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Nouvelles histoires d'outre-monde

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Jacques PAPY




CASTERMAN , coll. Autres temps, autres mondes - Anthologies
Dépôt légal : 1967
Anthologie, 330 pages
ISBN : néant
Format : 13,5 x 20,5 cm  
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Jacques Papy, qui a choisi et présenté ces « Nouvelles Histoires d'outre-monde », est né le 28 mars 1908. Etudes à la faculté de Lettres de Toulouse et en Sorbonne. Professeur agrégé d'anglais au Lycée Buffon (Paris).
     Spécialisé dans la littérature fantastique depuis plusieurs années, a révélé notamment au public français les oeuvres de H.P. Lovecraft et d'Ambrose Bierce.

    Sommaire    
1 - Jacques PAPY, Préface, pages 9 à 14, Préface
2 - Carl JACOBI, La Porte des corbeaux (The Corbie Door), pages 17 à 42, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
3 - Carl JACOBI, Le Mausolée (The Tomb from Beyond), pages 43 à 62, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
4 - Mary Elizabeth COUNSELMAN, Noir minéral (The black stone statue), pages 63 à 79, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
5 - Robert E. HOWARD, Morte-vie (Pigeons from Hell), pages 81 à 118, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
6 - Leslie Poles HARTLEY, Hélas, pauvre Yorick ! (The travelling grave), pages 119 à 144, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
7 - Evan HUNTER, Le Roi de Coeur (The Scarlet King), pages 145 à 157, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
8 - Carl JACOBI, Meurtre dans le champ de maïs (The Dangerous Scarecrow / Witches in the Cornfield), pages 161 à 169, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
9 - Carl JACOBI, Matthew South et Cie (Matthew South and Company), pages 171 à 183, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
10 - Robert Barbour JOHNSON, Un homme insignifiant (The Life-after-Deatho Mr. Thaddeus Ward), pages 185 à 206, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
11 - Mary Elizabeth COUNSELMAN, Cœur de chêne (The tree's wife), pages 207 à 221, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
12 - Robert E. HOWARD, …en replis tortueux (The Dream Snake), pages 223 à 230, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
13 - Carl JACOBI, Ailes d'ébène (Mive), pages 231 à 237, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
14 - August DERLETH, La Couverture à damier (The Patchwork Quilt), pages 241 à 252, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
15 - Joseph Payne BRENNAN, Le Perroquet vert (The green parrot), pages 253 à 258, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
16 - Mary Elizabeth COUNSELMAN, Bois, d'un cœur innocent (The huaco of señor Perez), pages 261 à 279, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
17 - Robert BLOCH, Les Yeux de la momie (The Eyes of the Mummy), pages 281 à 297, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
18 - Clark Ashton SMITH, Semences de mort (The Seed from the Sepulcher), pages 299 à 312, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
19 - David A. JOHNSTONE, Monsieur Alucard, pages 312 à 325, Nouvelle, trad. Jacques PAPY
20 - Walter LIEBSCHER, L'Enfant prodigue (Prodigy), pages 315 à 319, Nouvelle, trad. Jacques PAPY

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Thriller ( épisode : Pigeons from Hell ) , 1960 (d'après le texte : Morte-vie), (Episode Série TV)
 
    Critiques    

                Il est toujours agréable de rendre compte d’un ouvrage présenté et traduit par Jacques Papy. D’abord parce que c’est une occasion de rendre hommage à l’un des plus opiniâtres, des plus fidèles et des meilleurs connaisseurs du fantastique. Ensuite parce que sa culture et son expérience profonde du genre sont les garants assurés du plaisir que le lecteur prendra à vérifier la sûreté de son choix. Les Nouvelles histoires d’outre-monde s’inscrivent dans le prolongement d’un précédent recueil paru dans la même collection et dont Jacques Goimard avait dit ici même tout le bien qu’il fallait penser.

                Avant même d’aborder les nouvelles, j’ai pris un très vif plaisir à lire la préface de Jacques Papy. Il s’y explique avec minutie et modestie sur ses choix et ses préférences, et aussi sur les intentions qui l’ont guidé dans ce rassemblement, intentions qui donnent au recueil sa tonalité, son équilibre, ses « lignes de continuité, apparentes ou sous-jacentes. » Il y témoigne enfin d’un enthousiasme juvénile, rafraîchissant en ces temps de tiédeur littéraire, à l’endroit de ces deux genres jumeaux qu’il connaît et apprécie également : le fantastique et la science-fiction. Il y a une générosité rare dans le fait de louer bien haut dans une préface des auteurs qui ne figurent pas au sommaire de l’ouvrage : Lovecraft, Brown, Bester et Bradbury.

                Pour être moins connus en France, les auteurs présentés n’ont rien à redouter de cette hospitalité, à en juger au moins par les textes qu’ils livrent ici. Carl Jacobi, avec cinq nouvelles, fort diverses de thèmes et de ton, se voit octroyer la part du lion et la mérite. Robert Erwin Howard, conteur fantastique américain et texan, qui eut une carrière aussi remarquable que brève – Il mourut en 1936 à 30 ans – apparaît ici en France à peu près pour la première fois. Sa série la plus célèbre dans les pays anglo-saxons est celle de Conan, guerrier barbare des temps cimmériens, éternel vagabond, conquérant indompté, ne redoutant ni homme ni démon au sens littéral du terme et dont il faut espérer voir paraître un jour les aventures dans notre pays. Howard pratique ici un fantastique plus discret, plus classique, mais non moins efficace.

