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La Glace et la Nuit, Opus un : Nigredo

Léa SILHOL


Cycle : La Glace et la Nuit vol. 1


Illustration de Amandine LABARRE
Illustrations intérieures de Dorian MACHECOURT

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES (Lyon, France), coll. Nouvelles et Romans n° (16)
Dépôt légal : mars 2007, Achevé d'imprimer : mars 2007
376 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-915793-29-1
Format : 13,0 x 20,0 cm  
Genre : Fantasy

Tirage initial de 2500 exemplaires, dont 50 numérotés et signés, 26 exemplaires lettrés et signés sous coffret spécial et 3 exemplaires pour l'auteur et les éditeurs.



    Quatrième de couverture    
     Le vent a soufflé sur le Royaume... En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l'un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ses espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde. Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s'avance sur l'échiquier de sa souveraine, sans se douter qu'il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu'ait connu la Féerie. S'avance, tandis que le temps coule comme de l'eau... À travers les pièges des fiefs d'Ombre. Les envoûtements de Nicnevin. Les chasses unseelie et les jeux de Lumière. Les plans des Monarques des Trois Clartés. Les alliances avec les dieux étrangers. Les épées élevées des Nishven et l'art antique des filidh. Les routes à créer et les héritages à accepter. Sur les pas d'Angharad et Finstern, jusque dans leur volontaire exil. Vers la fracture des Cours, la guerre contre la Mortalité, et vers la promesse de la plus périlleuse des Cours. Vers l'espoir de Seuil. C'est dans la conquête des passages et des clefs, et sous l'égide des anciens Trésors des Tuatha de Danann, que commence à se tisser le deuxième chant majeur du monde de Vertigen.
 
     Léa Silhol nous livre enfin la suite du destin de Finstern et Angharad, deux cents années après les événements de La Sève & le Givre ("Un petit chef d'oeuvre fait d'Ombre et de Lumière; Et un indispensable de la fantasy. Déjà." - Elegy).

    Sommaire    
 
    Critiques    
     À la fin de La Sève et le Givre, Angharad avait renoncé au pouvoir. Deux siècles après, la Cour d'Hiver a de nouveau besoin d'elle. Gaemred, la Reine des Neiges, envoie Kelis Demi-Cœur à sa recherche, comptant sur son sang-mêlé pour affronter les terres de Mortalité. Il les parcourra, et bien d'autres encore, comme les terres du Nord vers la Cailleach, l'esprit de l'Hiver et les Cours Unseelie, pour trouver Finstern, l'Obscur, qui aime Angharad.

     Si ces quelques mots replacent l'histoire de Nigredo, le premier opus de La Glace et la Nuit, dans son contexte, ils sont impuissants à évoquer le souffle épique et poétique qui anime ce roman de bout en bout. La narration fait alterner le journal de voyage de Kelis et un récit à la troisième personne émaillé de dialogues qui sont autant de conversations vives, spirituelles — les fées aiment à jouer, entre autres avec les mots — et riches en enseignements. Par moments le langage des fées se fait plus incisif, plus mordant ; à d'autres, il est plus chantant. Ce n'est jamais gratuit. La moindre variation dans le ton du conte a une logique : elle amène le lecteur exactement là où l'auteur le veut. Les personnages sont séduisants, fascinants même, qu'ils soient Monarques parmi les fées ou à demi humains, comme Kelis qui, toujours, doute de lui et de son talent de fili. Quant à la quête dans laquelle se lanceront Angharad et Finstern, là se révèle tout le talent de Léa Silhol. La construction mythologique et symbolique est à couper le souffle, et superbement illustrée par Dorian Machecourt qui s'est inspiré de gravures de livres d'alchimie.

