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L'Homme transformé - Récits d'angoisse

Orson Scott CARD

Titre original : Maps in a Mirror - The Changed Man, 1990

Cycle : Portulans de l'imaginaire vol. 1 

Traduction de Luc CARISSIMO & Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
Illustration de GESS

L'ATALANTE (Nantes, France), coll. La Dentelle du Cygne n° (5)
Dépôt légal : septembre 1999
Recueil de nouvelles, 272 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-84172-113-2   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Avec L'Homme transformé (Récits d'angoisse), commence la publication en quatre volumes des nouvelles d'Orson Scott Card, un genre où le créateur d'Alvin et d'Ender excelle particulièrement.
     Récits d'angoisse plus que de terreur, car « des trois formes de la peur, l'angoisse est la plus forte : c'est cette tension, cette attente qui naît quand on sait qu'il y a quelque chose à craindre mais qu'on n'a pas encore identifié l'objet de cette crainte  ».
     Ainsi :
     « Je n'écris pas d'histoires d'horreur. C'est vrai, il arrive à mes personnages des événements désagréables, voire terribles, mais je ne vous les montre pas en Technicolor. Je n'en ai pas besoin et je n'en ai pas envie parce que, pris par l'angoisse, vous imaginerez bien pire que tout ce que je pourrais inventer.  »

    Sommaire    
1 - Introduction, pages 7 à 10, Préface, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
2 - L'Homme transformé et le roi des mots (The Changed Man and the King of Words), pages 11 à 54, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
3 - Les Euménides dans les toilettes du quatrième (Eumenides in the Fourth-Floor Lavatory), pages 55 à 76, Nouvelle, trad. Luc CARISSIMO
4 - Quietus (Quietus), pages 77 à 95, Nouvelle, trad. Luc CARISSIMO
5 - Exercices respiratoires (Deep Breathing Exercises), pages 97 à 106, Nouvelle, trad. Luc CARISSIMO
6 - Commerce de gros (Fat Farm), pages 107 à 122, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
7 - Temps morts (Closing the Timelid), pages 123 à 140, Nouvelle, trad. Luc CARISSIMO
8 - Jeux sans frontières (Freeway Games / Hard Driver), pages 141 à 157, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
9 - Les Chants du sépulcre (A Sepulcher of Songs), pages 159 à 191, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
10 - Contrainte préalable (Prior Restraint), pages 193 à 208, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
11 - Souvenirs de ma tête (Memories of My Head), pages 209 à 217, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
12 - Enfants perdus (Lost Boys), pages 219 à 244, Nouvelle, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ
13 - Postface, pages 245 à 267, Postface, trad. Arnaud MOUSNIER-LOMPRÉ

    Prix obtenus    
Locus, recueil, 1991
Prix obtenus par des textes au sommaire :
Enfants perdus : Locus, nouvelle / Short story, 1990
 
    Critiques    
     Enfin est traduite en français la presque-intégrale des nouvelles de Card parue en 1990 sous le titre « Maps in a mirror » — les « Portulans » du sous-titre — , et il faut féliciter l'Atalante pour l'initiative. Le lecteur assidu de Card (ou des petits caractères en début de volume) notera bien sûr que quelques textes recoupent des recueils parus il y a longtemps chez Denoël, Card ayant procédé à un redécoupage thématique de l'ensemble de ses nouvelles.
     Il distingue quatre livres consacrés respectivement aux « récits d'angoisse », de « futurs humains », aux « fables et fantasmes », et finalement aux récits de « mort, amour et sainteté ». En termes de division par genres, on penserait à l'horreur, à la SF, à la fantasy, et aux histoires à thème religieux. Sauf que tout cela s'entremêle dans l'oeuvre de Card, et que la plupart des nouvelles présentées (et au moins quatre des onze du présent volume) utilisent l'attirail de la SF. Le découpage est plus fonction des émotions évoquées chez le lecteur — et Card sait s'y prendre pour les rendre intenses, et féroces, mettant souvent en scène une grande violence physique ou émotionnelle.

     Card fut au début de sa carrière un prolifique nouvelliste, et l'ensemble des « Portulans » est dominé (en quantité) par la période 1977-1981. Mais pas nécessairement en qualité — après des débuts foudroyants, Card a connu succès commercial et sévérité des critiques. La récession de l'édition l'a conduit à devenir au cours des années 80 salarié d'une entreprise de logiciels. D'où des à-coups, et des changements de cap, dans sa production. Une partie de ces événements sont retracés dans « Enfants perdus », dont les personnages sont Card lui-même et sa famille. Publié en 1989, ce texte (qui a enfanté un épais roman du même titre, « Lost Boys ») domine toutes les autres nouvelles du recueil, antérieures à 1981. Et il avait causé une polémique à sa parution, à cause du mélange inquiétant entre vie privée et invention littéraire. Une histoire de fantômes dont on ne sait pas qu'ils le sont... qui justifie à elle seule l'achat du recueil.

