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Le Signe des locustes

M. John HARRISON

Titre original : A Storm of Wings, 1980

Cycle : Viriconium  vol.

Traduction de Jean-Pierre PUGI
Illustration de BEB-DEUM

GARANCIÈRE , coll. Aventures fantastiques n° 6
Dépôt légal : janvier 1986
320 pages, catégorie / prix : 49 FF
ISBN : 2-7340-0115-2
Format : 12,0 x 20,0 cm  
Genre : Fantasy


Autres éditions
   GALLIMARD, 2003
   in Viriconium - l'intégrale, MNÉMOS, 2015

    Quatrième de couverture    
     La reine Methvet Nian règnait sur Viriconium, la Cité Pastel, lorsque apparut le monstrueux Signe des Locustes, une malédiction qui transformait les habitants de la ville en hideux insectes dépourvus d'intelligence.
     C'est alors que Cellur, le Maître des Oiseaux, resurgit de son exil souterrain pour se porter au secours de la Cité Pastel, bientôt rejoint par le Nabot de Fer et par Alstath Fulthor, le premier des Hommes Ressuscités.
     Ils vont entamer une quête insensée qui les mènera vers le nord, à la rencontre de la folie et de l'horreur.
     LE SIGNE DES LOCUSTES est un véritable tour de force littéraire, comme c'est d'ailleurs le cas de l'ensemble de la trilogie de Virieonium qui restera comme l'une des créations les plus originales de l'Heroïc Fantasy moderne.

Déjà paru dans le Cycle de Viriconium :

LA CITE PASTEL

A paraître :

LES DIEUX INCERTAINS

L'Auteur

     M. John Harrison est né en 1945. Il a fait ses débuts à la fin des années soixante dans le célèbre magazine NEW WORLDS. C'est un des écrivains anglais parmi les plus importants de sa génération. Il a publié deux romans de Science Fiction et de nombreuses nouvelles. Mais son oeuvre la plus comme est sans aucun doute la Trilogie de Virieonium, un cycle d'Heroïc Fantasy dans la tradition et l'esprit de ceux de son illustre compatriote Michael Moorcock, le créateur d'Elric le Nécromancien.
 
    Critiques    
     L'une des plus grandes originalités du cycle de Viriconium, dont c'est ici le second tome, réside dans le fait que son fil conducteur n'est pas, comme d'habitude, un personnage central qu'on retrouve de volume en volume, ni même une unique quête. Non, ce qui fait ici l'unité, c'est Viriconium elle-même : la Cité Pastel. M. John Harrison l'a érigée au statut de personnage à part entière, à un degré sans doute rarement observé en science-fiction ou en fantasy.
     Une vingtaine d'années ont passé depuis La Cité pastel, TegeusCromis est mort depuis longtemps, la reine Methvet Nian se fait vieille... Diverses malédictions se sont abattues sur la ville : tout d'abord les Hommes Ressuscités, réveillés à la fin du premier volume et sur lesquels se basaient la plupart des espoirs de renaissance de l'Empire agonisant, perdent peu à peu l'esprit, confondant le présent et leur passé, n'arrivant plus à faire la différence entre la réalité et leurs cauchemars ; ensuite, une étrange religion s'impose aux habitants, le Signe des Locustes, qui nie le monde réel au profit d'une prétendue vérité se trouvant derrière la vision humaine... Viriconium s'enfonce peu à peu dans la fièvre, la réalité semble se gauchir, s'abîmer sous la lumière maléfique de la Lune. Arrive alors une Femme Ressuscitée, porteuse d'un inquiétant fardeau : une tête d'insecte géante ! De quel nouveau malheur est-elle la messagère ? Le Nabot de Fer, toujours vivant, l'Homme Ressuscité Alstath Fulthor, le bandit Galen Hornwrack et Cellur le Maître des Oiseaux vont partir à travers l'Empire pour le découvrir, allant au devant de l'incompréhensible danger...
     Pour ce deuxième volume, M. John Harrison semble s'être débarrassé de la trop visible influence de Michael Moorcock (une référence qui prédominait dans le premier volume), et a fait véritablement œuvre originale. Il prouve qu'il est parfaitement possible d'appliquer les recherches stylistiques de la New-Wave à la fantasy et ce, d'une manière qui n'a rien de gratuite : le style se fait le reflet de la déstabilisation de la réalité, traduit la vision déformée qu'ont les héros de ce qui arrive à leur monde... Cette écriture bouleversée, fiévreuse, met en scène la contamination de l'Empire de Viriconium par la réalité des envahisseurs.
     Le résultat n'est pas une œuvre inutilement absconse, mais bien au contraire un roman d'aventure aussi ambitieux que passionnant, doublement servi par une écriture superbe et par une intrigue parfaitement construite. Une manière de chef-d'œuvre, certainement.


André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/6/1986 dans Fiction 375
Mise en ligne le : 9/10/2005

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2004)


[Chronique portant à la fois sur les tomes 2 et 3 du cycle.]

