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Un monde d'azur

Jack VANCE

Titre original : The blue world, 1964/1966

Traduction de Patrick DUSOULIER
Illustration de Jackie PATERNOSTER

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7273
Dépôt légal : mai 2005
288 pages, catégorie / prix : 6,50 €
ISBN : 2-253-11281-X
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction

L'édition originale est celle de la "Vance Integral Edition" (VIE).



    Quatrième de couverture    
Il y a treize générations, un astronef-prison s’est écrasé sur un monde d’azur.
Un vrai paradis. Du soleil, la mer à perte de vue, des îles flottantes, des nourritures marines à profusion. Les castes des Détourneurs, des Voyous, des Canailles et des Publicistes se sont adaptées sans peine à cet environnement enchanteur.
Mais tout paradis a ses démons. Les Kragens sont des monstres marins semi-intelligents qui dévorent volontiers les réserves des humains.
Le plus redoutable d’entre eux est le Roi Kragen qui protège les humains s'ils le nourrissent.
Un protecteur de plus en plus avide à mesure qu’il grossit.
Mais comment s’en débarrasser sans armes et sur un monde liquide où le métal est introuvable ?
 
Un monde d’azur est l’œuvre maîtresse de Jack Vance dont on a déjà lu dans la même collection le cycle fameux des Princes-Démons.

    Sommaire    
 
    Critiques    
     Depuis plusieurs générations, une colonie terrienne, issue des rescapés du crash d'une navette, vit sur une planète marine, un vrai monde d'azur. S'ils ont réussi à dompter leur milieu, ils sont encore à la merci d'une redoutable espèce à laquelle ils vouent un culte respectueux : les Kragens, qui tiennent des céphalopodes géants. Le plus grand de ceux-ci, le Roi Kragen, passe pour le plus intelligent de tous. Les humains lui paient un lourd tribut alimentaire pour se concilier sinon ses bonnes grâces, du moins son indifférence à leur égard. Nul ne songerait à remettre en cause sa toute-puissance... Sauf peut-être Sklar Hast, intrépide assistant du Maître Transmetteur. Sklar Hast prétend mettre fin à ce racket insensé en se débarrassant une fois pour toutes du Roi Kragen. Mais comment exterminer un gigantesque monstre marin, alors que l'outillage de la colonie est rudimentaire ?


     Le lecteur retrouvera dans ce court roman ce qui fait la spécificité de l'œuvre de Jack Vance : un certain talent pour la description de mondes exotiques. Géographie, faune, société : en quelques pages, et grâce à de petites touches saisissantes de précision, Vance réussit à dépeindre un décor d'une cohérence suffisante pour créer un dépaysement efficace. L'histoire et les personnages, quant à eux, ne s'embarrassent pas d'une grande complexité : Sklar Hast, le protagoniste, rappelle le Kirth Gersen de la Geste des Princes-Démons par sa résolution et sa relative infaillibilité. L'histoire elle-même n'est pas sans évoquer un célèbre mythe littéraire : Moby Dick, mais également d'autres récits maritimes du XIXe siècle (Stevenson, Poe, Verne). Avec Un monde d'azur, Jack Vance nous livre donc un récit d'aventures distrayant et dépaysant, bien dans sa manière — à cent milles nautiques d'une science-fiction psychologique ou intellectuelle. Il en faut pour tous les goûts !

     Ajoutons quelques mots sur la préface signée par Gérard Klein, dont la longueur peut surprendre si on la rapporte à l'épaisseur du roman qu'elle précède. C'est qu'elle s'intéresse autant audit roman qu'à la pentalogie récemment rééditée au Livre de Poche, et que j'ai évoquée plus haut : la Geste des Princes-Démons. On peut facilement imaginer que des raisons d'ordre éditorial ont empêché le directeur de collection d'insérer ce texte dans l'un des cinq tomes de la célèbre saga, ce qui est un peu dommage pour les lecteurs qui l'ont appréciée. Quoi qu'il en soit, ce texte introductif est fort intéressant, même si certains raccourcis sont à même d'occasionner quelques haussements de sourcils (comparer implicitement les motivations de Proust et de Frank Herbert dans la rédaction de leurs cycles romanesques respectifs me semble notamment aller dans l'excès inverse de celui qu'il condamne — la stigmatisation systématique des auteurs de SF qui auraient recours à la saga pour des motifs purement financiers).

