Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Terre demeure

George Rippey STEWART

Titre original : Earth abides, 1949
Traduction de Jeanne FOURNIER-PARGOIRE

FAGE (Lyon, France)
Dépôt légal : octobre 2020
Retirage
Roman, 368 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-84975-492-4
Format : 14,5 x 21,0 cm
Genre : Science-Fiction

Réimpression.


Autres éditions
   FAGE, 2018
Sous le titre Le Pont sur l'abîme
   HACHETTE, 1951
Sous le titre La Terre demeure
   Robert LAFFONT, 1980

Quatrième de couverture

Une pandémie, d’origine inconnue, décime la majeure partie de la population nord-américaine (et sans doute celle de toute la planète). Ish a survécu, ainsi qu’une poignée d’autres femmes et hommes, au mal mystérieux, alors qu’il se trouvait seul dans les montagnes. Le roman relate sa découverte d’une Amérique où les animaux sont redevenus sauvages et les survivants se terrent ou errent sans but, le regard plein des horreurs qu’ils ont connues. Des parties lyriques constituant des espèces de didascalies, entrecoupent la description des aventures d’Ish : elles évoquent, dans une langue imitant le style biblique mais gorgée d’informations précises, le sort des êtres et des choses qui composent un monde. Que deviendront les voitures ? L’électricité ? Les glorieux ponts que le génie des hommes a bâti au-dessus des gouffres ? Les conduites des égouts ? Les chats, les chiens, les chevaux, les vaches… ? Ish parviendra à fonder une famille, quelques survivants s’agrégeront et formeront une petite communauté, mais cette « Tribu », confrontée à l’après, sera partagée entre la détresse, l’apathie et l’espoir, entre l’exploitation de l’héritage laissé par la civilisation effondrée (ses ressources, règles, croyances etc.) et la nécessité de tout réinventer pour redonner goût et sens à la vie.

Si La Terre demeure (traduction du titre original Earth Abides qui cite l’Ecclésiaste) relève a priori de la fiction post-apocalyptique et dystopique, il excède les limites du genre par la profondeur et l’actualité du regard qu’il porte sur le sort des êtres et des choses qui composent un monde, sur ce qu’est une société humaine en crise : comment elle dure, se disloque, peut renaître ou non…

Aux États-Unis, où il a été publié en 1949, la même année que 1984 d’Orwell, le roman de l’anthropologue George Stewart est considéré comme un classique de la science-fiction (28 rééditions). Bien que traduit en français dès 1951 et réédité en 1980, La Terre demeure est restée en France une œuvre méconnue.

Sommaire
Cacher les différentes éditions des textes
1 - Juan ASENSIO, Préface (2018) , préface
1 autre édition de ce texte dans nooSFere :
- in La Terre demeure (FAGE, 2018)

Critiques

« La terre demeure » est un roman classé dans la SF post-cataclysmique. En fait, on pourrait pratiquement le qualifier de la quintessence de ce sous-genre. Tout y est. La catastrophe, qui a des relents très actuels, est une pandémie fatale à la presque totalité des humains. Seuls quelques individus ont survécu. La disparition d’une partie de la population à cause d’une infection n’est pas un thème rare ; on le retrouve dans « La mort blanche » de Frank Herbert. Dans « Dans la forêt » de Jean Hegland, une épidémie par un virus très contagieux tue la plupart des gens, mais deux jeunes femmes isolées en forêt vont survivre grâce aux leçons d’autarcie que leurs parents leur ont inculquées. À la différence des catastrophes du type nucléaire ou écologique, une maladie qui ne s’attaque qu’à l’homo sapiens a cet avantage de laisser intacts les structures et les biens. Le temps fera son œuvre de dégradation. 
« La terre demeure » démarre juste après la catastrophe. Le héros qui travaillait solitaire en montagne depuis un long moment va découvrir l’ampleur du désastre. Se retrouvant seul, il profite du fait que beaucoup de choses fonctionnent et n’a pas de problème d’alimentation (les épiceries sont pleines de boîtes de conserve) ou de déplacement (automobile en parfait état et essence restante dans les stations-service). Dans le premier tiers du roman, la survie dépend beaucoup de sa compréhension de ce qui se passe ; grâce à son expérience de vie en solitaire dans la montagne et sa formation scientifiques, c’est plutôt facile. C’est en quelque sorte une leçon d’écologie. Le défi pour lui est psychologique. Dans la deuxième partie, il rencontre une femme avec qui il fonde une famille puis une communauté. Son souci est dans la reconstruction d’une structure sociale viable, car les ressources de l’Ancien Monde s’épuisent. Il essaye d’inculquer aux jeunes la lecture, et un minimum de connaissances qu’il estime utiles pour l’agriculture et l’élevage, les soins de santé... Il faut trouver des solutions de remplacement facile à mettre en œuvre au fur et à mesure de la disparition des biens d’antan. D’autres survivants se joignent à la communauté. Dans la dernière partie, le retour d’un mode de vie plus axé sur la chasse ou la cueillette émerge. Les descendants qui n’ont pas connu la civilisation sont immergés dans la nature et ne voient pas l’utilité d’apprendre à lire ou d’acquérir des connaissances qui ne sont pas nécessaires à leur activité de tous les jours. Tout est dit, l’humanité repart sur les mêmes bases que nos ancêtres et la nature reprend ses droits en quelques années. Paru au milieu du XXe siècle, ce roman reste pertinent à ce jour. John Brunner ne s’y trompait pas, le classant comme incontournable sur ce thème dont lui-même était un maître. La lecture de ce roman est absolument fondamentale en cette époque au cours de laquelle nous avons tellement malmené notre planète, où nous subissons une pandémie virale mondiale ou l’effondrement écologique nous guette. Il est à la fois pessimiste et optimiste ; pessimiste puisque le redémarrage se fait selon les mêmes modes, mais optimiste par la résilience de l’espèce.

Patrice HILDGEN
Première parution : 1/10/2021 nooSFere

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain - Classiques (1980)

 
     ...même si les hommes passent.
     Les romans post-cataclysmiques sont si nombreux dans la science-fiction qu'il serait presque possible de définir cette dernière comme étant la littérature des morts et résurrections de l'humanité.
     A lire la fort copieuse postface de Remy Maure, on s'aperçoit qu'en effet ce genre de récits a exercé et continue d'exercer un attrait certain, et sur le public, et sur les écrivains.
     Quant à la préface fort chaleureuse de John Brunner, elle ne peut que donner envie de se plonger dans ce roman, publié en 1949, en même temps que 1984 de Orwell donc, mais qui reste d'une modernité, d'un impact, d'une actualité exceptionnels.
     1984 est devenu le classique que l'on sait, alors que La Terre demeure reste une œuvre inconnue en France, malgré une première traduction publiée en 1951, introuvable fort évidemment. Il y avait là une injustice à réparer.
     Et comme l'affirme John Brunner : « Tant que vous n'aurez pas lu ce livre, vous pourrez ne pas vous rendre compte de la fragilité extrême du monde dans lequel nous vivons... » Alors ne perdons pas de temps.

Francis VALÉRY
Première parution : 1/5/1980
dans Fiction 308
Mise en ligne le : 1/6/2009

Prix obtenus
International Fantasy, Fiction, 1951


retour en haut de page

Dans la nooSFere : 74350 livres, 82837 photos de couvertures, 69989 quatrièmes.
8531 critiques, 40289 intervenant·e·s, 1569 photographies, 3737 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2021. Tous droits réservés.