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Les Cavernes du sommeil

Richard COWPER

Titre original : Phoenix, 1968

Traduction de E. C. L. MEISTERMANN
Illustration de Éric SEIGAUD

OPTA , coll. Galaxie-bis n° 124
Dépôt légal : août 1985
224 pages
ISBN : 2-7201-0228-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
La puissance de séduction de la vie en conserve cryogénique avait attiré des centaines et des milliers d'hommes et de femmes dans les étranges cavernes du sommeil, ces territoires du froid et de l'oubli, de l'attente... territoires sur lesquels régnait la Duchesse de Crome.
Car, le merveilleux, le miraculeux futur détenait peut-être les clefs d'une nouvelle vie.
Dormir, rêver peut-être... comme Bard, le Dernier des Romantiques... Mais tout le monde finit par se réveiller...
Même dans les Cavernes du Sommeil ! Et alors...

Un roman, une fable, un conte cruel signé par l'un des plus grands noms de la SF anglaise...
 
    Critiques    
     Parce que la femme qu'il aime va partir trois ans pour Mars, Barde, jeune homme oisif du XXIIIe siècle décide de se faire hiberner pour tromper son mal d'amour. Hélas, au lieu des trois ans prévus, son sommeil de glace dure 1600 ans : c'est que, peu après sa mise en hibernation, est venue la Grande Mort (une épidémie mystérieuse, qui a fait périr les neuf dixième de la population du globe, lequel a régressé vers une sorte de néo Moyen-Age). Dans un premier temps, Barde va être accueilli par un notable éclairé ; dans un deuxième, il va tomber aux mains de l'autorité mi-civile mi-écclésiastique de l'époque, qui lui offre un chantage à la connaissance pour le sauver du sort réservé aux hérétiques surgis du passé...
     Ce résumé obligé rend compte de la simplicité, de la linéarité du récit de Cowper, qui ménage peu de surprises, et une seule faute, mais légère : vers la fin, il semble qu'il pourrait regagner son époque grâce au pouvoir mythique d'un Sage, mais cette éventualité est vite écartée, si vite qu'on se demande pourquoi l'auteur l'a évoquée. Mais simplicité ne veut pas dire simplisme, et linéarité ne veut pas dire monotonie. Sur un sujet qui n'a vraiment rien d'original, Cowper évite à peu près tous les pièges (comme une comparaison didactique entre un futur trop sophistiqué — qui n'occupe que les 50 premières pages du roman — et un retour au passé barbare). Il en évite un autre, et de taille, qui aurait voulu faire de Barde l'émissaire de toutes les connaissances fabuleuses de son monde détruit : au contraire, le jeune homme ne sait rien, et l'auteur exploite avec humour son ignorance (pas tout à fait totale d'ailleurs, puisque le « revenant du passé » sait tout de même lancer l'idée d'une machine à vapeur qui sera peut-être le ferment d'une nouvelle Renaissance). Il faut voir notamment le passage où il veut expliquer ce qu'est l'atome, cette particule que personne n'a jamais vue ! Pièges évités, il reste à Cowper de meubler son récit, avec les différentes rencontres que fera Barde (dont celle de l'amour, naturellement), et avec un peu de suspense, qui intervient sans doute trop tardivement, dans le tout dernier quart du livre, quand l'Inquisition menace. Le tout est conté de manière enjouée, légère, sans temps morts. Voilà donc un roman qui a priori devrait n'avoir rien pour plaire : et pourtant, grâce au talent de l'auteur, c'est là sa qualité première, Les cavernes du sommeil est un livre très plaisant.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/4/1986 L'Ecran fantastique 67
Mise en ligne le : 17/7/2003


     Richard Cowper est un de ces auteurs distingués et discrets qui collent parfaitement à l'image qu'on se fait depuis le XIXème Siècle du style dit « british ». Ses nombreuses traductions en Français (surtout chez DENOEL « Présence du Futur ») montrent qu'il a su séduire de ce côté-ci de la Manche...
     Véritable « force tranquille » de la SF anglaise, Richard Cowper évite les grands effets au premier degré au profit de concepts fascinants exposés avec soin et précision. Mais il lui arrive aussi de se livrer à cette autre activité souvent associée au caractère anglais qu'est l'humour décapant à froid. C'est le cas dans ces Cavernes du Sommeil qui content la fuite par le sommeil cryogénique d'un adolescent romantique lassé de la trivialité d'un monde futur d'où tout sentiment semble avoir disparu. Le premier quart du roman (celui réservé à l'exposition de l'univers de départ) est un festival de traits d'humour au deuxième degré... Mais un roman de SF anglais ne pouvant se passer de catastrophes, notre héros va se réveiller quinze siècles plus tard dans un univers revenu au stade médiéval. Et si vous vous attendez à l'éternelle histoire du rescapé qui va faire ressurgir la civilisation dans un monde barbare vous en serez pour vos frais. Car ce serait oublier que Barde est le dernier des Romantiques...
     Sûrement pas le meilleur Cowper mais quelle justesse de ton et quelle maîtrise de l'écriture et des personnages !



Richard D. NOLANE
Première parution : 1/11/1985 dans Fiction 368
Mise en ligne le : 10/3/2005


 
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