Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Mars la bleue

Kim Stanley ROBINSON

Titre original : Blue Mars, 1996
Première parution : Voyager, 1996
Cycle : La Trilogie martienne  vol. 3 

Traduction de Dominique HAAS
Illustration de Didier THIMONIER

FRANCE LOISIRS (Paris, France)
Dépôt légal : août 1999
Réédition
Roman, 770 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7441-2909-7
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   in La Trilogie martienne, OMNIBUS, 2006
   in La Trilogie martienne, 2012
   POCKET, 2003, 2004, 2006, 2008
   PRESSES DE LA CITÉ, 1996, 1997, 2018

Quatrième de couverture
Le parti des verts a triomphé. Désormais, Mars est entièrement « terraformée » avec océans, forêts, animaux. Nous en sommes à la quatrième génération de Martiens. Aux yeux de tous, Mars est devenue une utopie. Il faut empêcher son invasion par les Terriens. Sur la planète mère, la situation est désespérée. Un déluge cataclysmique a fait monter l'eau des océans aggravant un problème de surpopulation cruciale. On ne voit pas ce qui, aujourd'hui, pourrait empêcher les Terriens de déclarer la guerre à Mars. L'enjeu actuel est de conquérir d'autres planètes du système solaire. Qu'importé la durée du voyage puisque les nouveaux colons vivront longtemps. C'est peut-être un nouveau départ pour l'humanité toute entière...

Californien de 42 ans, Kim Stanley Robinson a visité le monde et exercé de nombreux métiers avant de devenir écrivain. Pour ses romans de science-fiction, il a reçu les plus hautes distinctions du genre : Prix Nébula pour Mars la Rouge, Prix Hugo pour Mars la Verte. Fasciné depuis toujours par cette planète, il l'a longuement étudiée en étroite collaboration avec les services spécialisés de la Nasa, avant d'écrire sa « trilogie martienne ». Celle-ci lui a demandé 17 ans de travail. Comme James Herbert dans Dune ou Dan Simmons avec Hypérion, il a magistralement réussi à recréer un univers où le lecteur s'aventure avec délice. Un livre d'ores et déjà appelé à devenir un classique !

     Après Mars la Rouge et Mars la Verte qui ont remporté les prix les plus prestigieux de la Science-Fiction, Mars la Bleue est l'ultime volet de cette trilogie martienne appelée à devenir un classique de SF au même titre que la série Dune de Frank Herbert ou Le cycle de Fondation d'Asimov

Tl : Mars la Rouge
T2 : Mars la Verte
T3 : Mars la Bleue
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition PRESSES DE LA CITÉ, (1997)

     Mars transformée au fil du temps par les ingénieurs planétaires, dotée d'une atmosphère plus dense, de forêts, de mers. Mars dotée de vie, et dont le ciel finit par virer au bleu. Mars colonisée par les Terriens, en proie aux contradictions et aux conflits de leurs sociétés.... Tout un monde à construire en partant de rien. Un projet grandiose, à la démesure des ambitions de notre vingtième siècle agonisant, qui doute de lui-même, trente ans après les premiers pas de l'homme sur la Lune et l'aventure des missions Apollo, et se remet à espérer, rêve à nouveau de la haute-frontière. Qu'en sera-t-il vraiment ?
     Kim Stanley Robinson nous montre la voie. Avec Mars la Rouge, Mars la Verte, et Mars la Bleue, il a non seulement créé une trilogie science-fictionnelle des plus remarquables ; il a fabriqué une machine de conquête, un véhicule bourré de science, de sagesse, une œuvre qui marquera son époque. Qui sait si les milieux industriels et politiques ne seront pas tentés par l'idée ? C'est tellement réaliste, criant de vérité.
     L'auteur a consacré dix-sept ans de sa vie, avec patience, obsession, avec recherche, à construire la trilogie de Mars. Son œuvre antérieure, fortement marquée par la trilogie d'Orange County, prend une dimension de vaste prodrome, d'introduction à un grand-œuvre. On a dit de lui, étiquette commode, qu'il était l'hyperréaliste de la science-fiction : mais lorsque la description de la réalité, ou de son anticipation, est à ce point aussi maîtrisée, achevée, cela touche à la magie. Clarke ne disait-il pas de la science que plus elle devenait complexe, plus elle se rapprochait de la magie dans ses effets, et son incompréhension pour le commun des mortels ?
     Mars la Rouge racontait les débuts difficiles de la colonisation, les premières tensions avec la planète-mère. Mars la Verte allait de l'avant sur la voie irréversible de la transformation du paysage et des mentalités. Le volume s'achevait sur la seconde révolution martienne, alors que la Terre faisait face à la fonte des glaces de l'Antarctique et à une dramatique montée des eaux.
     Mars la Bleue débute avec l'indépendance de la colonie et l'établissement d'une société, fondée sur les meilleures espérances utopistes de la Terre. Puis, lentement, l'action se déplace et le décor se déploie aux dimensions du système solaire, grâce à l'invention de la propulsion spatiale par fusion contrôlée. Les étoiles proches deviennent pratiquement accessibles elles aussi, du moins, dans le cours d'une vie humaine. Or, le traitement de longévité qui s'est généralisé voit l'espérance de vie dépasser deux cents ans. Les principaux protagonistes du roman demeurent ainsi, à l'aube du vingt-deuxième siècle, ces mêmes colons qui foulèrent en 2027 le sol de la planète rouge. Et la Terre connaît une période de surpeuplement extrême avec dix-huit milliards d'habitants, conséquence du recul de la mort.
     Certains finissent par oublier leur condition d'êtres mortels, à commencer peut-être par la substance de leur individualité. Comment tenir intacte une vie aussi longue, entre les murs du cerveau et le mystère de la mémoire ? De quoi sommes-nous faits, sinon de souvenirs, d'un être insaisissable qui laisse des pans entiers de lui-même sombrer dans l'oubli le plus absolu ? D'étranges maladies apparaissent, des trous de la vie mentale, et les blessures de la mémoire sont peut-être le prix à payer, paradoxalement, pour garder son humanité, sa capacité à jouir du moment présent.
     Mars la Bleue nous emmène dans une promenade encyclopédique entre politique et hard science, mais c'est à l'homme ou à la femme que Robinson s'intéresse plus que tout. Malgré quelques longueurs, on les pardonne facilement, le style classique de l'auteur et son talent quasi-proustien à nous faire ressentir de l'intérieur la psychologie des personnages, donnent une dimension vivante, émotionnelle, à la lecture de ce qui n'est pas un « gros roman de SF » de plus, mais un excellent roman de littérature générale du futur.
     Les martiens sont nos frères. Nous ne serons plus jamais seuls dans l'univers.

