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Sous la bannière étoilée

Benjamin PERCY

Titre original : Refresh, refresh, 2009
Traduction de Renaud MORIN
Illustration de (non mentionné)

ALBIN MICHEL (Paris, France), coll. Terres d'Amérique
Dépôt légal : janvier 2009
Première édition
Recueil de nouvelles, 272 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-226-19064-2

Couverture © Image Source / Corbis.



Quatrième de couverture
     « On l’a laissé là, à sangloter au bord du cratère. On a enfourché nos motos et on est repartis pour Bend, en roulant si vite que je me suis imaginé en train de prendre feu, comme une météorite, me désintégrer dans un flash, hurlant pendant que la chaleur me consumait, tandis qu’on se dirigeait vers le centre de recrutement des forces armées où, enfin, l’on répondrait au terrible appel de la guerre, où l’on coucherait nos noms sur le papier et où nous ferions la fierté de nos pères. »

     La guerre d’Irak a vidé la petite ville de Tumalo, Oregon, de tous ses pères de familles. Deux jeunes garçons ont décidé de se venger sur le sergent recruteur, mais ce combat n’est-il pas un combat contre eux-mêmes ?
     C'est avec un même talent — regard distancié et écriture sobre — que Benjamin Percy évoque dans ces nouvelles les déchirements d’un jeune couple ou le destin étonnant d’un ours meurtrier. À chaque fois, il touche juste.

     « Benjamin Percy est certainement le meilleur jeune écrivain sur la scène littéraire américaine de ces dernières années. »
Brady Udall

     « Un conteur remarquable qui fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle pour évoquer les dangers et les peurs qui se sont récemment emparés de l’Amérique à l’aube de ce nouveau siècle. »
The Los Angeles Times
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Sous la bannière étoilée, pages 9 à 27, nouvelle, trad. Renaud MORIN
2 - Les Grottes, pages 29 à 49, nouvelle, trad. Renaud MORIN
3 - Les Bois, pages 51 à 70, nouvelle, trad. Renaud MORIN
4 - Les Liens du sang, pages 71 à 107, nouvelle, trad. Renaud MORIN
5 - Fusion, pages 109 à 141, nouvelle, trad. Renaud MORIN
6 - Murmure, pages 143 à 163, nouvelle, trad. Renaud MORIN
7 - Une pièce sans fenêtre, pages 165 à 198, nouvelle, trad. Renaud MORIN
8 - Quelqu'un va devoir payer pour ça, pages 199 à 220, nouvelle, trad. Renaud MORIN
9 - Crash, pages 221 à 235, nouvelle, trad. Renaud MORIN
10 - Quand l'ours est venu, pages 237 à 261, nouvelle, trad. Renaud MORIN
Critiques
     Décidément, la collection « Terres d'Amérique » réserve toujours de bonnes surprises. Après Craig Davidson et son excellent recueil, Un goût de rouille et d'os, voilà une autre révélation littéraire : Sous la bannière étoilée de Benjamin Percy, un jeune écrivain qui fonce droit dans le tas, sans faire de manières, et nous assène avec force quelques vérités bien senties sur l'Amérique d'aujourd'hui. Et là aussi, il s'agit de nouvelles.

     Au programme, dix textes à l'écriture nerveuse, aux thèmes dérangeants, avec pour unique décor les vastes paysages désertiques de l'Orégon. Benjamin Percy a grandi dans cette région de l'Amérique. Et à la lecture de son recueil, on s'en rend compte. Car tout sonne vrai : personnages, situations, lieux décrits... On sent que Percy sait de quoi il parle. Ce qui donne à ses nouvelles une authenticité et une densité assez rares. On y est et on y croit. D'autant plus que Percy ne fait pas le malin. Il raconte crûment. Il écrit à hauteur d'homme, sans effets racoleurs, mais avec une foi totale, une conviction absolue.

     Tout commence avec la nouvelle qui donne son nom au recueil, « Sous la bannière étoilée ». A Tumalo, une petite ville de l'Oregon, les pères de familles, réservistes pour l'armée, sont partis combattre en Irak. Deux jeunes garçons décident de mener leur propre guerre. Leur cible : un sergent recruteur qu'ils jugent responsable du départ de leurs pères... Dans « Les Bois », un père et un fils qui ne parviennent pas à communiquer partent chasser dans la forêt. Ils y découvrent le cadavre d'un homme, puis d'un deuxième. Au cœur de cette forêt qu'ils croyaient connaître, les voilà devenus un simple gibier confronté à la menace d'un prédateur invisible et impitoyable. Et cette fois, père et fils vont devoir faire front ensemble... Dans une autre nouvelle, intitulée « Les Grottes », un couple se déchire violement autour du souvenir d'un enfant mort-né. Pour redonner un sens à leur vie commune, il leur faudra traverser une étrange épreuve : pénétrer dans une grotte où vit une communauté de chauve-souris ; des chauves-souris dont la physionomie ressemble bizarrement à celle de leur bébé mort... Et dans « Les Liens du sang », un vieil homme, ancien combattant du Vietnam reconverti en taxidermiste, va régler à sa manière les problèmes conjugaux de sa fille Anne. Cette nouvelle, forte et intense, chargée d'émotions retenues, de non-dits entre un père et sa fille, est d'ailleurs très révélatrice. Ici, les « liens du sang » est une expression à prendre au sens littéral : le vieil homme communie avec son petit fils, Cody, en lui apprenant à dépecer des cadavres d'animaux, et quand il s'agit d'aider sa fille à la dérive, il n'hésite pas à faire couler le sang. C'est d'ailleurs une constante de ce recueil. Les nouvelles de Benjamin Percy n'ont rien du conte de fée. Les rapports humains ne sont pas simples, et conduisent souvent à une violence extrême. Et bien sûr, malgré le fait que l'intrigue de chaque nouvelle se situe dans l'Orégon, les thèmes abordés par Percy recouvrent une réalité qui s'étend à toute l'Amérique : traumatismes liés au conflit en Irak, obsession des armes à feu, et poids des traditions dans les rapports familiaux. A la manière de beaucoup d'autres écrivains, Percy braque sa loupe sur une région précise de l'Amérique, mais pour mieux nous parler de nous. Des hommes. Des femmes. Vieux ou jeunes. Pères, mères, et enfants. Et même si certaines nouvelles sont plus faibles, moins percutantes (« Crash », « Murmure »), et même si « Fusion », une nouvelle résolument S-F (l'action se passe en 2015, dans une ambiance post-apocalyptique à la Mad max), ne convainc pas entièrement, il n'y a aucun doute sur le fait que ce Benjamin Percy, c'est de la graine de grand écrivain, de ceux qui vous retournent l'épiderme en quelques phrases. Il en donne une preuve supplémentaire avec le dernier texte du recueil, « Quand l'ours est venu », ou comment un ours tueur vient bouleverser l'existence trop tranquille d'une petite ville Américaine. En résumé, Sous la bannière étoilée est un recueil qui mérite largement le détour, et qui impose d'emblée Benjamin Percy comme un auteur à suivre de très près.

Xavier BRUCE
Première parution : 1/4/2009 dans Bifrost 54
Mise en ligne le : 4/11/2010

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