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Le Mystérieux docteur Cornélius (tome 1)

Gustave LE ROUGE


Cycle : Le Mystérieux docteur Cornélius (omnibus)


Illustration de (non mentionné)
Illustrations intérieures de René PERRETTE

Jérôme MARTINEAU (Paris, France), coll. Gustave Le Rouge n° 2
Dépôt légal : 1966
Recueil de romans, 432 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 14,0 x 21,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Feuilleton en dix-huit épisodes, cent-douze chapitres et un épilogue. Ce volume contient les 6 premiers épisodes, ainsi que les couvertures en couleur des premières publications par La Maison du Livre Moderne en 1912, illustrées par René Perrette. Les 2 autres volumes annoncés en 4ème de couverture n'ont jamais été publiés.



    Quatrième de couverture    
Pas de texte sur la quatrième de couverture.

    Sommaire    
1 - Francis LACASSIN, Cornélius ou Fantomas raconté par Bernardin de Saint-Pierre, pages 9 à 23, Préface
2 - L'Énigme du Creek sanglant, pages 25 à 90, Roman
3 - Le Manoir aux diamants, pages 91 à 158, Roman
4 - Le Sculpteur de chair humaine, pages 161 à 225, Roman
5 - Les Lords de la "Main Rouge", pages 227 à 293, Roman
6 - Le Secret de l'île des pendus, pages 297 à 365, Roman
7 - Les Chevaliers du chloroforme, pages 367 à 428, Roman

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Le Mystérieux docteur Cornélius , 1984, Maurice Frydland (Série TV)
 
    Critiques    

                Ce livre s’ouvre sur une préface qui constitue sans doute une des plus belles envolées lyriques de Francis Lacassin. Mais celui qui lit ensuite le présent volume risque de rester partiellement sur sa faim, après avoir goûté les promesses de cette préface. En effet, Francis Lacassin offre une sorte de raccourci synthético-épique d’un roman dont ce volume ne contient que le tiers à peu près. En outre, la préface minimise notablement les défauts du roman, pour en exalter énergiquement les qualités. Or, les premiers ne sont pas moins réels, en ces pages, que les secondes.

                La faiblesse majeure de ce roman est son allure désuète. Celle-ci tient au ton de la narration, et au cadre dans lequel se déroulent de nombreux épisodes. Le ton de la narration, Lacassin le souligne très justement, est constamment placide et détaché : Le Rouge décrit les pires forfaits avec la passion d’un brocanteur faisant l’inventaire d’un grenier dont il veut liquider le contenu. Cela convient à merveille dans un récit dont les intentions sont humoristiques, mais l’auteur est bien éloigné de celles-ci dans ce cas particulier. Cette imperturbable tranquillité confère un rythme pesant au récit, et les événements de ce dernier en acquièrent un éloignement peu compatible avec le caractère de l’action.

                Quant au cadre, ce sont les scènes situées aux États-Unis qui rendent un son faux et involontairement ridicule. L’Amérique de Le Rouge est aussi fantaisiste que celle d’Alexandre Kazantzev dans Le chemin de la Lune (du moins Le Rouge a-t-il l’excuse d’avoir publié son roman en 1913, à une époque où les États-Unis étaient beaucoup moins connus de l’Européen moyen qu’ils ne le sont de nos jours). À un demi-siècle de distance, le lecteur éprouve quelque difficulté à prendre au sérieux les aventures de personnages qui évoluent dans un tel décor de pacotille.

                Cela dit, les événements racontés par Gustave Le Rouge se déroulent autour d’une lutte très classiquement manichéenne. Le mal est représenté par le mystérieux docteur Cornélius du titre. Allemand comme de juste (ne pas oublier la date de publication), Cornélius Kramm est l’inventeur de la carnoplastie ou sculpture de la chair humaine, qui lui permet de modifier à son gré les traits, la corpulence et même, apparemment, la taille des gens, ce qui permet des substitutions commodes de personnages. Il possède en outre une soif inextinguible de puissance, et c’est dans sa conquête de cette dernière qu’il rencontrera son adversaire. La trouvaille la plus plaisante de Le Rouge a consisté à faire de l’adversaire de Kramm une sorte de héros par hasard. En effet, Prosper Bondonnat est d’abord un naturaliste passablement génial, sans doute, mais surtout paisible, descendant de Jacques Paganel, de Pierre Aronnax et d’autres personnages créés par Jules Verne. D’ailleurs, il ne s’engage vraiment dans la lutte que vers la fin de ce volume, et c’est une des raisons pour lesquelles le lecteur reste sur sa faim.

                Autour de ces deux chefs de file, gravitent quelques Américains – les uns bons, les autres mauvais, tous milliardaires – un Anglais – excentrique mais également milliardaire – un certain nombre de jeunes filles – d’une chasteté toute vernienne (Lacassin promet bien quelques donzelles plus volcaniques, mais c’est pour les volumes suivants) – deux savants français, évidemment fiancés à deux des demoiselles – et ainsi de suite. Il y a en outre un certain nombre d’inventions mirobolantes (pierreries synthétiques, dispositifs contrôlant le temps) dont il est fait un usage généralement discret. Tout cela s’ordonne en un roman dont la mécanique a été assez bien préparée, et dont la lecture pourra apporter quelques heures de détente analogues à celles que procurent certains ouvrages de Jean de La Hire (il y a toutefois moins de supplices chez Le Rouge).

                Par les inventions mirobolantes, ce roman relève assurément de l’anticipation scientifique. Par le cadre, il a beaucoup plus vieilli que Le prisonnier de la planète Mars. Par la présentation de l’édition présente (qui reproduit des couvertures des fascicules originaux), on lui associe un charme décidément désuet. André Salmon, qui voyait en Le Rouge le « Jules Verne des midinettes », n’avait pas absolument tort.


Demètre IOAKIMIDIS
Première parution : 1/2/1968 dans Fiction 171
Mise en ligne le : 10/5/2020


 
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