                August Derleth (éditeur et dans quelques cas collaborateur posthume de Lovecraft), Robert Bloch et Clark Ashton Smith sont des figures déjà connues du public français qui retrouvera avec satisfaction leurs univers particuliers. Je me bornerai à dire des autres auteurs qu’ils ne sont pas d’un rang inférieur.

                Jacques Papy propose de ces histoires un classement à cinq volets : Histoires horrifiques, fantastiques, fantomatiques, exotiques et humoristiques. Ce classement est de toute évidence destiné à la lecture. Il a permis à son auteur de jouer des oppositions de tons et de thèmes. Sur la base des contenus des histoires et sans vouloir les déflorer, je me permettrai d’en suggérer un autre qui illustrera la richesse et la complexité du domaine exploré.

                Toutes ces histoires ne relèvent pas du fantastique au moins dans l’acception traditionnelle du terme. Elles ont certes en commun, malgré leurs évidentes différences de style, une certaine couleur obscure, une morbidité de bon-aloi. Mais elles s’alignent, dans le même gisement, selon plusieurs veines.

                Une première veine est très proche de la science-fiction. L’inconnu terrifiant qui y est affronté demeure, dans sa profondeur, rationnel. Il surgit d’autres mondes, d’autres dimensions, mais il fait partie du même univers que nous : celui des choses. Il témoigne de la diversité inépuisable du monde dans l’horreur, diversité terrifiante parce qu’inépuisable. Ainsi dans Le mausolée, dans Noir minéral, dans Les ailes d’ébène, dans Semences de mort.

                Un deuxième filon, qui recoupe quelquefois le premier, fait appel aux connaissances effrayantes de grandes civilisations disparues ou même oubliées. Ces connaissances oscillent entre les domaines de la nature et de la surnature. Tantôt il y a sorcellerie et tantôt il y a science occulte, cela va sans dire. Mais la distinction n’est pas si aisée. Ainsi dans La porte des corbeaux, dans Le mausolée déjà cité, dans Bois, d’un cœur innocent et dans Les yeux de la momie.

                Un troisième registre fait appel aux ressources de la mythologie, tel ce remarquable renouvellement du thème de la dryade que représente Cœur de chêne, ou des religions exotiques comme le vaudou, dans Morte-vie et dans Matthew South et Cie, quoique cette histoire ait plus d’une dimension et que la sorcellerie y apparaisse surtout comme un commode deus ex machina. Ainsi s’achemine-t-on aisément vers des histoires qui mettent en scène la faune la plus classique de l’épouvante surnaturelle, zombies, fantômes, vampires. Mais la connaissance évidemment étendue de leur genre par les écrivains leur permet d’éviter les pièges de la banalité.

                Une dernière catégorie réunit des contes qui relèvent du récit criminel : ainsi Hélas, pauvre Yorick, Le roi de cœur et L’enfant prodige ; elles ne comptent pas parmi les moins insolites.

                Quelques histoires enfin sont demeurées dans ma passoire, que je ne saurais sans violence faire passer par l’une ou l’autre maille du tamis. J’en prendrai comme exemple Un homme insignifiant de Robert Barbour Johnson que je ne suis pas loin de tenir pour la meilleure du recueil. De même Meurtre dans le champ de maïs et …en replis tortueux de Howard qui jouent toutes les deux, mais dans des conditions combien différentes, sur les continuités abusives du temps et de l’espace.

                Il est à regretter que ne soit indiquée nulle part la date de parution initiale de ces nouvelles. Elles ont toutes été écrites, semble-t-il, entre 1920 et 1960. Elles sont donc contemporaines. Mais il serait inexact de penser à leur propos à une renaissance de la littérature fantastique. La plupart des magazines spécialisés qui l’accueillaient il y a encore une dizaine d’années ont aujourd’hui disparu. Et si l’on excepte les nouvelles criminelles, toutes ces histoires font référence au passé. À un passé mythique et ténébreux qui prend parfois des tournures provinciales paradoxales dans l’Amérique d’aujourd’hui. Il est encore trop tôt pour dire si le fantastique classique, en tant que genre, se meurt. Mais ses formes actuellement ultimes sont peut-être les plus belles, parce qu’elles ont exigé de leurs auteurs un effort d’originalité qui devait s’inscrire dans le cadre, après tout rigoureux, d’une tradition. Baroques dans leurs thèmes, ces histoires restent d’une sobriété classique dans l’expression.

                Et leurs particularités ne les empêchent pas d’atteindre à l’universel. Dans leur diversité, elles illustrent un seul et même héros, à la fois mythologique et réel : la Mort. Elles projettent dans l’imaginaire les visages innombrables de ce dieu éternel. Est-ce parce qu’Eros et Thanatos font résolument chambre à part que la littérature fantastique est le plus souvent chaste ?


Gérard KLEIN
Première parution : 1/3/1968 dans Fiction 172
Mise en ligne le : 10/5/2020


 
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