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La Cité d'en haut

André-François RUAUD


Cycle : Spica vol. 1 


Illustration de Marc SIMONETTI

MNÉMOS , coll. Icares
Dépôt légal : février 2006
Première édition
Roman, 352 pages, catégorie / prix : 18,50 €
ISBN : 2-915159-63-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Il y a dix-sept ans sur Spica, un triste matin, les colons se sont réveillés dispersés hors du palais qui les abritait. Personne n'a pu y pénétrer de nouveau. Et nul n'a jamais revu l'Empereur. Les hommes ont rebâti leur existence dans l'enchevêtrement de la ville au bord du Toit, la Cité d'en haut. Les hommes et les autres, centaures, hommes-chats, vampires, jeunesse rebelle aux anciens cultes...
     Tandis que grondent les ferments de la révolution, Ariel Doulémi, un jeune vampire idéaliste arpente les rues de la ville pour le compte de madame Ha, médecin et spécialiste du crime, et enquête sur de mystérieux assassinats...

     Éditeur, essayiste, spécialiste reconnu du merveilleux et de la science-fiction, André-François Ruaud, né en 1963, est un lecteur passionné des littératures de genre. Hommage aux grands détectives et aux mondes colorés de la fantasy, la Cité d'en haut place la ville au cœur de l'histoire et entraîne le lecteur dans un univers raffiné et baroque foisonnant de secrets.

     Une baleine-ciel naviguait tranquillement dans le ciel. Le mastodonte déchirait les nuages teintés d'ocre comme un cachalot fendant les vagues.
     — Belle bête, n'est-ce pas ?
     — Superbe, me répondit madame Ha avec un sourire rêveur. Ca faisait des années qu'il n'y en avait pas eu...

    Sommaire    
1 - Des ombres sous la pluie, pages 7 à 178, roman
2 - Des feux sous la lumière, pages 181 à 347, roman
 
    Critiques    
     Avant d'entamer la critique de cet ouvrage, notons que l'éditeur, Mnémos, oublie consciencieusement de mentionner qu'il est composé de deux parties dont la première, « Des ombres sous la pluie », fut publiée chez Bifrost / Étoiles Vives en 1999. Laquelle parution n'est d'ailleurs pas signalée dans la liste des oeuvres de l'auteur. Curieux... Toutefois, l'acheteur peu attentif qui aurait déjà acquis en son temps le volume précédent ne pourra totalement s'estimer lésé, puisque cette première partie a largement été réécrite par André-François Ruaud.
     Mais revenons à l'histoire : sur Spica, les gens vivaient dans un gigantesque palais, sous le règne de l'Empereur, personnalité quasiment déifiée par la population. Aussi, quand il disparut, tout le monde crut à une mauvaise blague, d'autant plus qu'ils s'étaient tous réveillés à l'extérieur du palais. Malheureusement, il leur fallut se rendre à l'évidence : l'Empereur était parti, et il leur incombait de rebâtir leur vie. L'intérieur de la bâtisse leur étant désormais interdit, ils élurent domicile sur le toit de celle-ci, dans la Cité d'en haut, ville en pente qui surplombe de manière prodigieuse les plaines. C'est dans cet univers que vivent Madame Ha, médecin et surtout enquêtrice de choc, et Ariel Doulémi, son assistant vampire. Toutes leurs facultés de raisonnement et de débrouillardise ne seront pas de trop pour résoudre les deux énigmes qui leur sont proposées.
     Monde original et mystérieux (que sont les baleines-ciel ? qui était vraiment l'Empereur ? pourquoi est-il parti ?...), Spica est au centre de ce roman, personnage à part entière. La Cité d'en haut est riche de lieux pittoresques, qui nous sont présentés au détour des enquêtes, un peu à la manière de guides touristiques vantant les mérites de tel panorama ou tel coin calme, à l'abri de la foule. Il n'est d'ailleurs pas innocent de se souvenir que l'auteur a coordonné au sein de sa revue Yellow Submarine deux guides consacrés aux villes de l'imaginaire que sont Londres et San Francisco. Ici, on flâne aussi d'un bout à l'autre de la ville, voire on en sort pour descendre dans la plaine ou au contraire pousser plus avant l'exploration du toit du palais. Ruaud est conscient qu'il tient un bon matériau avec la Cité d'en haut, et il sait nous faire partager son envie de la découvrir.
     Mais flâner n'est pas tout : après tout, il s'agit de deux enquêtes avec mort d'homme, il faut donc se lancer sur la piste des meurtriers. Ce qui est un nouveau prétexte pour cette fois-ci nous faire rencontrer les habitants de Spica, tous hauts en couleur et attachants. Le tandem formé par Madame Ha et Ariel est bien évidemment au centre, à la manière de Sherlock Holmes et Watson, ainsi que des personnages de Rex Stout auquel Ruaud veut ici rendre hommage. Mais les seconds rôles sont aussi très réussis : centaures, hommes-chats, politiciens ou révolutionnaires, tous ont un rôle à jouer dans l'histoire et l'auteur, que l'on sent veiller sur ses protagonistes avec bienveillance et complicité, évite tout manichéisme les concernant.
     Ces personnages, cité, hommes et hybrides, interagissent donc au cours d'affaires de meurtres ou de manoeuvres politiciennes. Si les intrigues développées par Ruaud se tiennent sans problème, on sera plus réservé sur la résolution des énigmes posées par les meurtres. En effet, Madame Ha semble sur un autre plan de raisonnement, tant sa perspicacité est infaillible. Elle dénoue ainsi des complots sans que le lecteur comprenne vraiment comment elle en arrive à ses conclusions. C'est là le (petit) point faible de ce roman, qui prive le lecteur d'une véritable immersion totale dans l'univers imaginé par André-François Ruaud. La Cité d'en haut est donc un livre éminemment sympathique, auquel il ne manquait sans doute pas grand-chose pour en faire une belle réussite.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 4/4/2006 nooSFere