     M. John Harrison ne fait pas franchement l'unanimité. Il suffit de parcourir quelques Forums ou plusieurs critiques pour s'en convaincre. « Sous-Moorcock » pour les uns, « style illisible » pour les autres, cet Anglais discret et sympathique (que les chanceux présents aux Utopiales de Nantes ont eu l'occasion de rencontrer) n'est pas un auteur facile, loin s'en faut. Obscurs, parfois difficilement compréhensibles, voire franchement « circonvolutionnés », ses romans sont pourtant intelligents, curieux, inventifs, drôles (oui oui) et surtout déraisonnables. Deuxième et troisième parties de l'improbable cycle de « Viriconium », Le Signe des locustes et Les Dieux incertains ne dérogent pas à la règle. Leurs détracteurs devraient donc se compter par centaines (au moins). Reste que les colonnes de Bifrost sont un lieu où il est encore possible d'exprimer ses opinions sans craindre l'excommunication. Disons-le donc tout net : oui, M. John Harrison est injustement méconnu et sans doute injustement critiqué. « Viriconium » est un chef-d'œuvre du bizarre, du fou, du n'importe quoi, traversé çà et là de traits bouleversants (rendez-vous aux dernières pages), l'ensemble du texte démontrant deux choses : Harrison sait prodigieusement bien écrire, et il s'amuse beaucoup. Il détourne, retourne, dévie, revient, repart, compare, mais (surtout) évite comme la peste les sujets-verbes-compléments. Il ne suffit évidemment pas de « faire compliqué » pour prétendre à l'excellence, mais Harrison y ajoute l'imagination, la densité, le théâtral (trop, diront certains), le grotesque, l'horreur et un savoir-faire tout sauf fantomatique. « Viriconium » 2 et 3 (et, par la même, l'œuvre entière d'Harrison) ne plairont donc pas aux fans d'Asimov, parce qu'ils s'inscrivent dans une tradition littéraire exigeante, complètement barrée et résolument « adulte ». L'auteur prend nettement position, à nous de le suivre, ou pas...

     Reprenons.

     Viriconium (cap. Cité Pastel) est un empire comme les autres situés sur Terre après (longtemps après) l'apocalypse. Plusieurs millénaires ont vu émerger et s'écrouler derechef différentes cultures, dont Viriconium est le dernier avatar. Tome 1 du cycle en question, La Cité pastel (cf. Bifrost 33) narrait les aventures des derniers Methvens partis en guerre contre une reine nordique félonne. Situé 80 ans plus tard, Le Signe des locustes s'approche un peu plus du pathologique et raconte une histoire que l'on pourrait aisément qualifier de méta-science-fictionnesque. Une nouvelle menace est à craindre, une menace indicible capable d'abattre le semblant de civilisation mise sur pied à Viriconium. D'abord cantonnée aux bas-fonds de la ville, la nouvelle religion du signe des locustes est le prémisse de quelque chose d'abominable, une horreur sans nom qui vaudra à Tomb le nabot un nouveau voyage vers le nord. Avec lui, Cellur (le maître des oiseaux, laissé pour mort au premier tome), Alstath Fulthor (le premier des ressuscités, vous suivez ?), mais aussi Galen Hornwrack (spadassin déchu rongé d'amertume) et une femme à moitié folle ayant apporté au Bistrot Viriconium (le bar du coin, quoi) une grosse tête d'insecte putréfiée. Pourquoi la folie semble-t-elle s'emparer du royaume ? Que signifient ces présages insectoïdes envahissants ? C'est ce que la petite troupe découvrira après un voyage au bout de l'horreur et de la folie, donnant l'occasion à l'auteur de décrire tout un monde halluciné (dans lequel des entités lunaires transforment un ancien pilote de vaisseau spatial en radio cosmique, un brusque choc des réalités (parallèles ?) entraîne l'invasion involontaire de sauterelles géantes et extraterrestres, tandis que les fidèles du Signe sont la proie de transformations physiques monstrueuses et que Viricomium est au plus mal — Hum...).

     Agaçant, horripilant, pénible et somme toute moyennement compréhensible, Le Signe des locustes est pourtant d'une étonnante force littéraire. On peut comparer le roman à une sorte de brouillard permanent parfois troué de zones visibles qui font figure d'illuminations (le passage des marins rendus fous par le Signe, et qui enflamment leurs bateaux, est exceptionnel). Reste que l'auteur va loin, et qu'on ne le suit pas forcément. Réservons donc Le Signe des locustes aux plus motivés, tout en les prévenant que la suite est pire, bien pire. Allons-y donc !

     [...] 1

     Au final, Le cycle de « Viriconium » est une œuvre terriblement « à part » dans la S-F d'aujourd'hui, mais son audace stylistique et la circonvolution permanente qui la caractérisent la positionnent d'emblée sur le secteur des OLNI indispensables, à prendre ou à laisser, en fonction des goûts de chacun. Peut-on parler d'anti-S-F ? Peut-être. En attendant, l'un des personnages de Harrison précise d'ailleurs que « plusieurs critiques tentent de présenter ses œuvres comme une suite d'images sans valeur narrative que seul son art lie les unes aux autres. » Une description qu'on peut aisément appliquer à « Viriconium », même si Harrison la réfute. Qu'en faire, donc ? Honnêtement, c'est à vous de voir...

Notes :

1. La partie de cette chronique portant explicitement sur Les Dieux incertains n'a pas été reproduite ici, se reporter à cet ouvrage [note de nooSFere]

Patrick IMBERT
Première parution : 1/4/2004
dans Bifrost 34
Mise en ligne le : 11/5/2005




 
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