avec elle ; de même la fidélité de Nikka, la nouvelle compagne de Nigel, ne l'adoucit guère, et n'atténue pas la vivacité de ses confrontations avec les autorités du bord.
     En dépit d'une certain répétition des situations, Benford maintient sans cesse l'intérêt par son inventivité, et par l'excentricité qu'il imprime à son protagoniste (les héros vieux, et qui ressentent les atteintes de l'âge, sont chose rare en S-F). Il se détache aussi de la majeure partie de ses confrères écrivains de hard science par un style plus recherché, qui bascule à l'occasion dans le dialogue cacophonique ou la poésie de la science.
     Voici des livres à lire, et leur réédition doit être saluée.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/8/2001 dans Bifrost 23
Mise en ligne le : 7/9/2003


 
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