     Nous terminerons en soulignant à l'intention des admirateurs de Jack Vance que cette réédition d'Un monde d'azur s'accompagne d'une nouvelle traduction du roman signée Patrick Dusoulier, l'une des parties prenantes du projet Vance Integral Edition, dans lequel s'insère ce texte. C'est un bon prétexte pour le redécouvrir.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 1/8/2005 nooSFere

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (2003)


     Un océan. Immense, à perte de vue. Au milieu, quelques îles paradisiaques, peuplées d'hommes organisés en castes. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s'il n'y avait le Roi Kragen. Cette énorme créature marine règne sur l'archipel par l'intermédiaire des Médiateurs, des hommes qui communiquent visiblement avec lui sans que l'on sache par quel truchement. En échange de sa protection contre les autres créatures marines (essentiellement des Kragens de taille plus modeste), les hommes le vénèrent et lui fournissent de quoi contenter sa faim dévorante d'éponges.

     Le héros de ce roman, Sklar Hast, est le premier assistant du Maître Transmetteur — la caste qui permet aux îliens de rester en contact permanent les uns avec les autres. Personnage déchiré entre son envie de mettre fin à l'immobilisme de certains de ses proches et son respect des traditions, sa vie va basculer le jour où il comprend que l'Homme peut assurer tout seul sa sécurité et se défaire du joug du Roi Kragen. Dès lors, il n'aura de cesse de dynamiter les acquis de sa société, et sera prêt pour cela à semer le chaos. D'où émergera — il l'espère — un monde où lui et les siens pourront regarder les flots sans crainte.

     Les ingrédients propres au dépaysement vancéen sont là : des îles idylliques, des créatures étranges (le Kragen, assez différent du monstre mythique kraken dont le nom s'inspire pourtant), une société très minutieusement créée, différente et crédible, dans sa technologie comme dans son organisation — qu'on imagine très ancienne. Quelques pages suffisent à Jack Vance pour nous la décrire, puis il plonge très rapidement ce système dans le chaos, à la suite de la tentative de Sklar de tuer un petit kragen. Dès lors, le rythme trépidant ne faiblira jamais, hormis lors d'assemblées qui sont autant de procès (tradition romanesque et filmique chère à l'Amérique). Du coup, une fois qu'on tient ce livre, on ne le lâche pas, d'autant plus qu'il est assez court (à peine deux cents pages). On regrettera peut-être la fin un peu précipitée — on aurait aimé une scène finale épique de lutte contre le Roi Kragen — mais on conseillera sans problème la lecture de ce récit d'aventures inventif, exemple éclatant — à tous les sens du terme — de ce que peut écrire Jack Vance au mieux de sa forme.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/9/2003
Bifrost HS2
Mise en ligne le : 9/1/2005


 

Edition LIVRE DE POCHE, SF (1ère série, 1977-1981) (1978)


 
     LE VIETNAM ? TSCHAI

     Je ne veux pas laisser passer cette réédition sans saluer le grand méchant Vance. Comme le signalent Jacques Sadoul dans son Histoire de la science-fiction moderne (J'ai Lu) et Bernard Blanc dans son livre, Pourquoi j'ai tué Jules Verne (Stock 2), Vance était de ceux qui avaient signé le fameux manifeste : « Nous, soussignés, croyons que les Etats-Unis d'Amérique doivent rester au Vietnam pour remplir leurs responsabilités envers le peuple de ce pays, » (Jacques Sadoul, Histoire de la science-fiction moderne, p. 258 de l'édition Albin Michel).
     La guerre du Vietnam ? C'est vieux, tout ça. Maintenant, il y a les Khmers rouges qui semblent sortis tout droit d'un roman de Vance : science-fiction ou heroic-fantasy ?
     Désolé, mais ce salaud de Vance a écrit quelques-uns des meilleurs romans d'actions et d'aventures de notre époque, et ce sont en même temps, pour la plupart, de belles histoires de science-fiction.
     Moins brutal et moins sanguinaires que Tschaï, Un monde d'azur est également moins coloré, mais aussi excitant et passionnant que le meilleur des quatre volumes de Tschaï qui est (prière d'écrire vous-même le titre ici...).
 

Michel JEURY
Première parution : 1/6/1978
dans Fiction 291
Mise en ligne le : 9/7/2010




 
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