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Signaux lointains

Andrew WEINER


Illustration de Frédéric SORRENTINO

BÉLIAL' , coll. Science-Fiction n° (6)
Dépôt légal : mars 2000, Achevé d'imprimer : mars 2000
Première édition
Recueil de nouvelles, 154 pages, catégorie / prix : 10,52 €
ISBN : 2-84344-027-0
Format : 13,0 x 20,0 cm
Genre : Science-Fiction

Co-édité par "Orion Éditions et Communication".



Quatrième de couverture

Huit nouvelles entre humour et rêve.

Votre appartement est trop petit ? Pas de panique : nous avons justement mis au point une nouvelle technologie permettant de résoudre la crise du logement. Avec nous, votre domicile va brusquement devenir immense. Signez ici.
 
Depuis que vous êtes revenu des étoiles, vous faites un drôle de rêve. Vous avancez sur cette plaine, jusqu'à vous retrouver face à cet immense mur vert… Que se trouve-t-il derrière ?
 
Votre époux est soudain devenu gentil et attentionné, un véritable mari modèle. C'est bien simple : on croirait qu'on vous l'a changé ! Et si, justement…
 
Un étranger dans la ville n'était pas une série célèbre, en fait ce n'était même pas une série intéressante. Pourtant, quelqu'un tient absolument à ressusciter ce vieux western et lui donner une conclusion. Il a des spectateurs très impatients, dit-il. Et beaucoup d'or pour payer les frais.
 
La carte n'est pas le territoire. En êtes-vous si sûr ?
 
L'écrivain Andrew Weiner, né en 1949 à Londres mais vivant au Canada, a débuté dans les pages de l'anthologie d'Harlan Ellison, Again Dangerous Visions. Depuis, ses nouvelles paraissent outre-Atlantique sur des supports aussi variés que F&SF, Asimov's ou Twilight Zone. Après un premier roman, Station Gehenna, publié aux Etats-Unis en 1987, il a sorti un premier recueil au Canada en 1990, Distant Signals and Other Stories, suivi de This is the Year Zero en 1998. Son roman Getting Near the End paraîtra bientôt en France. Il signe également des scénarii pour les séries télé fantastiques Twilight Zone et Tales from the Darkside. Dans la meilleure tradition de la nouvelle anglo-saxonne (Clifford D. Simak, Theodore Sturgeon, Fredric Brown…), Andrew Weiner sait faire subtilement basculer la réalité vers des révélations tantôt cocasses, tantôt inquiétantes, parfois mélancoliques, mais toujours teintées d'un humour doux-amer.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Devenir indigène (Going Native, 1985) , pages 7 à 22, nouvelle, trad. André-François RUAUD
2 - Notes de l'auteur sur "Devenir indigène", pages 23 à 23, notes, trad. André-François RUAUD
3 - Crise du logement (The Housing Problem, 1982) , pages 25 à 28, nouvelle, trad. Fabienne ROSE
4 - Notes de l'auteur sur "Crise du logement", pages 29 à 29, notes, trad. André-François RUAUD
5 - En songes (In Dreams, 1993) , pages 31 à 54, nouvelle, trad. Marc FÉVRIER
6 - Notes de l'auteur sur "En songes", pages 55 à 55, notes, trad. André-François RUAUD
7 - Un homme nouveau (A New Man, 1992) , pages 57 à 73, nouvelle, trad. Fabienne ROSE
8 - Notes de l'auteur sur "Un homme nouveau", pages 74 à 74, notes, trad. André-François RUAUD
9 - La Machine de Klein (Klein's Machine, 1985) , pages 75 à 89, nouvelle, trad. Fabienne ROSE
10 - Notes de l'auteur sur "La Machine de Klein", pages 90 à 90, notes, trad. André-François RUAUD
11 - Signaux lointains (Distant Signals, 1984) , pages 91 à 106, nouvelle, trad. Fabienne ROSE
12 - Notes de l'auteur sur "Signaux lointains", pages 107 à 108, notes, trad. André-François RUAUD
13 - La Carte (The Map, 1992) , pages 109 à 122, nouvelle, trad. Thomas DAY
14 - Notes de l'auteur sur "La carte", pages 123 à 123, carte, trad. André-François RUAUD
15 - Fugue (Rider, 1987) , pages 125 à 151, nouvelle, trad. Daniel RIVIÈRE
16 - Notes de l'auteur sur "Fugue", pages 152 à 152, notes, trad. André-François RUAUD
Critiques
     Andrew Wiener est un personnage pour le moins éclectique. Né en Angleterre, à Londres pour être précis, il y suit un cursus de psychologie, qu'il abandonne au bout de quelques années pour se consacrer à la critique rock. Il part ensuite au Canada, où il s'impose comme journaliste financier de renom. Mais il publie aussi, depuis 1972, de nombreuses nouvelles dans diverses revues, ainsi que quelques romans (Station Gehenna, Getting near the End), tout en écrivant à l'occasion des scénarios pour Twilight Zone et Tales from the Darkside. Avec une telle diversité d'occupations et d'intérêts, nul ne s'étonnera du caractère quelque peu disparate de ce recueil de nouvelles. A côté de récits au thème rigoureusement SF, comme le voyage dans le temps (La Machine de Klein), le remplacement par un clone (Un Homme nouveau) ou l'astronaute contaminé après un voyage intersidéral (En Songes), on trouve également des histoires d'inspiration plus fantastique (la Carte), ou même cyberpunk (Fugue).

