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Histoires mystérieuses

Isaac ASIMOV

Titre original : Asimov's Mysteries, 1968
Première parution : États-Unis, New York : Doubleday, 1968

Cycle : Histoires mystérieuses (omnibus)

Traduction de Michel DEUTSCH
Illustration de Éric SCALA

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 122
Dépôt légal : novembre 2007
Recueil de nouvelles, 448 pages, catégorie / prix : F8
ISBN : 978-2-07-042680-5   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Prisonnier de son embonpoint et ennemi juré des voyages, le célèbre Dr Urth, extraterrologiste émérite, ne s'est jamais éloigné de son domicile. Cependant, ce savant en pantoufles possède une connaissance si parfaite des planètes étrangères et de leurs habitants que c'est à lui que la police a le plus souvent recours pour démasquer les criminels intergalactiques.
     Ainsi, pour notre plus grande joie, assistons-nous au mariage heureux de la science-fiction et de l'intrigue policière. Du crime parfait sur la Lune aux aventures d'un James Bond de l'an 4000 agressé par les filles de l'espace, le grand mérite du Dr Urth — et de son créateur — sera de ne jamais faire appel à d'opportuns gadgets futuristes pour résoudre les énigmes, mais à la pure et simple logique.

     Figure emblématique et tutélaire de la science-fiction, Isaac Asimov (1920-1992) s'est imposé comme l'un des plus grands écrivains du genre par l'ampleur intellectuelle de ses créations littéraires. Il se rendit mondialement célèbre grâce aux séries Fondation et Les Robots.

    Sommaire    
1 - Introduction, pages 9 à 13, introduction, trad. Michel DEUTSCH
2 - Chante-cloche (The Singing Bell), pages 15 à 46, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
3 - La Pierre parlante (The Talking Stone), pages 47 à 83, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
4 - Le Patronyme accusateur (What's in a Name? / Death of a Honey-Blonde), pages 85 à 114, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
5 - La Cane aux œufs d'or (Pâté de Foie Gras), pages 115 à 142, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
6 - Cache-cash (A Loint of Paw), pages 143 à 148, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
7 - A Port Mars sans Hilda (I'm in Marsport Without Hilda), pages 149 à 174, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
8 - Au large de Vesta (Marooned Off Vesta), pages 175 à 203, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
9 - Anniversaire (Anniversary), pages 205 à 233, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
10 - Mortelle est la nuit (The Dying Night), pages 235 à 281, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
11 - La Poussière qui tue (The Dust of Death), pages 283 à 304, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
12 - Le Carnet noir (Obituary), pages 305 à 336, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
13 - La Bonne étoile (Star Light), pages 337 à 346, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
14 - La Clef (The Key), pages 347 à 401, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
15 - La Boule de billard (The Billiard Ball), pages 403 à 438, nouvelle, trad. Michel DEUTSCH
 
    Critiques    
     On l'a vu avec Xavier Mauméjean 1, Isaac Asimov a mélangé avec succès le genre policier à la science-fiction dans plusieurs de ses romans, dont Les Cavernes d'acier ou Face aux feux du soleil. Parallèlement, il a rédigé de nombreuses nouvelles reprenant ce principe. Quatorze d'entre elles sont réunies dans ces Histoires mystérieuses. On peut laisser de côté « Au large de Vesta » : pas d'énigme, pas de meurtre. Ce texte n'est là que pour servir de support à « Anniversaire », qui reprend les mêmes personnages, quelques années plus tard, avec une vraie enquête cette fois-ci. Le point commun des treize autres ? Une volonté de l'auteur d'offrir une véritable énigme. Il faut, selon Asimov lui-même, « être honnête avec le lecteur », à savoir mettre à disposition, dans chacune de ses histoires, tous les éléments permettant au Sherlock de l'espace en herbe que nous sommes de résoudre le problème posé avant les dernières lignes.

     Pour nous aider à découvrir les criminels, Isaac Asimov fait intervenir à plusieurs reprises un détective un peu particulier : le docteur Wendell Urth. Spécialité : extraterrologiste renommé. Caractéristique : a une peur panique de tous les moyens de transport existant. Malgré ce défaut en principe gênant pour sa profession, il s'avère capable de résoudre n'importe quel problème de logique. Et donc de confondre à tout coup l'assassin. Et cela, depuis son appartement, qu'il ne quitte qu'à de très rares occasions. On reconnaît ici l'habitude qu'a Asimov de glisser dans la plupart de ses textes une once d'humour et de légèreté.

     Même quand il ne met pas en scène ce personnage haut en couleurs, l'auteur utilise des recettes identiques. La science et les scientifiques (l'image qu'il donne de ce milieu est tout sauf flatteuse : jalousies, mesquinerie, meurtres...) sont au cœur de ses nouvelles. Certaines d'entre elles donnent lieu à de véritables petits exposés, pas toujours faciles à suivre malgré les talents de vulgarisateur du bon docteur (« La Cane aux œufs d'or »). Un trait qui confère à plusieurs récits une tonalité assez désuète, tant la science a progressé, tant certaines notions sont aujourd'hui dépassées. Mais cela n'empêche aucunement de profiter des histoires : les scénarios sont solides, la logique implacable. On se contentera d'esquisser un petit sourire devant l'évocation de notions désormais obsolètes.

