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Blade Runner - 2

K. W. JETER

Titre original : Blade Runner 2 - The Edge of Human, 1995
Première parution : Millenium, 1995
Cycle : Blade Runner  vol. 2 

Traduction de Michel DEMUTH
Illustration de Patrice GIFFARD

J'AI LU (Paris, France), coll. Millénaires n° (6005)
Dépôt légal : décembre 1998, Achevé d'imprimer : décembre 1998
Première édition
Roman, 280 pages, catégorie / prix : 79 FF
ISBN : 2-277-26005-3
Format : 13,0 x 19,5 cm
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre Blade Runner II   J'AI LU, 2000

Quatrième de couverture
Los Angeles, 2020. Aux pluies diluviennes succèdent des étés torrides. Anéantie par les tremblements de terre, la ville n'est plus qu'un amas de ruines. Le vent brûlant du désert pousse les humains vers les terriers qu'ils ont aménagés sous les décombres.
Deckard, le plus dur des blade runners, a quitté la police et s'est réfugié dans les forêts de l'Oregon avec Rachael, la réplicante qu'il aime. Elle repose, entre sommeil et agonie, dans un cercueil de survie. Mais bientôt la traque recommence : le chef de la police s'est trompé dans ses comptes, un dernier androïde rôde en liberté dans les rues de LA. Seul Deckard peut l'éliminer.
Trahisons, illusions, mémoires effacées... Les morts revivent, rafistolés. Les meurtriers deviennent les proies de ceux qu'ils chassaient autrefois. Dans ce monde livré au chaos, un héros désenchanté peut-il encore vivre en humain ? Roman noir ou science-fiction, Blade Runner ne cesse d'être un miroir du monde contemporain.
 