     Malgré cette disparité de surface, il n'est guère besoin de chercher très loin pour sentir l'unité sous-jacente de cette sélection – et, par là même, les obsessions récurrentes de l'auteur. Tout d'abord, Andrew Weiner, même s'il n'a pas suivi la carrière à laquelle le préparaient ses études, en a visiblement gardé un vif intérêt pour les problèmes d'ordre psychologique. Toutes les nouvelles nous montrent en effet des personnages en proie aux troubles typiques de notre humaine condition. C'est le problème de la gestion des émotions, dans Devenir indigène, celui du manque d'espace et de son influence sur le comportement, dans Crise de Logement, celui des limites imposées par la corporéité, dans En Songes, ou encore celui des rapports conjugaux dans Un Homme nouveau. De même, La Machine de Klein et Signaux lointains mettent en scène des fans (l'un de SF, l'autre d'une vieille série à demi oubliée) en proie à une passion dévorante et quelque peu obsessionnelle. Quant à la Fugue, on y voit un homme retourner dans le passé, obsédé par l'idée d'avoir, un jour, opéré un mauvais choix. Une bonne moitié des histoires met d'ailleurs directement en scène des psychiatres, ou des groupes de thérapie : c'est le cas de Devenir indigène, En Songes, La Machine de Klein et Fugue. Dans les autres nouvelles, ils sont toujours au moins évoqués. Wiener nous présente la condition humaine sous un angle si peu réjouissant qu'il ne faut pas s'étonner si nombre de ses personnages cherchent à s'en évader...

     Deuxième point commun à toutes ces nouvelles, à l'exception de deux, le rôle très singulier joué par les extra-terrestres. Visiblement, ce qui intéresse Wiener n'est pas de nous décrire le physique, les moeurs ou l'habitat des aliens. Très peu de descriptions, d'ailleurs, dans ces nouvelles, ce qui leur confère une allure de parabole, de fable désincarnée visant à faire saisir une idée ou une impression générale. Tel est précisément le rôle des aliens : ils évoquent, ils révèlent l'homme à lui-même en lui offrant le spectacle d'une étrangeté inassimilable. C'est ainsi que le « cadeau » (ou la maladie ?) ramené par les astronautes de En Songes conduit l'humanité à se rêver autre qu'elle n'est ; c'est aussi par un extra-terrestre que l'on prend conscience de la relativité des goûts artistiques, dans Signaux lointains. Cette nature quasi-métaphorique de l'alien wienérien se retrouve dans quasiment tous les récits de ce recueil. Comme si, finalement, la condition humaine n'avait besoin, pour se dépasser, que de se regarder dans le miroir d'un Autre absolu. Voilà pourquoi – et ce sera le dernier point commun que nous mettrons en évidence – toutes ces nouvelles donnent l'impression de décrire un univers quotidien, presque trivial (un groupe de thérapie, un appartement étriqué, un studio télé, l'existence banale d'un fan de SF dominé par une mère castratrice, etc.), qui brusquement se trouve pris dans une aventure abracadabrante : c'est toujours l'intrusion de l'Autre, de l'étrange, qu'il soit extra-terrestre, hallucinogène (Fugue), psychotique (La Machine de Klein) ou fantastique (La Carte), qui constitue le ressort principal de l'histoire.

     En conclusion, même si ces nouvelles ne laissent sans doute pas le sentiment impérissable d'une grande révélation littéraire, elles présentent un intérêt certain, parce qu'elles ont une unité de forme suffisante pour permettre de voir en elles la « patte » d'un auteur ayant un style propre. Même s'il dit, dans les petits commentaires qui suivent chaque nouvelle, avoir voulu faire ici du Ballard, là du Sheckley, là du Dick, etc., il fait avant tout du Wiener... Le ton est souvent léger, même lorsqu'il évoque des sujets graves ou sérieux. En somme, un bon petit recueil, bien agréable à lire, à conseiller aux amateurs de nouvelles.

Nathalie LABROUSSE (lui écrire)
Première parution : 25/5/2000 nooSFere

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Histoires de l'autre monde ( Saison 2 - Episode 08 : Distant Signals ) , 1985, Bill Travis (d'après le texte : Signaux lointains), (Episode Série TV)

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