     Auteur, éditeur, anthologiste, André-François Ruaud fait partie des talents pluridisciplinaires de la science-fiction hexagonal. Bonne nouvelle pour les lecteurs et lectrices attiré(e)s par son travail éditorial au sein des très respectables Moutons électriques, les rayons des libraires proposent deux ouvrages récents, un roman et un essai.

     [La partie de cette chronique consacrée à Science-fiction : une littérature du réel, coécrit avec Raphaël Colson, n'est pas reproduite ici — Note de nooSFere]

     Changement de décor radical avec non pas un, mais deux textes de fiction rassemblés en un seul volume sous le titre La Cité d'en haut aux éditions Mnémos — le premier des deux étant la réédition d'un volume autonome paru en 1999 aux éditions du Bélial' sous le titre Des ombres sous la pluie, ce que Mnémos oublie bien naturellement de préciser, y compris dans la bibliographie de l'auteur au début du présent volume... Seul aux commandes, André-François Ruaud invite son lecteur au voyage. Un voyage pertinent et poétique, à l'exacte convergence de la fantasy et de la science-fiction. Parti pris fascinant de la part d'un auteur dont on connaît l'érudition : planter un décor qui a tout de la fantasy (un palais gigantesque sur les toits duquel est installée la Cité d'en haut, peuplée d'exilés — forcés de quitter le palais et maintenus à l'écart par un mystérieux champ de force — de centaures, d'hommes-chats et de tout un bestiaire qui résonne comme autant de clins d'œils) et lui donner une assise réaliste inscrite dans la tradition du planet opera (une dispora humaine pangalactique, la colonisation de la planète, la modification génétique de certains habitants, etc.). Héros idéal de ces deux courts romans, Ariel Doulémi symbolise à la perfection ce mariage rondement mené : jeune homme bien sous tout rapport, mais également vampire (pas au sens fantastique du terme), car modifié par les hommes-chats et pourvu de deux canines rétractiles dont il se sert pour identifier les liquides qu'il peut aspirer. De fait, au service de Madame Ha, il a l'occasion de se heurter à un complot qui sème plusieurs assassinats par empoisonnement tout en participant à une révolution sociale longtemps contenue. Descriptions longues et parfois fatigantes, certes, mais humour, souffle et véritable hommage à une littérature qui n'a jamais peur du merveilleux. Si La Cité d'en haut est un vrai thriller, c'est également un vrai bon bouquin à réserver aux lecteurs et lectrices avides de références (un des personnage s'appelle Rex Stout, et ce n'est qu'un exemple). Les fans de Richard Morgan n'apprécieront pas, même s'il y a des poursuites à vélo...

Patrick IMBERT
Première parution : 1/7/2006 dans Bifrost 43
Mise en ligne le : 19/9/2007


 
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