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L'Océan au bout du chemin

Neil GAIMAN

Titre original : The Ocean at the End of the Lane, 2013
Première parution : William Morrow / HarperCollins, 2013

Traduction de Patrick MARCEL

AU DIABLE VAUVERT (Vauvert, France) n° (83)
Dépôt légal : juillet 2014
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 978-2-84626-803-5
Format : 12,9 x 19,8 cm  
Genre : Fantastique

D'après la couverture originale d'Adam Johnson. Photographie de couverture : (c) Lane Coder / gallery stock.



    Quatrième de couverture    
« LES
ADULTES
SUIVENT
LES CHEMINS.
LES ENFANTS EXPLORENT. »

     De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L'obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan...

     Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l'enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

     Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de « trésor d'histoires », Neil Gaiman est auteur de célèbres comtes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.

    Prix obtenus    
Locus, roman de fantasy, 2014
 
    Critiques    

            Alors qu’il revient dans la ville qui l’a connu enfant, un homme se souvient de ce qu’il y vécut à l’âge de sept ans…

            Ses parents louent une chambre à un vendeur de passage ; celui-ci, un homme inquiétant qui écrase le chat du garçon, vole un jour une voiture. Lorsque le véhicule est signalé stationnant sur une route de campagne, le narrateur s’y rend avec son père pour y découvrir que le voleur s’est suicidé dans le véhicule. Le garçon est alors emmené loin des lieux par une de ses voisines, une fille à peine plus âgée prénommée Lettie, qui le ramène chez elle. Il y fait la rencontre de sa mère et sa grand-mère, qui semblent connaître la nature des événements sans y avoir assisté. Elles parlent également de la mare derrière leur ferme, qui serait un océan vers un autre monde… Au contact de Lettie, le garçonnet découvre progressivement l’existence non seulement d’une certaine forme de magie, mais aussi de menaces bien réelles… qui semblent s’incarner dans la personne d’Ursula Monkton, la nouvelle locataire de la chambre de sa maison.

            Neil Gaiman a confié avoir écrit ce livre pour sa compagne, la chanteuse Amanda Palmer ; en partie autobiographique (l’anecdote sur le suicide est issue de ses souvenirs), L’Océan au bord du chemin était censé être une novella avant que Gaiman ne se rende compte qu’il venait d’écrire un roman… Un livre qui aurait bien pu obtenir le prix Hugo si son auteur ne l’avait pas déclaré inéligible – pour laisser leur chance aux autres, et parce qu’il s’agit plus de fantasy que de science-fiction (ce qui l’a pas empêché d’obtenir le prix Locus et d’être élu Book of the Year au Royaume-Uni).

            Premier livre pour adultes de Gaiman depuis près de dix ans, L’Océan… démarre très fort avec la noirceur des premières pages (la mort du chat, le suicide), puis la scène chez la famille Hempstock, où les trois générations de femme évoquent bien sûr des divinités mythologiques, manières de Parques déformées. Et la légende qui fait d’une simple mare un océan menant vers un autre monde est splendidement suggérée, attisant la curiosité du lecteur. Sauf que très vite, le livre retrouve l’habillage habituel des romans jeunesse de l’écrivain : des protagonistes enfants confrontés à des menaces incarnées par des êtres proches, et auxquelles ils vont s’opposer par la force de leurs convictions enfantines, qui céderont par là même la place à des considérations plus adultes. Et le roman, qui s’annonçait comme un renouveau dans l’œuvre de l’auteur, de basculer peu à peu dans la redite de ses livres précédents, notamment Coraline. Certes, Gaiman reviendra in extremis vers des rivages adultes, puisque le roman est un grand flash-back sur ces événements formateurs, mais il sera passé avant cela par un certain nombre de figures imposées qu’on croirait sorties de ses œuvres antérieures. Ce n’est pas désagréable, bien sûr – Gaiman a un vrai talent pour nous faire ressentir les émotions contradictoires vécues par ses protagonistes, et son imagination est toujours aussi débordante –, mais on ne peut s’empêcher de penser que le romancier est tout doucement en train de se mettre à radoter, voire à s’auto-parodier, ce qui est d’autant plus dommage pour un livre qu’il nous « vend » comme des plus personnels. Signé par un autre, L’Océan au bout du chemin aurait fait office de très bonne surprise. Sauf qu’on est en droit d’attendre plus surprenant, plus innovant, de la part de quelqu’un du calibre de Neil Gaiman.


Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/1/2015 dans Bifrost 77
Mise en ligne le : 6/5/2020


 
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