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La Servante écarlate

Margaret ATWOOD

Titre original : The Handmaid's Tale, 1985
Première parution : Toronto, Canada : McClelland and Stewart, 1985
Cycle : La Servante écarlate vol. 1 

Traduction de Sylviane RUÉ

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Pavillons poche
Dépôt légal : juillet 2015
Réédition
Roman, 546 pages, catégorie / prix : 11,50 €
ISBN : 978-2-221-18908-5
Format : 12,2 x 18,2 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     À l'occasion de l'anniversaire des trente ans de la parution de La Servante écarlate, les Éditions Robert Laffont rééditent ce titre phare dans la collection « Pavillons poche » avec une préface inédite de Margaret Atwood.

     La « servante écarlate », c'est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. Vêtue de rouge écarlate, elle accomplit sa tâche comme une somnambule, et le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps ou les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants... Defred doit-elle céder à la révolte et tenter de corrompre le système ?
     L'on pourrait qualifier La Servante écarlate de beaucoup de choses : féroce, engagé, lugubre... mais aussi pénétrant et terriblement sensé. Margaret Atwood y réussit l'exploit de transformer le bizarre, l'absurde et l'improbable en une nouvelle sorte de quotidien.
     Margaret Atwood est un grand écrivain mais aussi, à plus d'un titre, un personnage qui fascine. Elle est connue pour ses prises de position humanitaires, écologistes et politiques. La Servante écarlate, cette « utopie négative » qui n'est pas sans rappeler 1984 de George Orwell, reste l'un de ses hauts faits d'armes dans le combat qu'elle a mené et continue de mener pour la femme. Sans doute son chef-d'oeuvre.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition Robert LAFFONT, Bibliothèque Pavillons (2005)

     Avec la publication simultanée du Dernier homme (inédit critiqué in Bifrost 38) et de La Servante écarlate (réédition en poche), Margaret Atwood fait un retour remarqué sur le devant de la scène éditoriale française.

     C'est l'occasion de (re)découvrir l'extraordinaire travail de cette Canadienne presque sexagénaire, dont la virulence du propos est encore aujourd'hui un sujet d'émerveillement.
     Véritable roman politique et militant, au meilleur sens du terme, La Servante écarlate est un texte atypique, terrifiant et volontiers orwellien. Pendant féministe du célébrissime 1984, son intrigue tourne avant tout autour du mécanisme du pouvoir, et de l'acceptation lâche qui le produit. En l'occurrence, Atwood construit son roman comme une arme de guerre féministe, aussi incorrecte qu'assassine à l'égard de toutes les formes de dominations (y compris masculines).

     A travers l'histoire de Defred, femme-objet vêtue de rouge et dont la fonction officielle n'est rien d'autre que reproductive, Atwood dissèque la mécanique totalitaire avec une douloureuse lucidité. Résumons : le pays subit une dictature théocratique autoritaire qui réprime tout et n'importe quoi. Pour une raison inconnue, les femmes n'enfantent plus guère, menaçant de fait la survie même de l'humanité. Celles qui possèdent encore la capacité d'être enceintes sont réquisitionnées par le gouvernement. Commence alors une épouvantable existence de recluse, de prisonnière sexuelle et politique, alors que certains dignitaires les fécondent régulièrement pour renouveler la race. Dès lors, Defred n'est somme toute pas autre chose qu'une matrice, sans âme, sans esprit, sans rien. Constamment surveillée, perpétuellement soumise à une discipline patriarcale impitoyable, Defred se souvient du monde tel qu'il était avant. Le monde où son amant s'appelait Luke, le monde où elle pouvait lire, boire, chanter, le monde où elle avait encore une petite fille...

     Terriblement sombre, d'une violence extrême (une violence sourde et toujours pudique, donc plus efficace), intelligent et superbement mené, La Servante écarlate n'est évidemment pas qu'un simple manifeste. C'est une interrogation grave, un signal d'alarme lancé en 1985, mais dont l'écho est encore vivace aujourd'hui. A la manière d'un Orwell dont la lecture est aujourd'hui plus que jamais nécessaire, Atwood signe tout simplement un grand livre, dérangeant et fondamental. A ne pas manquer. Et à cacher au fond d'un carton avant qu'on interdise définitivement toute forme de libre pensée.

Patrick IMBERT (site web)
Première parution : 1/7/2005
dans Bifrost 39
Mise en ligne le : 10/8/2006

Prix obtenus
Arthur C. Clarke, [sans catégorie], 1987


Cité dans les pages thématiques suivantes
Dystopie

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
La Servante écarlate , 1990, Volker Schlondorff
The Handmaid's Tale , 2017, Bruce Miller (série)

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