     Ce qui ne signifie pas que le reste soit inutile. D'abord pour la postface, bourrée de détails sur la genèse de chaque texte. Fascinants aperçus du processus de création de Card. Mais nécessairement incomplets ; comme l'auteur lui-même le dit très justement, « J'en suis venu à considérer que le meilleur d'un auteur 1 provient, non pas de ses idées conscientes, mais des impulsions et de ses bévues » (p. 252). C'est vrai pour tout écrivain, mais encore plus pour Card, qui écrit des histoires de péché et de châtiment dans lesquelles le péché et les pécheurs sont souvent les éléments les plus prenants. Prenons par exemple deux des textes forts du volume, « Les Euménides dans les toilettes du quatrième » et « Les chants du sépulcre ». Dans le premier, dont on peut regretter qu'il n'ouvre pas ici le livre comme c'était le cas dans l'édition originale, un homme est puni pour ses actes sexuels envers sa fille adolescente 2. Dans le deuxième, un psychothérapeute tombe amoureux d'une adolescente gravement handicapée (elle a perdu ses quatre membres) qui imagine un dialogue télépathique avec un pilote de vaisseau spatial. Ou est-ce seulement son imagination ? Peu importe, car la focalisation émotionnelle est sur cette relation presque aussi incestueuse (certes platonique), mais pas d'une nature différente de celle qui est châtiée dans « Les Euménides... » Et ça, Card ne l'a sans doute pas tramé consciemment.

     Peurs, mais aussi inquiétudes et frustrations (suis-je un mauvais écrivain ? Pourquoi suis-je obèse ?) se retrouvent de façon plus ou moins ouvertes, plus ou moins crédibles dans le reste de ce recueil, qui n'est jamais ennuyeux (à la différence des suites gonflées de certaines séries), et finalement très varié dans ses situations. Ne manquez pas ce recueil, et n'oubliez pas les suivants, surtout le quatrième.

Notes :

1. En fait, Card utilise le mot « storyteller », qui a des connotations bien différentes et correspond à « raconteur ».
2. Notons à ce propos que la traduction omet une phrase-clé : p. 67, à la fin du troisième paragraphe, après « Et le visage de Rhiannon » (qu'il vient de dessiner), il y avait dans le texte original « Mais pour sa fille Rhiannon, il ne put pas s'arrêter au visage ».

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/12/1999 dans Bifrost 16
Mise en ligne le : 20/1/2001


     Ce premier recueil de l'intégrale des nouvelles d'Orson Scott Card, auteur favori des éditions de l'Atalante avec notamment les Chroniques d'Alvin le Faiseur, reprend trois textes parus dans le recueil Sonate sans accompagnement paru aux éditions Denoël en 1982 (Les Euménides dans les toilettes du troisième, Quietus, Exercices respiratoires). Si l'ensemble de l'ouvrage appartient au registre de l'angoisse, on y trouve quelques textes de science-fiction traitant du clonage, du voyage dans le temps et d'entités extraterrestres.
     Commerce de gros présente un bon viveur ayant recours au clonage chaque fois que son embonpoint et les problèmes qui en résultent l'empêchent de s'adonner à ses vices. Dans Temps morts, de jeunes gens se suicident virtuellement dans le passé pour connaître les sensations de la mort. Le psychothérapeute qui tente d'égayer les journées d'une enfant-tronc croit qu'Anansa, l'esprit prisonnier d'un vaisseau stellaire sillonnant les étoiles, est issu de son imagination et symbolise son désir de se mouvoir (Les Chants du sépulcre).
     L'incertitude, d'autant plus cruelle qu'elle remet en question l'identité de la personne, est au centre de ces récits. Les personnages de L'Homme transformé et le roi des mots et des Euménides... culpabilisent à partir du moment où l'image qu'on leur renvoie d'eux ne correspond plus à celle qu'ils en ont. Il en va de même dans Contrainte préalable, où un écrivain prometteur a des doutes sur le talent de son ami, un génie auto-consacré qui n'a jamais achevé aucune œuvre ni rien publié  ; mais quelle gloire tirer de ses écrits quand on apprend qu'une commission de censure venue du futur interdit de publication les auteurs dont les œuvres modifient profondément la société de l'avenir  ? Il faut alors une bonne dose d'humilité ou de complaisance pour croire qu'on est malgré tout un auteur talentueux.
     Mais Card dispose des deux  : en témoignent ses commentaires sur la genèse de ces textes, qui sont autant de leçons d'écriture et de témoignages de son talent.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/12/1999 dans Galaxies 15
Mise en ligne le : 1/2/2001


 
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