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Le Sang des immortels

Laurent GENEFORT



Illustration de Pierre DROAL

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 636
Dépôt légal : mai 2019, Achevé d'imprimer : 12 mai 2019
272 pages, catégorie / prix : F7b
ISBN : 978-2-07-275224-7
Format : 10,8 x 17,8 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    

Ils sont quatre : Affer le mercenaire, Nemrod le chasseur fortuné, Joker l'ancien prêtre et Liaren l'anthropologue. Quatre aventuriers venus sur ma planète pour traquer le Drac, cet être légendaire dont le sang offrirait l'immortalité. Quatre chasseurs... et moi, leur guide, qui prendrais bien la poudre d'escampette si la prime n'était pas aussi alléchante ! Chacun a ses motivations, chacun a ses secrets.
Pour réussir notre expédition, il nous faudra affronter la Maréselva, la forêt qui ne fait qu'un avec l'océan, et ses mystères: des rebelles autonomistes, une flore menaçante, une faune sauvage et peut-être, au bout de l'enfer, le Drac.

Le sang des immortels est un récit d'aventures inventif qui plonge le lecteur en pleine jungle extraterrestre hostile pour une traque redoutable.

Né en 1968, Laurent Genefort découvre très tôt la science-fiction. Il publie son premier roman à l’âge de vingt ans et en a écrit depuis plus d'une cinquantaine, parmi lesquels la série Omale dont le dernier tome a paru en 2014 aux Éditions Denoël. Il a également soutenu une thèse sur les livres-univers dans la science-fiction.


    Cité dans les pages thématiques suivantes :     
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, SF (1997)


     Verfébro est de ces petites planètes un peu perdues et résolument hostiles. Couverte d'une jungle impénétrable (dont certaines essences d'arbres atteignent plusieurs centaines de mètres de hauteur !), soumise à une Restriction Technologique à la suite de troubles autonomistes fomentés par quelques groupuscules autochtones, les tout puissants cartels multimondiaux semblent se désintéresser du devenir de ce monde qui n'offre, après tout, que de bien faibles perspectives d'enrichissement. Jusqu'à ce qu'on retrouve un pauvre bougre cousu vivant dans un sac de jute huilé et qui, après plus de dix années de ce traitement, respire encore... De là à conclure à l'immortalité, il n'y a qu'un pas. D'autant que les légendes sur le Drac, un monstre vénéré comme un dieu par certains sauvages du fin fond de la jungle et dont le sang, le Soma, rendrait immortel, sont tenaces. Tirer la légende au clair, c'est ce que devront faire quatre aventuriers d'outre monde, découvrir si, oui ou non, le secret de l'immortalité se cache dans l'enfer vert de Verfébro. La traque peut commencer...

     Le sang des immortels, c'est avant tout la jungle. Un sujet que Genefort maîtrise parfaitement (on se souvient d'Arago, également au Fleuve Noir), et qu'il a visiblement étudié de très près. Le maître Stefan Wul n'est pas loin, ses forêts de Nôo (en deux tomes chez Denoël) non plus.

     C'est aussi une belle démonstration de la part de l'auteur, qui fait tout à la fois preuve d'une grande précision et d'un réalisme consommé dans l'énoncé d'innovations technologiques séduisantes, tout comme, et peut-être même plus encore, dans l'approche descriptive et narrative d'un écosystème aussi complexe que celui d'une jungle extraterrestre. À tel point que le reste, l'essentiel est-on tenté d'écrire, à savoir la trame, l'histoire, apparaît ici moins constitutive du roman que simple prétexte. On conviendra que c'est, malgré tout, un peu plus qu'un détail...

     Bon. Genefort nous livre sa version de la quête du Graal ? Et après ? La trame narrative est plutôt simpliste, les personnages d'un piètre intérêt, et pourtant, et pourtant... Genefort sait raconter les histoires, et si celle-ci ne brille pas d'une originalité flamboyante, cela ne la rend pas moins divertissante pour autant. On se laisse aisément prendre au jeu de cette course-poursuite, on oublie la faiblesse générale de l'intrigue pour ne plus goûter que le plaisir d'une histoire simple et dynamique inscrite dans un cadre pour le moins hostile (la jungle, en l'occurrence). Pas de fioritures donc, de redondances et autres figures stylistiques ampoulées, à tel point qu'en fait, plus qu'une petite faiblesse globale de l'histoire, c'est peut-être une certaine froideur d'écriture qu'on pourrait reprocher à l'auteur...

     Mais qu'importe en vérité ? Reste après lecture une impression finale : celle d'un roman distrayant, pas un chef-d'œuvre, certes, mais un bon brin de lecture d'aventure S-F C'est déjà pas si mal, non ?

