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L'Horreur dans le cimetière

Howard Phillips LOVECRAFT

Textes réunis par August DERLETH

Titre original : The Horror in the Museum, 1970

Cycle : Les Révisions de H. P. Lovecraft  vol. 2

Traduction de Jacques PARSONS
Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5311
Dépôt légal : juin 1984, Achevé d'imprimer : septembre 1988
Anthologie, 352 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-266-02359-4
Format : 10,7 x 17,7 cm  
Genre : Fantastique


Autres éditions

Sous le titre L'Horreur dans le musée - 2   Christian BOURGOIS, 1975
   FRANCE LOISIRS, 1977
Sous le titre L'Horreur dans le cimetière
   POCKET, 1984, 1990, 1990, 1992, 1998

    Quatrième de couverture    
- Faites attention ! Les Atlantes ne savaient pas ces choses. J'ai parlé au Yémen avec un vieil homme qui était revenu vivant du Désert Cramoisi — il s'était prosterné devant les autels souterrains de Nug et de Yeb ...
La voix n'était plus qu'un murmure. Clarendon sombra dans la stupeur. Puis, aux heures sombres de la nuit, il se déchaîna. James le contint de toutes ses forces. Jamais il ne répétera ce qu'il a entendu sortir de ces lèvres gonflées. D'ailleurs, qui le croirait ?
Au matin, Clarendon reprit conscience et parla d'une voix assurée :
- Tout ce qui est ici doit disparaître. Brûlez tout : si quelque chose en réchappe, Surama répandra la mort sur toute la surface du monde. Et surtout, brûlez Surama ! Ne lui permettez plus de ricaner devant les tortures de la chair mortelle. Débarrassez l'univers de sa pourriture originelle... que j'ai tirée de son sommeil séculaire ...
 
H.P. Lovecraft (1890-1937) est sans doute le plus grand auteur fantastique américain de notre siècle. Pourtant il resta toute sa vie en marge. Il en fut réduit à réviser - moyennant finances - des textes que des écrivains amateurs lui proposaient sous forme d'esquisses, voire de récits de rêves. Il en a tiré du pur Lovecraft, parfois du meilleur. On en jugera en lisant l'Horreur dans le cimetière.

    Sommaire    
1 - August DERLETH, Les Révisions de Lovecraft, pages 7 à 10, Préface, trad. Jacques PARSONS
2 - Francis LACASSIN, H.P. Lovecraft : "nègre" littéraire ou accoucheur de talent ?, pages 11 à 34, Introduction
3 - Hazel HEALD & Howard Phillips LOVECRAFT, L'Horreur dans le cimetière (The Horror in the Burying-Ground), pages 35 à 53, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
4 - Adolpho de CASTRO & Howard Phillips LOVECRAFT, Le Dernier examen (The Last Test), pages 55 à 120, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
5 - Adolpho de CASTRO & Howard Phillips LOVECRAFT, L'Exécuteur des hautes oeuvres (The Electric Executioner), pages 121 à 146, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
6 - Zealia Brown BISHOP & Howard Phillips LOVECRAFT, La Malédiction de Yig (The Curse of Yig), pages 147 à 169, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
7 - Zealia Brown BISHOP & Howard Phillips LOVECRAFT, La Chevelure de Méduse (Medusa's Coil), pages 171 à 222, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
8 - Zealia Brown BISHOP & Howard Phillips LOVECRAFT, Le Tertre (The Mound), pages 223 à 327, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
9 - Howard Phillips LOVECRAFT & Wilfred Blanch TALMAN, Deux bouteilles noires (Two Black Bottles), pages 329 à 344, Nouvelle, trad. Jacques PARSONS
10 - Francis LACASSIN, Bibliographie des "révisions" de H.P. Lovecraft, pages 345 à 347, Bibliographie
 
    Critiques    

            Toute sa vie ou presque, H.P. Lovecraft a couru après l'argent ; il dira même de son divorce qu'il est dû à quatre-vingt-dix pour cent à ses difficultés financières ; on lira d'ailleurs à ce sujet « Un mari nommé H.P.L. » de Sonia H. Greene (pages 1184 à 1213 du tome 2 de l'intégrale « Bouquins »), un témoignage passionnant (et édifiant !) sur le Lovecraft de tous les jours, incapable de trouver un travail à New York pendant deux ans et ne supportant pas d'être entretenu par une épouse plus douée que lui pour les affaires. Un témoignage qui devient glaçant quand Sonia Greene, d'origine juive, évoque en addendum l'influence de Mein Kampf sur HPL et l'admiration qu'il vouait à Adolf Hitler… Très tôt dans sa carrière, dès 1918, Lovecraft fait des révisions, réécrit de la poésie épouvantable, redresse des textes boiteux, transforme en récit une idée et quelques notes éparses. Parfois, cela va encore plus loin : il écrit des textes complets qu'il ne signera pas, comme pour Houdini, ce qui donnera le très touristique et peu convaincant « Prisonnier des pharaons », nouvelle qui a toutefois l'avantage de montrer tout l'humour dont Lovecraft était capable (dire qu'il se paye Houdini, censé être le narrateur, est un euphémisme). Dans le lot de toutes ces révisions, effectuées jusqu'à la fin de sa vie, il y a, en proportion, assez peu de fantastique et de science-fiction, un « assez peu » (665 pages tout de même) que Francis Lacassin a compilé dans le tome 2 de l'intégrale « Bouquins » sous le titre « L'Horreur dans le musée », titre qui était aussi celui d'une précédente édition, partielle, en deux volumes, d'abord chez Christian Bourgois, puis en poche chez Pocket (où le tome 2 avait été renommé L'Horreur dans le cimetière). On précisera que le sommaire des deux volumes de l'édition Pocket diffère légèrement des sommaires de l'édition Christian Bourgois, et que ces deux éditions sont nettement moins complètes que la sélection « Bouquins ».

            En anglais, on appelle un nègre littéraire « a ghostwriter », un écrivain fantôme. Invisible, mort, en retrait ? Un peu tout cela à la fois. Mais, dès qu'il touche au fantastique, Lovecraft est un mauvais nègre, dans le sens où il ne sait pas toujours rester en retrait, et beaucoup de ses révisions sonnent comme du Lovecraft pur jus, et parfois même du très bon. Y compris dans des textes anecdotiques comme « Horreur à Martin Beach », signé Sonia Greene ; on y retrouve aisément sa patte et, dans ce cas précis, sa passion pour les créatures maritimes gigantesques.

            Il y a évidemment du bon et du moins bon dans ces 660 pages de révisions. Certains textes, bavards, sont interminables tant l'action et le mouvement y sont procrastinés (« Le Dernier examen », « L'Horreur venue des collines », « Le Tertre »), d'autres font preuve d'un racisme suffocant – l'histoire de jumeau maléfique « Cassius » par exemple. On trouve même une vibrante apologie de l'esclavagisme dans « La Chevelure de Méduse » (signée Zealia Bishop). Mais négliger cette sélection, à cause de sa qualité variable ou de son racisme intermittent, vous ferait passer à côté de quelques joyaux : « L'Homme de pierre », « L'Horreur dans le musée », « La Mort ailée », « La Malédiction de Yig ». Et de nouvelles certes moins réussies, mais qui restent longtemps en mémoire, à l’image de « Cendres », qui mêle avec une certaine espièglerie savant fou et ressorts du vaudeville.


Thomas DAY
Première parution : 1/1/2014 dans Bifrost 73
Mise en ligne le : 28/3/2020


 
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