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Lettres d'Arkham

Howard Phillips LOVECRAFT


Traduction de François RIVIÈRE
Illustration de MOEBIUS
Illustrations intérieures de Jean-Louis FLOCH

GLÉNAT , coll. Marginalia n° 2
Dépôt légal : 4ème trimestre 1976
Recueil d'articles, 80 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7234-0015-8
Format : 11,0 x 20,0 cm  



    Quatrième de couverture    
     H.P. Lovecraft appartient corps et âme à la grande famille des écrivains puritains de Nouvelle-Angleterre.
     Névropathe exemplaire, il vécut à Providence — Arkham pour les initiés — une existence tout entière vouée à l'exorcisme des démons de son imaginaire.
     D'où l'oeuvre fantastique que l'on sait.
     Sa correspondance participe de façon à la fois ironique et passionnée à ce douloureux mais aussi fascinant combat : pour la première fois, les lecteurs français sont à même de pénétrer dans le labyrinthe le plus intime du créateur magique de Démons et merveilles et de La Couleur tombée du ciel.
     Ces Lettres d'Arkham les y invitent.

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    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GLÉNAT, Marginalia (1975)


 
     Le jeune éditeur grenoblois Jacques Glénat vient de lancer une nouvelle collection, « Marginalia », petits livres allongés avec une belle illustration de couverture en noir et blanc (Moebius, Floc'h). Les deux premiers volumes sont un excellent petit roman policier de Maurice Leblanc, Les clefs mystérieuses (1932), où le suspens se double d'une pénétrante psychologie, et, dans le domaine qui nous occupe, un recueil d'extraits de la correspondance de Lovecraft traduits et présentés par François Rivière.
     François Rivière traducteur mérite une mention assez bien. Signalons-lui toutefois, entre autres lapsus, que « georgien » ne prend pas d'accent lorsqu'il ne s'agît pas de la Géorgie russe, mais de l'Etat américain, de l'époque, du style qui doivent leur nom au roi George (et non Géorge !) ; et qu'il aurait évité le non-sens : « une mort précoce due peut-être à l'indulgence de son penchant pour le cannabis », en se souvenant que « to indulge » signifie « céder à », « s'adonner à ». Quant à François Rivière préfacier, il mérite des éloges : sa présentation de Lovecraft, les repères biographiques qui suivent, ainsi que les « notes sur quelques auteurs cités par Lovecraft » seront une aide précieuse aux lecteurs connaissant mal notre auteur, et plus généralement la littérature anglo-saxonne.
     Beaucoup plus discutable est la présentation des extraits. Certes, François Rivière a eu raison de ne pas publier toutes les lettres, sans exceptions et sans coupures, dans leur ordre chronologique : il eût fallu un volume beaucoup plus gros, et seuls les spécialistes et les érudits y eussent trouvé leur compte ; personnellement, les « Correspondances complètes », style Pléiade, me font vite sombrer dans un profond ennui, et je suis très reconnaissant à François Rivière de m'épargner le temps et la peine d'extraire la substantifique moelle. Excellente chose aussi, d'avoir fait précéder chaque extrait d'un mot indiquant le sujet du passage, « Haschich », « Providence » (la ville, pas la protection divine censée écarter le mal !), « Lord Dunsany », « Femmes », « Chats », « Vieilles maisons ». Par contre, le destinataire est rarement mentionné, la date, jamais : c'est donc qu'on voulait faire une sorte de répertoire des idées de Lovecraft — impression renforcée par les lettrines splendidement lovecraftiennes, dues à Floc'h, qui mettent en relief chacun des titres ; en ce cas, pourquoi n'avoir pas classé les rubriques par ordre alphabétique ? On ne sait trop (faute de dates) si c'est l'ordre chronologique qui a été respecté ; on a plutôt l'impression qu'il n'y a pas d'ordre du tout ; et comme il n'y a pas d'index, les recherches ne sont pas faciles !
     Alors, je me suis fait un mini-index, et voilà ce que ça donne : Antiféminisme (p. 29 et 46), Bellicisme (p. 35 et 59), Démocratie (contre la) (p. 57 et 61), Enfance (regret de) (p. 45 et 60), Esthétisme (p. 48 et 58), Fascisme Fatalisme (p. 58 et 56), Horrible (esthétique de l') (p. 70), Force (culte de la) (p. 52), Impérialisme (p. 58), Matérialisme (p. 38) (contredit cependant par le reproche fait à Poe d'avoir, dans le Puits et le Pendule, utilisé des horreurs « trop spécifiquement physiques et d'origine humaine »), Racisme (p. 24, 46, 51, 57), Révolution (contre la) (p. 47), Terroir (goût du) (p. 36), Traditionalisme (p. 37).
     Tout ça, ça n'est pas joli-joli, hein ? On m'objectera que peu importe que Lovecraft ait été le réactionnaire le plus borné s'il a été un grand artiste, et que l'on peut faire abstraction de ses idées pour goûter ses créations. Je n'en suis pas si sûr. C'est en tant qu'artiste qu'il méprise « la racaille vociférante », incapable, selon lui, d'apprécier la Beauté, et qu'il demande un régime autoritaire pour la faire tenir tranquille pendant que l'élite créera « les éléments d'une vie qui vaille d'être vécue ». Un des éléments de ce monde, c'est « la belle race nordique », ce pourquoi il prône, en des lignes dignes de l'hitlérisme en train d'émerger à la fin de sa vie, « un type humain résultant d'une sélection physique, laquelle ne peut être obtenue que par une race absolument pure et saine ». On voit donc que les monstres dont il peuple ses récits sont l'inverse de son idéal génétique, et représentent par conséquent une projection cauchemardesque des « sous-hommes » qu'il hait et qu'il craint, « troupeau d'animaux grossiers » ! Les lignes ci-dessus ne pourraient-elles servir d'exergue à Rêve de fer ?
 

George W. BARLOW
Première parution : 1/12/1975
dans Fiction 264
Mise en ligne le : 2/12/2014




 
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