K.W. Jeter : Horizon vertical, La source furieuse, Madlands... Il est, selon la critique américaine, « celui qui a fait éclater une fois pour toutes notre conception limitée de la science-fiction ».
Disciple de Philip K. Dick, nul ne pouvait mieux que lui marcher sur les traces du maître, restituer l'univers cruel et traumatisant de Blade Runner et faire revivre — ou mourir — les héros de ce roman et film cultes.
Critiques
     Voilà bien un titre ayant suscité, dans l'attente de sa sortie, tant une impatience fébrile qu'une suspicion dubitative et parfois même forcenée (si, si, j'en connais..). Pensez donc : la suite de Blade Runner, film culte lui-même inspiré d'un non moins culte roman de Philip K. Dick, écrit par un auteur somme toute assez mystérieux ayant livré, tant en science-fiction qu'en fantastique, des œuvres dignes d'un peu plus qu'un simple intérêt et bien souvent dérangeantes (Madlands, Dr Adder ou bien encore La Mante). Un auteur qui, rappelons-le, fut un proche de Dick, et que le maître lui-même décrivait comme « un grand type mélancolique doté de l'esprit le plus brillant que je connaisse  ». On se permettra d'ajouter que le « type » en question doit être également pourvu d'une bonne dose de courage pour oser s'investir dans un projet où on ne peut que se savoir sacrément attendu au tournant — dans semblable cas, l'argent ne peut pas être la seule motivation.
     Dès les premières pages parcourues, une évidence s'impose, le doute est levé (l'éditeur s'est bien gardé de le faire) : il ne s'agit en aucun cas de la suite de l'œuvre initiale de Dick mais bel et bien de celle du film de Ridley Scott. Autre évidence : la scène d'ouverture, le premier chapitre — cinq pages, est d'une extraordinaire maîtrise, rien moins qu'une démonstration. On y est, là, dans ce L.A. futuriste bouffé de chaleur, en déliquescence, avec sa faune hétéroclite et grouillante, ses spinners volants, ses publicités criardes, ses flics névrosés, les blade runners, et leurs cibles androïdes, les Nexus-6. L'horreur aussi est bien là, l'horreur du doute, le désespoir d'un homme fou d'amour pour une femme qui n'en est pas une et qui n'en finit plus d'agoniser dans son caisson, de ses trains souterrains emplis de réplicants « défectueux » qu'on emmène aux crématoires — horrible remake d'un holocauste revisité... Une horreur et ses anges : Deckard, Rachael. Et les questions, redondantes : comment définir l'humanité, ce qui fait qu'on est humain ou qu'on ne l'est pas ; la réalité des apparences, jusqu'où s'y fier. Comme dans le film de Scott, les grandes thématiques de l'auteur d'Ubik sont au rendez-vous. « ll avait compris que dès que quiconque commençait à douter des apparences, des niveaux de surface de la réalité, il pénétrait alors dans un labyrinthe qui se déployait à l'infini ; dans lequel les choses n'étaient pas vraiment ce qu'elles paraissaient être. » (p. 194)
     Côté intrigue, Jeter exploite avec brio les nombreuses pistes à la fois tracées par Dick dans Les Androïdes rêvent-ils de mouton électrique et surtout par Scott dans son film, principalement dans la version longue, la pierre d'achoppement étant, bien sûr  : qui est humain, qui ne l'est pas (avec, encore une fois, en ligne de mire, la question philosophique de la définition de l'état d'humanité). Le canevas de départ est d'une extrême simplicité : les androïdes hors-la loi que chassait Deckard dans le premier opus n'étaient pas cinq, mais six Le meilleur des blade runners est donc contraint de retourner au charbon. De cette ligne scénaristique qui a tout d'une énorme ficelle, Jeter battit un roman passionnant où rien n'est ce qu'il parait être, où les complots, les conspirations et les intrigues se croisent jusqu'à ce que le lecteur s'aperçoive comme Deckard, qu'il doit se méfier de tout. Avec, en points d'orgues, quelques scènes anthologiques : l'ouverture ; la clinique vétérinaire ; les retrouvailles avec J F Sebastian et Priss, misérable créature, réplicante détruite (tuée ?) par Deckard et « réparée'' par Sebastian, pathétique figure déshumanisée...
     Bref, et au-delà des préjugés, Jeter signe ici un fort bon livre, palpitant et porteur de son lot de réflexions Une bien belle pierre de plus à « l'univers Blade Runner », création exemplaire de la science-fiction moderne constitutive de trois grands talents, mêlés mais autonomes Dick, Scott et Jeter.

ORG
Première parution : 1/4/1999 dans Bifrost 13
Mise en ligne le : 1/8/2001


     Californie, 2020. Rick Deckard, réfugié dans une cabane au milieu des bois, veille sur Rachael, qu'il a placée dans un sarcophage cryonique dans l'espoir de rallonger sa durée de vie, même s'il la réveille parfois pour passer quelque temps avec elle. À Los Angeles, son ancien patron, Bryant, est assassiné, et l'on apprend en même temps que certains réplicants ont peut-être échappé à la traque décrite dans Blade Runner. C'est à ce moment-là qu'apparaît Sarah, nièce de Tyrell et nouveau patron de la Tyrell Corporation. Souhaitant effacer toutes les traces des erreurs commises par le passé, elle fait appel à Deckard pour reprendre son ancien métier.
     La plupart des personnages de l'original font ainsi leur réapparition, parce que tel ou tel réplicant était modelé sur eux. Sarah est le modèle original de Rachael, ce qui évidemment pose quelques problèmes à Deckard. De même, le personnage de Batty (l'original, qui a servi à créer le principal réplicant de l'histoire précédente).
     Un livre inutile, comme toutes ces séquelles. Jeter a effectué un travail compétent, respectueux de l'original, bien mené. Il se trouve simplement que les interrogations sur la nature de la réalité ou de la vérité de l'humain sentent le réchauffé, le plaqué, même si quelques scènes, très enlevées, plus personnelles, relèvent un peu l'ensemble. Peut-être le roman aurait-il mieux fonctionné s'il s'était agi d'un livre de Jeter — hélas, ce n'est guère qu'un Philip K. Dick assez peu inspiré.
     Si vous êtes fan de Dick ou de Jeter, passez votre chemin. Si vous aimez Blade Runner, le film, ce roman devrait vous plaire, car on en sort en effet avec la nette impression qu'il s'inspire plus de l'adaptation cinématographique que de son modèle romanesque. Copier la copie n'était peut-être pas la meilleure solution, comme Rick Deckard aurait pu le dire à l'auteur...