     Tous les récits contenus dans ce recueil ne se valent pas, bien sûr. Quand l'auteur essaie d'écrire un texte « égrillard » et obtient selon lui une « aventure de type James Bond », l'ensemble a souvent un côté gentillet, voire risible (« A Port Mars sans Hilda », par exemple, tout ce qu'il y a de dispensable). Mais « Le Carnet noir » ou « La Boule de billard », avec leurs personnages cyniques et implacables, « Chante-cloche » ou « Mortelle est la nuit », avec le savoureux docteur Urth, suffisent à faire de la lecture de ces Histoires mystérieuses un moment de plaisir, quand bien même ce plaisir se révèle quelque peu suranné ; il n'en est pas moins réel.

Notes :

1. Allusion à son article La science-fiction noire d'Isaac Asimov dans le même numéro de Bifrost. [Note de nooSFere]


Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/4/2012 dans Bifrost 66
Mise en ligne le : 19/5/2013

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2003)


     (Critique commune des Dieux eux-mêmes et des Histoires mystérieuses)

     Lorsqu'on a découvert la SF avec Asimov, ou presque, entre J'ai lu et Denoël, à une date non précisée (tempus fugit), la nostalgie et une sorte de tendresse conduisent à penser que les autres, les jeunes (les veinards), devraient faire de même. Et à se réjouir de rééditions chez Folio. Et à envoyer au diable ceux pour qui tout cela est vieillot. Démonstratif et abstrait. Pas très bien écrit. Pas assez baroque. Pas flamboyant. Après tout, côté polar, on continue à lire Agatha Christie. Ce qui n'empêche pas de lire aussi des auteurs « modernes ». Or si la SF n'est pas pluralité, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle.
     Les Dieux eux-mêmes, très salué lors de sa parution en 1972 (prix Nebula, Hugo et Locus), présente bien des caractéristiques d'un roman de l'Age d'Or. Collage de trois novellas sans unité de lieu (la Terre, un monde parallèle, la Lune) ni de personnages, ou fort peu, mais si imbriquées qu'on se demande comment réagirent ceux qui les lurent séparément. Impossibilité scientifique rendue plausible comme point de départ. Enjeu démesuré (la survie de deux univers). À-côtés qui le sont tout autant (expliquer le big bang !). Pincée de pouvoirs psy (point trop : on n'est pas chez Van Vogt). Personnages liés aux milieux scientifiques. Style sans effets, voire plat, avec juste de curieuses numérotations des chapitres, comme une fausse concession à une littérature plus expérimentale. Rationalisme affiché. Foi dans la science, infiniment dangereuse entre les mains d'imbéciles prétentieux mais qui permet in fine de remédier aux pires errements. Et, autre concession aux temps, une façon de parler du sexe peut-être gauche, mais aussi ironique, décalée, libérale ou libertaire contre les autoritarismes et les puritanismes, entre extraterrestres gazeux autorisant tous les décalages et société lunaire peu pudibonde — ce qui n'interdit pas d'y développer une relation très « fleur bleue ». Avec tout ça, la pompe à énergie infinie qui fait la gloire d'un crétin prétentieux risquant de déclencher une catastrophe définitive, il faut sauver le monde. En essayant de faire éclater la vérité dans les trois lieux déjà invoqués. Occasions d'explorer des univers étrangers (y compris le premier, celui des fausses gloires et des autoritarismes universitaires). Et vous ne comptiez tout de même pas sur Galaxies pour vous en raconter davantage ? Allez lire le roman. En profitant de ce que les scories de la première traduction ont été gommées par Sylvie Denis, qui a fait un travail formidable.
     Et profitez-en pour lire les Histoires mystérieuses. Quatorze nouvelles, énigmes policières avec un faible pour les solutions liées à la difficulté à se réadapter à notre vieille Terre, mais aussi avec deux messages fort cryptés, un simulateur prétendument sous l'effet d'une drogue, un crime sans enquête mais avec machine temporelle, un assassinat par boule de billard et antigravité, un sauvetage macgyveresque ante lineram débouchant vingt ans après sur une énigme, une affaire nullement science-fictive mais menée parmi des scientifiques, deux pochades expliquant l'une comment une poule pond des œufs d'or, l'autre comment justifier un infâme calembour, plus une affaire de sauts dans l'espace-temps sans rapport avec le reste, mais évitant d'être treize à table. Les méchants grinceront que le coupable est toujours le colonel Moutarde dans le salon avec le chandelier, mais ils sont injustes, on vient de le voir. Peut-être n'aiment-ils pas la SF classique, fondée sur des hypothèses paradoxales et une logique en béton armé. Qu'ils n'en dégoûtent pas autrui, lequel passera d'excellents moments à (re) découvrir ces textes. Sans arrière-pensée.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/4/2003
dans Galaxies 28
Mise en ligne le : 1/9/2005




 
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