ORG
Première parution : 1/10/1997
dans Bifrost 6
Mise en ligne le : 6/11/2003


 

Edition CRITIC, Science-Fiction (2012)


     Voilà une réédition qui devrait rappeler quelques souvenirs aux lecteurs du Fleuve Noir du siècle dernier. Ceux qui suivaient la collection « Anticipation » dans les années 90 se souviennent probablement des débuts de Laurent Genefort à cette époque, débuts parfois calamiteux (un premier roman illisible en 1988, Le Bagne des ténèbres, qui s'apparente plutôt à un faux départ), souvent laborieux. Pendant plusieurs années, en véritable stakhanoviste du clavier, l'auteur a produit à la chaîne toute une série de récits d'aventures, reposant souvent sur de bonnes idées, mais toujours plus ou moins bancals, mal foutus, mal écrits, et engoncés dans les 192 pages réglementaires de la collection comme un rugbyman dans un costume de premier communiant. Opiniâtre et imperturbable, le romancier a continué à faire ses gammes, à progresser de livre en livre, jusqu'à trouver enfin son propre style et faire taire définitivement ses détracteurs. Dans les dernières années de la décennie, on lui doit ainsi une série de romans qui, s'ils n'étaient sans doute pas exempts de tout reproche, avaient en commun de mettre en scène avec un authentique souci de vraisemblance scientifique des environnements singuliers et extrêmes où tentaient de survivre une poignée d'hommes : le monde gazeux des Croisés du vide (1998), la planète en constante fusion de Dans la gueule du dragon (1998), ou celle en cours de terraformation des Engloutis (1999). Initialement paru en 1997, Le Sang des immortels, avec sa jungle cauchemardesque, est l'un des meilleurs romans de cette période.

     L'intrigue est des plus classiques : un groupe hétéroclite se rend sur la planète Verfébro à la recherche du Drac, une créature mythique, immortelle si l'on en croit les légendes locales. Chaque membre de cette expédition à ses propres raisons pour trouver le Drac : pour Nemrod, le chasseur, ce n'est qu'un trophée de plus à afficher à son palmarès ; pour Liaren, l'ethnologue, un sujet d'études ; Affer, le mercenaire, travaille pour le compte d'un mystérieux commanditaire ; quant à Jok, le prêtre défroqué, il espère s'emparer du secret de l'immortalité afin de devenir le dieu de son propre culte. A ces quatre individus vient s'ajouter Jemi, le guide autochtone à travers le regard duquel on découvre tout ce petit monde. Pris séparément, ces divers personnages peuvent sembler assez stéréotypés, mais la dynamique de groupe fonctionne bien. Entre ces protagonistes aux origines et aux motivations fort différentes et souvent contradictoires, la tension est permanente, et la nécessité de collaborer pour parvenir à leur objectif n'interdit pas de temps à autre quelques coups fourrés. Mais les dangers les plus menaçants viennent de l'extérieur, notamment des rebelles indépendantistes lancés à leurs trousses et bien décidés à les intercepter avant qu'ils n'atteignent leur but. Et surtout, le long périple dans lequel se lance cette équipe n'a rien d'une balade en forêt de Fontainebleau mais se déroule dans un environnement particulièrement hostile.

     C'est dans la description et la mise en scène de la faune et de la flore de Verfébro que Laurent Genefort fait des merveilles et que le roman devient passionnant. Le lecteur se trouve en immersion totale et permanente dans un univers foisonnant, exubérant, au cœur d'une jungle qui s'étend sur l'ensemble de la planète, recouvrant tout, y compris ses mers. On assiste alors au déferlement ininterrompu d'un flot de créatures et de végétaux aussi étranges que mortels, en lutte permanente contre toute autre forme de vie pour tenter de survivre. A l'imagination débridée dont fait preuve l'auteur s'ajoute un louable souci de réalisme dans la description qu'il nous fait de cet univers. Pour l'essentiel, le récit consiste en une succession de scènes au cours desquelles les personnages tombent dans un nouveau piège que leur a tendu la nature et passent à deux doigts de la mort. En toute logique, le procédé devrait vite lasser. Mais Laurent Genefort fait preuve d'une telle inventivité que ce n'est jamais le cas, ce qui en soit constitue déjà un joli succès. Cerise sur le gâteau, il parvient à boucler son récit de manière tout à fait convaincante, une fin d'où n'est pas absente une forme d'ironie des plus cruelles.

     Même si on reste dans le registre du récit d'aventures, même si son intrigue linéaire et ses enjeux limitent l'ampleur du roman, Le Sang des immortels n'en est pas moins une indéniable réussite, qui méritait bien d'être redécouverte.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/1/2012
dans Bifrost 65
Mise en ligne le : 5/3/2013




 
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