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Légendes de la fin des temps

Michael MOORCOCK

Titre original : Legends from the End of Time, 1976

Cycle : Les Danseurs de la fin des temps  vol. 4

Traduction de Elisabeth GILLE
Illustration de Stéphane DUMONT

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 304
Dépôt légal : 3ème trimestre 1980
Recueil de nouvelles, 256 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : néant
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ce recueil de nouvelles s'articule autour de la trilogie qui commençait avec Une chaleur venue d'ailleurs et s'achevait avec La fin de tous les chants. Dans ce lointain avenir où les hommes n'ont plus qu'à jouir des progrès accomplis par les innombrables générations précédents, le seul danger à éviter, c'est l'ennui. Et le seul service que l'on puisse rendre à un ami, c'est s'ingénier à le distraire.
     Ainsi fait, avec une bonne dose d'imagination de d'humour, la concubine Éternelle pour ranimer la flamme de son mélancolique amant, Werther. Et de pantomime en mascarade, l'Éternité déroule ses fastes pour les immortels.

L'auteur.
Né en 1939, Michael Moorcock a débuté par des romans et des nouvelles dans le style d'Edgar Rice Burroughs dont il était un fervent admirateur, mais il a vite évolué vers un genre plus littéraire et plus ouvert.
Extraordinairement prolifique et divers, il a su aussi regrouper autour de son magazine New Worlds les jeunes auteurs les plus doués de sa génération.

    Sommaire    
1 - Roses pâles (Pale Roses), pages 9 à 64, Nouvelle, trad. Elisabeth GILLE
2 - Étoiles blanches (White Stars), pages 67 à 133, Nouvelle, trad. Elisabeth GILLE
3 - Ombres anciennes (Ancient Shadows), pages 137 à 247, Nouvelle, trad. Elisabeth GILLE
 
    Critiques    
Ces légendes ne sont pas une suite de l'admirable trilogie de la fin des temps 1 mais en représentent d'autres facettes. Elles se situent pendant que Jherek Carnelian court à travers les siècles après sa chère Amelia Underwood — et l'on retrouve au fil de ces récits (parfois simplement évoqués), certains personnages ou événements narrés dans cette indispensable trilogie, à haute valeur ethnologique.
La société de la fin des temps ne mérite pas ce nom — sinon en son sens premier : un rassemblement d'individus. Et quels individus ! « Nous avons perdu le Hasard, » profère le sinistre Werther de Goethe page 15, « nous avons banni l'Arbitraire. Nous contrôlons tout. Rien ne nous contrôle ! »
Donc tout est permis, l'énergie est sans limite, l'éternité sans lendemain et l'imagination sans faille (généralement). Le danger n'est qu'un divertissement, la mort une expérience intéressante, la misère une mode, les passions des compositions d'acteurs. Le seul vrai danger, c'est l'ennui — tout est tellement possible !
Ainsi le ténébreux, le funèbre, le romantique Werther de Goethe tombe vraiment amoureux de cette fille qu'il a cru recueillir, et prend son rôle de père tellement au sérieux... jusqu'à ce qu'il commette enfin ce péché qu'il voulait tant connaître, tant éprouver — tant subir !
Ainsi le misanthrope Lord Shark, qui lance sans le vouloir la mode du duel, cherchant par ce moyen cette mort définitive qui le fuit. Mais Lord Shark aime la vie ! Sinon il n'aurait pas ourdi la machination finale... mais une émotion étrange envahit le Duc de Queens quand il croit occire son adversaire.
De même Lord Jagged, pourtant si à l'aise dans ce monde, si savant des mœurs et humeurs du passé, éprouve un sentiment peu contrôlé pour la voyageuse du temps Dafnish Armatuce, si austère, rigide, rationnelle, adulte ! Elle qui vient d'une époque si stricte, comment peut-elle s'adapter à ces enfants joueurs et irresponsables de la fin des temps ? Impossible, même au prix de son fils — de sa vie, de son rire.
Que cherchent-ils tous, au cours de cette éternité artificielle et vaine ? Pourquoi accueillent-ils tant de voyageurs temporels, fouillent-ils tant dans le passé ? Ils cherchent la vérité sous le masque, la nature sous le fantasme, la réalité toute nue derrière la mascarade fastueuse. Leur réalité. Celle de la fin des temps, ils s'efforcent de la masquer, cherchant plutôt celle du fond des gens. Et ils se prennent même au jeu...
Moorcock aussi, vers la fin, s'est laissé prendre au jeu, au point de juger, de justifier, de creuser l'éthique profonde de ce monde d'apparences. Il devient juge et démiurge, seule divinité régnant sur ce monde qui l'ignore et n'a plus besoin de maître — ni même de créateur : « Nous habitons une sphère unique, mais cette sphère englobe autant de mondes qu'il y a d'individus sa surface (p. 176) ». Ces Légendes de la fin des temps pourraient bien devenir nôtres — celles du début des temps.

Notes :

1. 1) Une chaleur venue d'ailleurs. Les terres creuses. La fin de tous les chants (« Présence du Futur » n°* 197. 218 et 281). Les quatre volumes sont traduits par Elisabeth Gille.


Jean-Marc LIGNY (lui écrire)
Première parution : 1/11/1980 dans Fiction 313
Mise en ligne le : 28/11/2008

 
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