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Contes du ring / Contes de médecins / Autres contes

Arthur Conan DOYLE


Cycle : Intégrale Sir Arthur Conan Doyle  vol.

Traduction de Robert LATOUR & Bernard TOURVILLE
Illustration de Jean-Michel NICOLLET

NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO) (Paris, France), coll. NéO Club : Conan Doyle n° 3
Dépôt légal : novembre 1986
322 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7304-0411-2   

L'ISBN indiqué sur le livre (2-7304-0411-1) est erroné.



    Quatrième de couverture    
« Il y avait chez Conan Doyle une double personnalité provoquant un conflit entre la logique et l'imagination. Il s'est donc manifesté d'abord par l'aspect rigoureux des aventures de Sherlock Holmes qui ont intéressé des centaines de millions de lecteurs à une branche de la logique formelle qu'il appelle à tort la déduction et qui est en réalité l'induction. Mais il y avait chez lui un autre aspect, qui l'a conduit à la fin de sa vie à s'intéresser au spiritisme, et, dès le commencement, à écrire des contes fantastiques ou de science-fiction. Il est à regretter qu'il n'ait pas consacré plus de temps à la science-fiction. Il avait des idées plus originales que Wells et il écrivait mieux que Jules Verne. Il aurait pu devenir le plus grand de tous les écrivains de science-fiction. Au lieu de cela, il consacra tous ses efforts à prouver l'immortalité de l'âme. Ne le jugeons pas, nous n'en avons pas le droit. Comme le dit un de ses biographes, John Dickson Carr : « Que personne n'ose écrire son épitaphe : il n'est pas mort. » Conan Doyle a très simplement défini ses buts :
« J'aurai atteint mon but en somme
Si j'amuse en philosophant
L'enfant qui n'est qu'un petit homme,
L'homme qui n'est qu'un grand enfant. »
Jacques Bergier


Sir Arthur Conan Doyle est né à Edimbourg, en Ecosse, en 1859. Il est mort à Crowborough (Sussex) en 1930. Issu d'une famille catholique normande (ses ancêtres orthographiaient leur nom d'Oil), il commença ses études chez les Jésuites, puis après avoir obtenu un diplôme de docteur en médecine, il s'embarqua comme médecin de bord et voyagea dans les mers arctiques et en Afrique. Il était encore médecin quand il commença à publier des romans et le succès de son premier livre l'incita à se consacrer exclusivement à l'écriture. La série des Aventures de Sherlock Holmes le rendit célèbre dans le monde entier mais fit aussi ombrage au reste de son œuvre qui compte de nombreux récits — nouvelles et romans — fantastiques, ésotériques, d'aventures et de science-fiction dont il fut l'un des grands précurseurs, d'inoubliables romans historiques et de nombreux essais. Pendant les dernières années de sa vie, Conan Doyle se passionna pour le spiritisme et les sciences occultes qui lui inspirèrent un certain nombre d'ouvrages qui font aujourd'hui l'objet d'une sorte de culte. Il est et restera dans l'histoire de la littérature comme l'un des plus grands créateurs d'univers.

    Sommaire    
1 - Gilbert Keith CHESTERTON & Georges-A. GARNIER, Défense du roman populaire (The Defendant), pages 7 à 12, Introduction
2 - Contes du Ring (Tales of the Ring), pages 13 à 144, Recueil de nouvelles, trad. Bernard TOURVILLE
3 - Le Maître de Croxley (The Croxley Master), pages 15 à 66, trad. Bernard TOURVILLE
4 - Le Seigneur de Falconbridge (The Lord of Falconbridge), pages 67 à 95, trad. Bernard TOURVILLE
5 - La Chute de Lord Barrymore (The Fall of Lord Barrymore), pages 96 à 111, trad. Bernard TOURVILLE
6 - Le Roi des Renards (The King of the Foxes), pages 112 à 127, trad. Bernard TOURVILLE
7 - La Brute de Brocas Court (The Bully of Brocas Court), pages 128 à 144, trad. Bernard TOURVILLE
8 - Contes de Médecins (Tales of Medical Life), pages 145 à 264, Recueil de nouvelles, trad. Robert LATOUR
9 - Une Femme de Physiologiste (A Physiologist's Wife), pages 147 à 170, trad. Robert LATOUR
10 - En Retard sur le Temps (Behind the Times), pages 171 à 176, trad. Robert LATOUR
11 - Sa Première Opération (His First Operation), pages 177 à 184, trad. Robert LATOUR
12 - La Troisième Génération (The Third Generation), pages 185 à 197, trad. Robert LATOUR
13 - La Malédiction d'Eve (The Curse of Eve), pages 198 à 211, trad. Robert LATOUR
14 - Un Document médical (A Medical Document), pages 212 à 225, trad. Robert LATOUR
15 - Un Médecin parle (The Surgeon Talks), pages 226 à 234, trad. Robert LATOUR
16 - Les Médecins de Hoyland (The Doctors of Hoyland), pages 235 à 248, trad. Robert LATOUR
17 - La Clientèle de Crabbe (Crabbe's Practice), pages 249 à 264, trad. Robert LATOUR
18 - Le Manoir hanté de Goresthorpe (Selecting a Ghost / The Haunted Grange of Goresthorpe / The Ghosts of Goresthorpe Grange / The Secret of Goresthorpe Grange), pages 265 à 292, trad. (non mentionné)
19 - Un Faux Départ (A False Start), pages 293 à 312, trad. (non mentionné)
 