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/3/1999 dans Galaxies 12
Mise en ligne le : 25/6/2000


     D'un livre plutôt mineur de Philip K. Dick, Ridley Scott a tiré l'un des chefs d'oeuvre incontestables du cinéma de science-fiction.
     D'emblée, le présent roman s'affirme comme une suite au film, sans grand rapport avec le roman, et Jeter se garde d'ailleurs bien, avec raison, de vouloir copier le style de Dick.
     En effet, le principal intérêt de cette suite est d'utiliser, de façon fort habile, l'imagerie remarquable et inoubliable du film. Ainsi, chaque page permet aux images de ressurgir, d'autant plus que nombreuses seront les scènes du film réanalysées dans le roman.
     Car si l'intrigue policière qui sert de prétexte à cette variante n'apporte pas de thème nouveau, elle permet de revoir les différentes scènes sous un autre angle et d'y déceler quelques contradictions, qui permettent de suspecter un possible complot et des enjeux plus importants.
     Selon sa sensibilité, on sera amusé ou agacé par le fait que beaucoup de personnages morts dans le film réapparaissent - d'une façon ou d'une autre... - , et par le fait que l'auteur joue sur l'ambiguïté de tous les personnages (humain ou réplicant ?) de façon assez systématique et moins subtilement que dans l'oeuvre de Dick.
     A condition d'accepter ce jeu, la lecture en est toutefois très agréable, et même si l'explication finale n'est guère convaincante, les amateurs du film prendront du plaisir à se replonger dans l'ambiance si particulière de Blade runner et à retrouver l'ensemble des personnages fascinants de cet univers glauque mais non dénué d'une certaine poésie morbide.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) (2000)

     Le sixième réplicant

     Pas de doute, on s'est trompé dans les comptes : un sixième androïde extrêmement dangereux, un « réplicant », erre dans les rues de Los Angeles. C'est Sarah Tyrell en personne, héritière de la Tyrell Corporation, l'entreprise qui a créé ces androïdes, qui retrouve le policier Deckard dans la forêt de l'Oregon où il s'est caché avec Rachael, la réplicante qui repose, entre sommeil et agonie, dans un cercueil de survie.

     Souvenez-vous, c'était à la fin du film Blade Runner. Deckard, tombé amoureux de Rachael, n'avait pu se résoudre à la supprimer et s'était enfui avec elle.

     Deckard est le dernier flic capable de repérer et d'éliminer le dernier réplicant en liberté. Raison pour laquelle on vient le chercher. Problème supplémentaire pour Deckard : Sarah Tyrell est la femme qui a servi de modèle à Rachael. Elle est autoritaire, intransigeante et impitoyable. Deckard, pris au piège, doit traquer le sixième réplicant.

     Mais combien de fois K.W. Jeter a-t-il donc visionné Blade Runner pour y découvrir la faille qui lui a permis de donner une suite à ce célèbre récit de Philip K. Dick ? Jeter a produit un roman percutant, au style coup-de-poing et à la couleur polar noir. Imaginez que dans cette ville détruite qu'est devenue Los Angeles, le gouvernement largue des conteneurs de secours social, sans trop s'occuper de savoir où ni sur qui ils s'écrasent... Conseil : revoyez le film avant de lire ce polar de SF palpitant.

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 7/8/2000
24 heures
Mise en ligne le : 7/9/2002

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