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Les Fils de l'air

Johan HELIOT



Illustration de Benjamin CARRÉ

FLAMMARION (Paris, France), coll. Ukronie n° (3)
Dépôt légal : mai 2009, Achevé d'imprimer : avril 2009
Première édition
Roman, 304 pages, catégorie / prix : 15 €
ISBN : 978-2-0812-1237-4
Format : 14,5 x 22,0 cm  



    Quatrième de couverture    
     « — Le ballon ! Le Bourbon et l'Autrichienne sont dans le ballon !
     — Attrapons-les avant qu'ils ne s'envolent !
     Il ne faut pas qu'ils nous échappent !
 
     Suspendu entre ciel et terre, on se sent si léger,
     libre de toute entrave, qu'on se croirait devenu un ange,
     songeait Charlotte, le regard perdu dans le bleu azur.
     — Ne soyez pas triste, se méprit le roi. Nous sommes en vie.
     — Nous vivrons, répéta Marie-Antoinette, dans un sourire attendrissant.
     Charlotte aimait cette nouvelle complicité.
     Dire qu'il avait fallu que la France se soulève pour en arriver là ! »
 
1791, le destin de la France a basculé.
Louis XVI s'est réfugié aux États-Unis, où, avec l'inventeur
du ballon dirigeable, il fonde sa compagnie de transport aérien.
Très vite, les ballons se multiplient dans le ciel de l'Amérique ;
et donnent des envies de conquête...
Les hommes ont soif de pouvoir ;
les Fils de l'air mettent le monde à leur portée.
 
     ukronie : quand l'histoire se raconte autrement...
 
    Critiques    
[Critique commune à Secret ADN, Steppe Rouge et Les Fils de l'air de Johan Heliot]

     Promotion sur le Heliot ! Derrière cette affirmation péremptoire, un tantinet provocante, se cache un constat : Johan Heliot se consacre de plus en plus à la littérature jeunesse. En dehors de quelques nouvelles lâchées ici ou là (voir l'anthologie Dragons au sommaire de ce numéro) et d'un roman noir édité au Rocher (Passé censuré), genre qui semble attirer incontestablement l'auteur lorrain, c'est un euphémisme de dire que Johan Heliot se fait rare pour les amateurs d'une littérature plus « adulte » (ceci étant, nos informateurs nous signalent qu'Heliot travaille en ce moment même sur un ambitieux roman pour la collection « Rendez-vous ailleurs » du Fleuve Noir, mais chut...). Pas moins de trois (courts) romans destinés à l'adolescence constituent son actualité dans le domaine qui nous intéresse. Et même si la mention « tout lecteur » apparaît sur la quatrième de couverture, il semble légitime de s'interroger sur l'intérêt de lire ces livres ou à défaut d'aiguiller d'éventuelles connaissances juvéniles / membres mineurs de sa famille / élèves (entourez la proposition qui vous convient) vers l'un d'entre eux.

     Avec Secret ADN, [...] 1

     Avec Les Fils de l'air, on se prend à espérer le meilleur, l'uchronie étant le point fort de l'auteur. Hélas, à la lecture de l'ouvrage, notre enthousiasme est vite refroidi. La fuite aux Etats-Unis du roi Louis XVI et de sa famille sert de divergence initiale à une intrigue légère qui prend comme narrateur la fille aînée de l'ancien monarque absolu. Cependant, que les choses soient claires : si Johan Heliot prend le parti de réécrire l'Histoire, c'est avec l'intention de distraire son lectorat. Il ne s'embarrasse guère de la vraisemblance historique (ce qui surprend, surtout de la part d'un ancien professeur d'histoire), et se cantonne strictement aux effets ludiques qu'il peut tirer du réagencement des événements. En conséquence, peu importe si la causalité historique alternative paraît tirée par les cheveux. Peu importe si l'évolution psychologique des personnages historiques ne convainc pas vraiment. L'essentiel demeure de s'amuser. A l'instar des aventures du nomade du temps Oswald Bastable (sous la plume de Michael Moorcock), Les Fils de l'air se présente ainsi comme une friandise sans conséquence. Malheureusement, le roman souffre d'un grave déséquilibre ; un peu comme si Johan Heliot avait couru plusieurs lièvres à la fois. Ceci est surtout visible dans les quatrième et cinquième parties. Les événements s'y précipitent irrésistiblement et le propos de l'auteur se fait plus confus. Il hésite entre le récit utopique — la naissance de l'Acadia — et la charge anti-napoléonienne, pour en définitive opter pour un mélange des deux qui s'avère le pire des choix. Et ce n'est pas le dénouement précipité qui contredit cette fâcheuse impression. Dommage...


     Au final, on ne retiendra de ces trois romans que Steppe rouge — tant pour son souffle épique que pour son mélange réussi de suspense et d'aventure. Et on attendra le grand retour de l'auteur dans le domaine « adulte », en espérant qu'il se donnera le temps nécessaire à l'élaboration d'un livre mené de bout en bout...

Notes :

1. La partie consacrée à Secret ADN et à Steppe Rouge dans cette recension n'a pas été reproduite ici. [note de nooSFere]


Laurent LELEU
Première parution : 1/7/2009 dans Bifrost 55
Mise en ligne le : 27/10/2010


 
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