    Critiques    
     « Critique des tomes 2, 3 et 4 de l'intégrale de Sir Arthur Conan Doyle au Club NéO »


     La parution a cadence accélérée de l'œuvre complète de Sir Arthur, magnifiquement servie sous les fortes couvertures cartonnées du Club NéO, illustrés avec le talent qu'on lui connaît par Nicollet, qui travaille ici sur photographies, semble-t-il, permet une réévaluation importante de l'œuvre, que le lecteur moyen (à part les Sherlock Holmes et les Challenger) n'avait pu jusqu'alors que lire de manière sporadique et dans le plus grand désordre... Une réévaluation qui ne porte pas sur l'art du novelliste, carré, professionnel jusqu'au bout des ongles (même si on peut regretter parfois un brin de folie qui n'était de toute façon pas dans la nature du médecin-détective), mais sur des jugements hâtifs qui avaient pu jusque-là être portés à propos des lignes de force, du style, de la matière et de la manière...
     Par exemple. Conan Doyle misogyne ? Voire... S'il reste certain que ce sont bel et bien les hommes qui sont dans la plupart des cas les maîtres d'œuvre, les récitants, les héros, la présence des femmes, certes discrète, n'en reste pas moins essentielle. Moteur indispensable du récit parce que fille en péril, fiancée perdue, épouse dévouée ? Bien sûr. Mais lisez (le titre est révélateur) Une femme de physiologiste (tome 3) : on y voit mises en parallèle la fatuité et la sécheresse de cœur d'un médecin, et les qualités évidentes d'une jeune femme.
     Autre exemple. La soi-disant rigueur moralisatrice du victorien Doyle... Renvoyons d'abord nos lecteurs au numéro d'Avril du MAGAZINE LITTÉRAIRE, « dossier Sherlock Holmes », et à l'article de Christine Jordis « Sherlock Holmes et l'inconscient victorien », qui met en évidence la « petite tendance au sadisme » de l'auteur... Doyle, cela paraît évident, sait être cruel, et jouer avec cette cruauté, une cruauté perturbante : voir la complaisance avec laquelle il étale des descriptions d'horribles cas médicaux (expérience vécue, sans aucun doute), dans Un document médical (tome 3).
     Autre remarque. On pourrait croire, à la rigoureuse composition thématique des recueils (reprenant pour une large part celle voulue par l'auteur lui-même alors que peu avant sa mort il réunissait ses « œuvres complètes »), que Doyle est un maniaque du classement... Or, on se rend vite compte que même dans les séries les plus documentarisées (« contes du ring », « contes de médecins »), ce n'est pas tant le back-ground qui compte, mais le mystère qui y germe, un mystère qui frôle d'ailleurs souvent la mystification, quand ce n'est pas la farce de carabin (La clientèle de Crabbe, tome 3, ou Le salon du cauchemar, tome 2, qui montre aussi les limites de Doyle humoriste). En fait, tout ce qu'a écrit notre médecin-détective est de cette eau-là : on nous expose un mystère à résoudre. Mais, qu'il soit d'apparence fantastique (Le manoir hanté de Goresthorpe, tome 2) ou seulement inexplicable (Le mystère de Cloomber. tome 4), la rationalité finit par gagner. On sait que toute sa vie, Conan Doyle a lutté contre la place envahissante que prenait Sherlock Holmes dans son œuvre. Vain combat ! Car dans toutes ces enquêtes où il n'est pas, le fameux détective est bien là pourtant, à peine masqué sous l'apparence d'un autre personnage...
     Témoin par exemple le bien connu et remarquable On a volé un train spécial où Doyle place le fameux principe qu'on croit en général tombé dela bouche de Sherlock Holmes : « l'impossible étant éliminé, le reste, aussi improbable qu'il paraisse, doit contenir la vérité »... Bien riche nouvelle, d'ailleurs (tome 2), qui nous montre le goût de Doyle pour les chemins de fer et ce qu'on peut en tirer (lire aussi, même tome, L'homme aux montres). C'est dans ce texte qu'on trouve une autre constante curieuse : le travestissement (présent aussi, sur le mode humoristique, dans La chute de Lord Barrymore, tome 3).
     On pourrait continuer longtemps ainsi à arpenter toutes ces pistes qui ne paraissent s'entrecroiser à l'infini que pour aboutir toutes au même point de l'horizon : la rationalisation du mystère, en somme la main-mise de l'homme pensant sur l'univers — fût-ce au prix, je l'ai dit, de la supercherie ou de la cruauté. On n'en finira jamais de découvrir Doyle et ses facettes cachées, on n'en finira jamais non plus, et c'est bien là l'essentiel, de prendre un plaisir intense à sa lecture.


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/7/1987 dans Fiction 388
Mise en ligne le : 16/12/2002


 

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