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Charlie

Stephen KING

Titre original : Firestarter, 1980

Traduction de F. M. LENNOX
Illustration de Michel LANDI

J'AI LU (Paris, France), coll. Épouvante n° 2089
Dépôt légal : octobre 1986
480 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-277-22089-2   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Dès l'enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s'est révélé : qu'un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension... et il se trouve aussitôt livré aux flammes !
     Aujourd'hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu'elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée. Alors de toutes ses forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l'emporte et déferle. Indomptable, criminelle. Et l'enfant cède au désespoir...
     Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l'atroce vérité — cette imprudence fatale qu'ils ont commise avant sa naissance ?
     A quel destin Charlie est-elle vouée ?

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Charlie , 1984, Mark L. Lester
Firestarter, sous l'emprise du feu , 2002, Robert Iscove (Téléfilm)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ALBIN MICHEL, Spécial suspense (1985)


     La première chose qui vient à l'esprit à la lecture de Charlie est l'apparente similitude de son scénario avec celui de Furie, le film de De Palma tiré d'un roman de l'excellent John Farris. Mais, en réalité, la ressemblance n'existe qu'en surface, dans le fait que les deux histoires sont conçues comme des Thrillers purs mettant en scène complots, services secrets très « spéciaux », etc., et dont les victimes/proies sont des êtres humains doués de pouvoirs paranormaux qui, pour leur malheur, intéressent de près la défense nationale américaine...
     Le roman de King se présente donc au départ comme l'histoire de la fuite éperdue d'une enfant douée de pyrokinésie (la jeune Charlie du titre) et de son père Andy (lui aussi capable de quelques prouesses psychiques), lesquels sont poursuivis par un organisme surnommé « La Boîte » pour être réduits à l'état de cobayes. Mais rapidement le combat entre le Bien, représenté par l'innocence de l'enfant et le Mal qui, lui, a pris le visage ténébreux des forces obscures qui gouvernent le pays, va devenir le thème central du livre (comme cela arrive souvent chez l'auteur). Ce combat entre l'enfant et ses geôliers agités par des passions morbides constitue le morceau de choix du roman et montre ce talent qu'a Stephen King pour dépeindre des personnages solitaires et mal dans leur peau. King est un maître en matière de psychologie dès qu'il aborde son terrain favori, c'est-à-dire la peur et les pulsions troubles qui peuvent agiter l'âme humaine.
     Ceci dit, Charlie est également une histoire initiatique dans le sens où elle montre comment un enfant va perdre petit à petit son innocence au contact de l'horreur dont peut être capable le monde des adultes. Et cette perte de l'innocence va coïncider avec la découverte de la puissance donnée par un Pouvoir capable de mettre le feu à tout le pays et, sans doute au monde entier.
     L'ensemble est propulsé par le style superbe de l'auteur qui, comme toujours, sait jouer sur tous les registres : des pages d'extraordinaire suspense alternent avec des séquences psychologiques qui prennent le lecteur « aux tripes » (on est loin du nombrilisme intellectuel qu'affectionnent beaucoup d'auteurs français de littérature générale... et, souvent, de SF) et il me semble qu'on tient là un des meilleurs romans de King. Dommage qu'une fois de plus, l'éditeur ait cru bon de pratiquer de nombreuses coupes dans le texte... Editeurs et charcutiers, même combat !

Richard D. NOLANE
Première parution : 1/3/1985
dans Fiction 360
Mise en ligne le : 2/10/2003


 

Edition LIVRE DE POCHE, Stephen King (2009)


[Critique commune à Charlie de Stephen King et Crossfire de Miyuki Miyabe]

     Etats-Unis. Années 70. Au milieu de dix autres étudiants, Andy McGee et Vicky Tomlinson participent, contre 200 dollars, à une expérience du docteur Wanless durant laquelle leur est injecté un soi-disant hallucinogène léger apparenté au LSD et appelé Lot 6. L'expérience tourne mal : un des étudiants s'arrache les yeux, un autre fait un arrêt cardiaque fatal. Andy et Vicky ont l'impression d'être passés au travers et se mettent en couple, jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que cette expérience les a changés. Andy a le pouvoir de pousser les gens à agir contre leur gré, un pouvoir qui lui occasionne ensuite de terribles migraines ; Vicky ferme le frigo depuis l'autre côté de la cuisine sans vraiment y penser, sans vraiment s'en rendre compte. Et puis le bonheur arrive dans la maison, sous la forme d'un bébé, Charlie, une petite fille qui en cauchemardant ne va pas tarder à mettre le feu à sa chambre, car elle a un don autrement plus impressionnant que ceux de ses parents : elle est dotée du pouvoir de pyrokinésie. Après la mort (accidentelle ?) de Vicky, il est temps pour le docteur Wanless de réapparaître et avec lui « La Boîte », cette étrange agence gouvernementale qui n'est ni la CIA, ni le FBI, ni la NSA...

     Stephen King a commencé sa carrière littéraire en 1974 avec Carrie (adaptée au cinéma par Brian De Palma dès 1976) et n'a jamais vraiment cessé d'écrire sur les pouvoirs parapsychologiques : Shining (1977), Dead Zone (1979, écrit juste avant Charlie), La Ligne verte (1996), Cœurs perdus en Atlantide (1998), Dreamcatcher (2001), etc. En considérant cette liste non exhaustive et la qualité de ces titres (Dreamcatcher est sans doute le plus faible de la liste), force est de constater que les pouvoirs psys ont plutôt bien inspiré King. Charlie (dont l'intrigue ressemble sans doute trop à Furie (1976) de John Farris ; le traqueur est Amérindien dans les deux livres, ce qui a donné lieu à quelques explications d'avocats) est une des réussites majeures de l'auteur, une sorte de « roman de gare » parfait. La course-poursuite est haletante, les personnages fouillés, les scènes d'action remuent, ça chauffe (pour le moins) et le vertige naît à plusieurs moments. Servi par un sens de la narration, et notamment du flash-back, tout simplement magistral, Charlie se dévore par paquets de 100 pages (malgré une traduction française qui mériterait d'être revue, F. M. Lennox arrivant à restituer à l'identique tous les faux amis de la langue américaine ou presque). Cette lecture, qui nous happe comme par un torrent furieux, nous rappelle, car on l'avait un petit peu oublié ces dernières années, que Stephen King est un géant, tout autant dans le domaine de la littérature populaire que celui de la littérature dite « générale ».

     [...] 1

Notes :

1. La partie de cette recension qui porte sur Crossfire n'est pas reproduite ici. [note de nooSFere]

Thomas DAY
Première parution : 1/4/2009
dans Bifrost 54
Mise en ligne le : 4/11/2010




 
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