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L'Océan au bout du chemin

Neil GAIMAN

Titre original : The Ocean at the End of the Lane, 2013
Première parution : William Morrow / HarperCollins, 2013
Traduction de Patrick MARCEL
Illustration de William MILLER & Albert RICHTER

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantastique (2007 - ) n° 11376
Dépôt légal : février 2016, Achevé d'imprimer : 9 février 2016
Roman, 256 pages, catégorie / prix : 6
ISBN : 978-2-290-0-9177-7
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Fantastique



Quatrième de couverture
De retour dans la maison où il a passé son enfance, le narrateur se retrouve submergé par le souvenir des évènements étranges et tragiques qui ont marqué l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée; Lettie Hempstock, cette petite voisine qui lui affirmait que l'étang au bout du chemin était un océan; les monstres qui rôdaient dans les ténèbres... Pourquoi les a-t-il enfouis dans sa mémoire ? Qu'est-il réellement arrivé cette année-là ?
 
NEIL GAIMAN
L'auteur culte d'American Gods, Neverwhere, ou encore Stardust livre avec l'Océan au bord du chemin son oeuvre la plus personnelle, d'une rare force d'évocation, sur le passage de l'enfance à l'âge adulte.
 
Prix Locus, meilleur roman 2014
 
"Gaiman atteint là au plus haut de son art de conteur"
François Angelier, LE MONDE
Critiques

     « J’aimais les mythes. Ce n’étaient ni des histoires pour adultes, ni des histoires pour enfants. Elles étaient mieux que ça. Elles étaient, tout simplement. »

     Qu’est-ce que cet Océan au bout du chemin, le dernier en date des romans « adultes » de Neil Gaiman ? Un sentier creusé au cœur des mythes, comme pouvait l’être American Gods ? Un jeu moderne avec les contes traditionnels, lointain écho de Neverwhere et d’une belle somme de nouvelles ? Ou un roman « pour la jeunesse », cruel et poétique comme Coraline, qui se serait déguisé en roman « pour adultes » avec la louable intention de rendre à ceux-ci, pour un temps, une part de leur âme d’enfant ? Tout cela à la fois, sans doute. Mais « la vérité, c’est que les adultes n’existent pas », affirme Lettie, onze ans – et quand vous la connaîtrez mieux, vous ne pourrez que la croire, elle qui, au commencement des temps, a traversé l’Océan pour aborder notre monde.

     Cette petite fille, le narrateur l’avait oubliée : ce n’est qu’en arpentant les chemins de son enfance que la mémoire des événements ayant marqué l’année de ses sept ans lui revient. La fête d’anniversaire ratée, la mort du chaton tant aimé, l’indifférence des adultes, le suicide de cet homme inquiétant dans la voiture volée… Autant de souvenirs disparus qui s’imposent soudain – et d’autres, cohortes cauchemardesques de monstres et de terreurs. C’est qu’au bout de la route se dresse toujours la ferme Hempstock, où vivaient ces trois femmes étranges : la vieille et sibylline Mme Hempstock, sa fille Ginnie, et la petite Lettie bien sûr, celle-là même qui affirmait alors, sans rire, que la mare aux canards, au bout du chemin, n’était rien moins qu’un océan… Qu’est-elle devenue, Lettie ? Est-elle réellement partie en Australie, ce lointain jour d’enfance ? Ou sa disparition est-elle d’une manière ou d’une autre liée à ces bulles anciennes qui viennent subitement crever la morne surface d’une vie ?

     Le temps du roman, le narrateur a de nouveau sept ans. Et nous avec lui, alors que Gaiman nous guide sans faillir dans les méandres de la mémoire pour nous faire redécouvrir un âge de compréhensions intuitives, sans emprise sur un monde qui nous échappe et que les adultes s’entendent à faire déraper, mais dont on sait encore saisir les gemmes. Un monde où seules les choses réellement importantes ont l’éclat du vrai, un éclat masqué par l’oubli qui nous vient en grandissant. C’est à cette part essentielle de l’être, commune à l’enfant et l’adulte, que s’adresse ici un auteur en pleine jouissance de ses moyens. Il nous entraîne dans le merveilleux avec la force de l’évidence, se faufile entre la puissance implacable des mythes universels et la cruauté des contes, explore l’essence et les possibles d’une entière trajectoire humaine en quelques jours de la vie d’un enfant.

