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Les Dieux du grand loin

Michael G. CONEY

Titre original : Gods of the Greataway, 1984
Première parution : Houghton Mifflin, 1984
Cycle : Chant de la Terre  vol. 3 

Traduction de Isabelle DELORD
Illustration de Jackie PATERNOSTER

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7137
Dépôt légal : mai 1991
Roman, 384 pages, catégorie / prix : 12
ISBN : 2-253-05723-1
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   Robert LAFFONT, 1986
        sous le titre Les Dieux du grand-loin, 2009

Quatrième de couverture
Voici le deuxième épisode de l'immense Chant de la Terre commencé avec La Locomotive à vapeur céleste.
     Un chant si vaste qu'il faudrait plus d'un siècle pour le réciter en entier et qui couvre non seulement toute l'histoire de l'humanité jusque dans son avenir le plus lointain, mais aussi tous ses possibles.
     Zozula le Cuidador, Manuel l'humain sauvage et la Fille qui n'avait pas de nom affrontent les Loups du Malheur et contribuent pour leur part, petite, mais essentielle, à la libération de Starquin, le presque dieu.
     Par son souffle, sa dimension épique, son imagination échevelée, Le Chant de la terre égale les plus grands livres univers de la science-fiction, comme Dune de Frank Herbert ou Les Seigneurs de l'instrumentalité de Cordwainer Smith.
     A suivre dans La Grande Course de chars à voiles.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1987)

     La science-fiction, comme tous les petits milieux refermés sur eux-mêmes (que ce soit en littérature, en cinéma ou en musique), aime bien se créer des modes. On s'engoue pour des auteurs dont le seul intérêt est l'opportunisme, on invente des écoles à partir d'auteurs qui n'ont eu que le tort d'écrire au même moment... Et puis on les oublie un peu, on passe à la mode suivante. Les fans de SF, et par-dessus tout les chroniqueurs littéraires, se sont ainsi pris de passion il y a quatre ou cinq ans pour « La Nouvelle SF Américaine ». La mode est retombée, on n'a maintenant plus que mépris pour un Orson Scott Card, dont le style et les opinions politiques n'ont pourtant pas changé. Non, lui n'a pas changé. C'est la mode qui l'a un peu laissé derrière... Maintenant, le nec-plus-ultra, ce sont les « cyberpunks ».
     Mais alors, quelle aberration conduit donc à la publication du Chant de la Terre de Michael G. Coney ? Il n'est pas à la mode, lui, pourtant ! Au contraire, c'est à n'y rien comprendre : voilà un Gérard Klein qui dit à qui veut l'entendre que la SF se doit de préserver sa pureté, de suivre la voie royale de la hard-science, que tout abâtardissement avec la fantasy et le fantastique, sous-genres méprisables au possible, serait une régression de la SF... Voilà un Gérard Klein preux défenseur de la SF, donc, qui se met à publier ce Chant de la Terre qui trouve toute sa richesse, toute sa profonde résonance, dans une fusion des grands thèmes de la SF avec le souffle mythique de la fantasy ! C'est à ne plus rien comprendre des stratégies et des modes. Enfin, inutile d'essayer de suivre ce genre d'épiphénomènes, que la littérature nous suffise  : il convient de se réjouir d'une telle publication.
     Car Michael Coney est un grand auteur, non, un Grand Auteur. Et depuis longtemps.., On lui avait même donné un prix Appolo, autrefois, souvenez-vous ! Mais ça n'avait pas suffi à le faire sortir de la méconnaissance dans laquelle le tient la majorité du public. Les crocs et les griffes, Charisme, des chefs-d'œuvre... passés pour ainsi dire inaperçus.
     Le Chant de la Terre c'est une fresque qui prend plus d'un siècle pour être racontée. C'est l'histoire de toute l'humanité, de millénaires d'Histoire et d'histoire, celle que l'on connaît, et toutes ses aléapistes : les Histoires possibles, les uchronies sans nombre ! La locomotive à vapeur céleste et Les dieux du Grand Loin sont deux minuscules extraits de ce récit d'une vastitude étourdissante... Ils sont principalement centrés sur la destinée de la Triade, cette réunion fortuite de trois humains de races différentes, une Fille, un Cuidador et un Humain Sauvage. Mais là n'est pas le seul pôle d'intérêt de ce récit, qui est tellement vaste qu'il ne peut se fixer nulle part. Les apartés se multiplient, des chapitres parlent de tout autre chose... Ou du moins nous le semble-t-il : car c'est toujours de l'histoire de l'humanité qu'il est question, à cette lointaine époque où une partie de l'humanité s'est réfugiée sous les Dômes, et où une autre vit en liberté dehors. Il y a cinq espèces différentes d'homme alors : Vrais Humains, Néoténites, Humains Sauvages, Spécialistes et Vites...
     Les dieux du Grand Loin est très nettement plus linéaire que le tome qui l'avait précédé, mais non moins foisonnant... Comparer cette œuvre à celle de Cordwainer Smith n'est pas vain : il y a un peu de la poésie et de l'ampleur de vision des Seigneurs de l'Instrumentalité dans ce Chant de la Terre. Mais la comparaison s'arrêtera là ; le disciple (si disciple il y a) a dépassé le maître ! Le souffle mythologique est beaucoup plus puissant, la poésie plus dérangeante et attachante à la fois, l'idéologie n'a rien de réactionnaire — en bref, c'est là une œuvre encore plus forte.
     Sans aucun doute : ce Chant de la Terre est bien ce qui est arrivé de mieux à la SF depuis... Oh, depuis fort longtemps...

André-François RUAUD (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/2/1987
dans Fiction 383
Mise en ligne le : 29/1/2003

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