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Maître des arts

William ROTSLER

Titre original : Patron of the Arts, 1974

Traduction de Philippe R. HUPP
Illustration de Pierre FAUCHEUX

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (1ère série, 1977-1981) n° 7036
Dépôt légal : 1er trimestre 1979
Roman, 320 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-253-02123-7
Format : 11,0 x 16,5 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     II est riche, puissant, admiré, adulé, sur cette Terre du XXIe siècle. II aime la vie, la beauté, les femmes et l'art, à une époque où, justement, tous les moyens sont offerts à l'art, et aux femmes, avec le sensatron, sculpture multi-sensoriel qui permet de recréer l'espace et l'émotion, qui reproduit la vie et la musique même de la pensée.
     Le sensatron, qui est peut-être plus que la vie. Un moyen de fuir. De mourir. De se recréer, hors de l'univers connu. Une porte sur l'ailleurs...
 
    Critiques    
 
     L'AVENIR DE L'ART
« Il y a des jours où on fait l'amour,
et il y en a d'autres où on baise » (p. 137)

     Passé presque inaperçu lors de sa sortie en 1975 dans la regrettée collection Antimondes (Opta), Maître des Arts méritait bien cette réédition, même si nous n'avons pas affaire au chef-d'œuvre annoncé par Philippe Hupp dans sa préface.
     A l'origine de ce premier roman de Rostler, une nouvelle qui fut, en quelques mois, reprise dans cinq anthologies majeures. Lorsqu'une nouvelle est étirée aux dimensions d'un roman, il est bien rare que le résultat obtenu soit pleinement satisfaisant. Maitre des Arts ne fait pas exception à la règle. La structure de l'œuvre, disparate et hétéroclite, avoue ses origines et se présente, en dernière analyse, comme une simple juxtaposition d'épisodes artificiellement reliés entre eux. De toute évidence William Rostler a fait peu de cas de son intrigue, celle-ci n'étant que le faire-valoir d'une longue et passionnante réflexion sur l'art et sur les femmes, réflexion de nature essentiellement subjective qui prend le lecteur comme confident. Discussion charnelle toute emplie de chaleur humaine qui s'enroule et se déroule autour de la personne de Brain Thorne, l'un des hommes les plus riches de la Terre, passionné d'art et de femmes.
     Car grand amateur d'art (et principalement du fabuleux « sensatron »inventé par Michaël Cilento), Brian Thorne l'est aussi — surtout ? — du beau sexe. Il sait goûter la femme, la savourer, la faire rouler cent fois sous la langue, la taster avec respect et délicatesse, délectation et pénétration. « Toute ma vie j'ai eu du mal à expliquer aux gens que l'art ne se trouve pas uniquement sur les murs des musées ou dans les salles de concert », affirme Brian Thorne. L'acte sexuel est art, et Brian Thorne est un artiste très doué.
     Brian Thorne/William Rostler. Créature et créateur se confondent, Rostler dans sa vie, Thorne dans son existence de papier, pour affirmer que « Accepter son moi sexuel et l'art revient à s'enrichir moralement. »

Denis GUIOT
Première parution : 1/7/1979 dans Fiction 303
Mise en ligne le : 23/11/2009


 
     ESTHETIC FICTION

     L'intéressante préface du traducteur, P.R. Hupp, dit l'essentiel sur l'ouvrage. A l'origine, une nouvelle au succès rapide, qui est gonflée aux dimensions d'un roman. La recette est connue : voir Des fleurs pour Algernon, Un cantique pour Leibowitz et tant d'autres. En général, la nouvelle séminale est meilleure. Ici, je n'ai pas pu comparer. Mais je me demande si la lourdeur de la 2° partie ne provient pas de cette nécessité de tirer un peu à la ligne. En revanche, la première partie est prodigieuse : rares sont les ouvrages de SF qui s'intéressent à la possibilité d'un art nouveau. Peu de choses à part Ballard (Vermillon Sands, Appareil volant à basse altitude) et Criptozoïc de Aldiss (au fait, quand le rééditera-t-on ?). Rares aussi les ouvrages où les liens entre mécène, artiste et modèle sont saisis avec cette acuité. Cette passion pour l'art chez un non-créateur est très bien montrée. Vaut le détour, malgré quelques longueurs.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/6/1979 dans Fiction 302
Mise en ligne le : 13/12/2009

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition OPTA, Anti-mondes (1975)


 
     Les histoires de la classe dominante ne sont pas toujours débilitantes, témoin le très beau récit de Rotsler qui, prenant pour héros un des plus riches hommes d'affaires du XXIe siècle, amateur d'art et de femmes, parvient à donner une densité étonnante à des personnages le plus souvent traités comme des stéréotypes, et une vérité magnétique à des situations qui se résolvent tout aussi souvent à de plats archétypes. Une sorte de sculpture holographique (le sensatron) qui finit par ouvrir une porte sur une autre dimension, deux merveilleux portraits de femmes (et deux belles histoires d'amour) comme on n'en lit pas souvent en SF, une longue balade sur une planète Mars au début de sa colonisation jamais aussi bien et aussi crédiblement décrite depuis Clarke, sont quelques-unes des richesses de ce livre étonnant. Sans doute sa construction est-elle cahotante (le roman provient d'une nouvelle, allongée par la suite) mais qu'importe puisqu'on-tient là un chef — d'œuvre — ou quelque chose qui en est bien proche.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/11/1975
dans Fiction 263
Mise en ligne le : 17/12/2014




 
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