     Brillant et hautement recommandable, parsemé de scènes et d’images inoubliables, aussi prégnant parfois que le plus tangible des rêves, L’Océan au bout du chemin sonne toutefois comme le couronnement, plus que l’aboutissement, de thèmes et de figures désormais familiers sous la plume de son auteur. Avec ce roman intime, plus que tout autre nourri de souvenirs, Neil Gaiman donne le sentiment de ne rien risquer. Reste à souhaiter qu’à l’avenir, au prix, s’il le faut, d’une aisance admirable, il sache à nouveau nous surprendre – sans cesser de nous ravir.

Olivier LEGENDRE
Première parution : 1/4/2016 dans Bifrost 82
Mise en ligne le : 22/8/2022

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition AU DIABLE VAUVERT, (2015)

            Alors qu’il revient dans la ville qui l’a connu enfant, un homme se souvient de ce qu’il y vécut à l’âge de sept ans…

            Ses parents louent une chambre à un vendeur de passage ; celui-ci, un homme inquiétant qui écrase le chat du garçon, vole un jour une voiture. Lorsque le véhicule est signalé stationnant sur une route de campagne, le narrateur s’y rend avec son père pour y découvrir que le voleur s’est suicidé dans le véhicule. Le garçon est alors emmené loin des lieux par une de ses voisines, une fille à peine plus âgée prénommée Lettie, qui le ramène chez elle. Il y fait la rencontre de sa mère et sa grand-mère, qui semblent connaître la nature des événements sans y avoir assisté. Elles parlent également de la mare derrière leur ferme, qui serait un océan vers un autre monde… Au contact de Lettie, le garçonnet découvre progressivement l’existence non seulement d’une certaine forme de magie, mais aussi de menaces bien réelles… qui semblent s’incarner dans la personne d’Ursula Monkton, la nouvelle locataire de la chambre de sa maison.

            Neil Gaiman a confié avoir écrit ce livre pour sa compagne, la chanteuse Amanda Palmer ; en partie autobiographique (l’anecdote sur le suicide est issue de ses souvenirs), L’Océan au bord du chemin était censé être une novella avant que Gaiman ne se rende compte qu’il venait d’écrire un roman… Un livre qui aurait bien pu obtenir le prix Hugo si son auteur ne l’avait pas déclaré inéligible – pour laisser leur chance aux autres, et parce qu’il s’agit plus de fantasy que de science-fiction (ce qui l’a pas empêché d’obtenir le prix Locus et d’être élu Book of the Year au Royaume-Uni).

            Premier livre pour adultes de Gaiman depuis près de dix ans, L’Océan… démarre très fort avec la noirceur des premières pages (la mort du chat, le suicide), puis la scène chez la famille Hempstock, où les trois générations de femme évoquent bien sûr des divinités mythologiques, manières de Parques déformées. Et la légende qui fait d’une simple mare un océan menant vers un autre monde est splendidement suggérée, attisant la curiosité du lecteur. Sauf que très vite, le livre retrouve l’habillage habituel des romans jeunesse de l’écrivain : des protagonistes enfants confrontés à des menaces incarnées par des êtres proches, et auxquelles ils vont s’opposer par la force de leurs convictions enfantines, qui céderont par là même la place à des considérations plus adultes. Et le roman, qui s’annonçait comme un renouveau dans l’œuvre de l’auteur, de basculer peu à peu dans la redite de ses livres précédents, notamment Coraline. Certes, Gaiman reviendra in extremis vers des rivages adultes, puisque le roman est un grand flash-back sur ces événements formateurs, mais il sera passé avant cela par un certain nombre de figures imposées qu’on croirait sorties de ses œuvres antérieures. Ce n’est pas désagréable, bien sûr – Gaiman a un vrai talent pour nous faire ressentir les émotions contradictoires vécues par ses protagonistes, et son imagination est toujours aussi débordante –, mais on ne peut s’empêcher de penser que le romancier est tout doucement en train de se mettre à radoter, voire à s’auto-parodier, ce qui est d’autant plus dommage pour un livre qu’il nous « vend » comme des plus personnels. Signé par un autre, L’Océan au bout du chemin aurait fait office de très bonne surprise. Sauf qu’on est en droit d’attendre plus surprenant, plus innovant, de la part de quelqu’un du calibre de Neil Gaiman.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/1/2015
Bifrost 77
Mise en ligne le : 6/5/2020

Prix obtenus
Locus, Roman de fantasy, 2014


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