     Nigredo n'est pas seulement un roman de fantasy passionnant écrit dans un style de toute beauté. C'est aussi le lieu où se rejoignent folklore féerique, mythologie grecque et légendes celtiques, où se rencontrent tous les univers créés par Léa Silhol pour n'en faire qu'un seul, d'une ampleur et d'une profondeur étonnantes, mais aussi d'une cohérence rigoureuse. Les lecteurs qui connaissent les autres textes de Léa Silhol, ont ainsi le plaisir de déceler des liens avec les nouvelles de La Tisseuse, contes de fées, contes de faille, en particulier « Le Vent dans l'Ouvroir », et des allusions à Musiques de la Frontière, pourtant situé dans un lointain avenir. Cependant, ceux qui n'auraient jamais rien lu de Léa Silhol, pas même La Sève et le Givre, ne devraient avoir aucun mal à entrer dans l'histoire ; ils en sortiront seulement avec le profond désir de découvrir tout le reste.

     La Glace et la Nuit est un roman qui fera date. Son seul inconvénient est qu'après avoir dévoré plus de 350 pages, le lecteur n'a qu'une hâte : lire au plus vite le second tome, Albedo. Sa parution étant prévue aux Moutons électriques début 2008, il n'aura pas trop longtemps à attendre.


Lucie CHENU
Première parution : 12/5/2007 nooSFere


     Nouveau roman et — surprise — nouvelle exploration de l'univers foisonnant de Vertigen, qui vaut à Léa Silhol son qualificatif de fantasyste shakespearienne, « La Glace et la nuit » se décline en diptyque, Nigredo n'en formant que le premier volet. Les fans comme les néophytes (re)découvriront un monde proche de Faërie, anges et dieux grecs en plus, livré par une Léa Silhol en grande forme. Style soutenu, narration fluide, poésie et punkitude (oui oui !) y côtoient féminisme, engagement politique et réflexion plutôt profonde sur les motivations d'un genre humain décidément compliqué (« humain » à prendre au sens large, évidemment). Preuve que la fantasy sait aussi être une littérature d'idée, dès que les auteurs s'éloignent des standards aussi éprouvés qu'éprouvants. Double paradoxe avec Nigredo, dans la mesure ou l'auteure reprend à son compte les clichés du genre, mais, à l'image du travail d'Elizabeth Hand ou de Robert Holdstock, les avale tout crus pour mieux les digérer et en tirer quelque chose de totalement neuf. Ce qui frappe le plus dans ce premier tome de « La Glace et la nuit », c'est son côté éminemment silholien. Autant dire que les habitué(e)s apprécieront et que les autres ont intérêt à apprécier. Autant dire aussi que pour le lecteur qui n'accroche pas d'entrée de jeu, mieux vaut refermer le livre et passer à autre chose. Nigredo concerne avant tout un public de convaincus. Et si vous l'êtes, il y a très peu de risques que vous soyez déçu(e)s.

     Sans déflorer l'intrigue, on peut tout de même révéler que Finstern et Angharad sont de retour, deux cent ans après La Sève et le givre (disponible en poche dans la collection Points « Fantasy »), que le petit peuple est toujours aussi réactionnaire et que ceux et celles qui aspirent à plus de liberté sont condamnés à foutre le feu. Surprenant ? Pas tant que ça. D'abord parce que les personnages de Léa Silhol sont presque tous en rupture, en révolte ou en quête, et que ces trois états s'accommodent assez mal d'une quelconque forme d'autorité. Ensuite parce que la politique est affaire de quotidien et que les royaumes figés sont forcément condamnés au dégel. De fait, suivre les aventures à la fois sérieuses et souvent très drôles (notamment celle de Kelis, vraiment lassé par les simagrées du petit peuple) d'êtres éthérés, fluides et beaux, laisse les lecteurs sur un petit nuage très aérien, sans que jamais le rythme ne retombe ou que l'intrigue s'essouffle. Nigredo apparaît donc pour ce qu'il est : un excellent livre, une histoire à la fois précieuse et belle, envoûtante et éternelle, sertie dans un écrin codé, tellement codé qu'il risque d'en surprendre (et donc d'en rebuter) plus d'un. En attendant, Léa Silhol nous prouve que la fantasy française existe comme entité autonome et que sa profonde originalité pourrait bien donner quelques idées aux autres.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/7/2007 dans Bifrost 47
Mise en ligne le : 7/11/2008


 
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