Christo DATSO (lui écrire)
Première parution : 1/3/1997
Ozone 5
Mise en ligne le : 17/7/2003


Edition PRESSES DE LA CITÉ, (1997)

     Et si nous réinventions la société humaine, ailleurs ?

     Mars la Bleue commence là où s'était arrêté Mars la Verte, et Kim Stanley Robinson, avec le réalisme littéraire d'un Zola et la méticulosité scientifique d'un chercheur du CNRS, continue d'envisager les forces socio-politiques, les questions morales et le développement psychologique de ses personnages, dans un XXIIe siècle où l'Homme a su faire de Mars une planète habitable, en la terraformant.

     Comme dans les deux volumes précédents, Robinson s'amuse avec une narration complètement éclatée, multi-focale, et encore moins linéaire. Le livre est parsemé de blocs, entrecoupé d'ellipses et de changements de focalisation tout comme d'attention portée aux personnages : certains, tels Hiroko, sont abandonnés, d'autres, importants jadis, meurent en silence en l'espace de quelques lignes. Chaque chapitre suit un personnage différent dans son combat pour la vie, qu'il soit un Rouge conservateur, nostalgique des cailloux carmins, un Vert terraformateur cherchant à plier la planète au confort de ses habitants, ou un Terrien fuyant la submersion des continents sur notre bonne vieille planète. Immense patchwork sans fil directeur évident, Mars la bleue est un musée aux multiples tableaux qui, réunis, comme les histoires se croisent, donnent une impression globale de la vie d'une planète et de ses problèmes politiques, Et, comme Zola, Robinson est étonnant, grandiose, tout autant que magnifiquement ennuyeux lorsque s'éclipsent les derniers soubresauts d'une action trop rare. La dimension, ou plutôt toutes les dimensions de ce récit en font, paradoxalement, un livre incontournable mais pesant...

     Le roman donne l'impression que Robinson a lancé son jouet, initialisé son univers dans les deux premiers volumes pour se complaire dans le troisième à venir observer — tel un dieu omniscient — les destins épars de ses personnages affolés. Venir observer les directions et les résultats d'une société en quête d'Utopia, et les combats aveugles des utopistes contre l'Histoire : « Nous pouvons prendre l'Histoire par le bras et le lui péter... » hurlent-ils en rompant à jamais le câble de Sheffield, dernier chemin qui les liait à la Terre.

     Alors se pose la véritable question de cette colossale trilogie martienne. Non pas pouvons-nous terraformer Mars, ni devons-nous terraformer Mars, mais plutôt : si nous terraformions Mars, serons-nous capables de faire une société meilleure, de développer une nouvelle éthique où s'équilibreront les intérêts des hommes et ceux de la planète ?

     La vérité, c'est que Kim Stanley Robinson ne veut pas y répondre. Son livre n'est pas une réponse. Il n'est pas même une conclusion : le roman sème au vent de la tempête martienne le destin de tous ses habitants, parce que la vie, là-haut non plus, n'a pas de fin. On ne conclut pas l'histoire de la vie. Mais le lecteur sensible saura peut-être trouver un élément de réponse, ou juste une touche subjective inavouée dans la structure du roman : celui-ci commence et finit avec le même personnage, Ann Clayborne. Elle est en pleine dépression au début du roman, comme la grande majorité des survivants de Mars la Rouge, et partagée entre une colère profonde contre les terraformateurs et la peur de la violence des Rouges : elle ne veut pas perdre dans ce combat les derniers amis qui lui restent, ceux avec qui elle a partagé son petit bout d'histoire, les survivants des cent premiers, de quel côté qu'ils soient. Et, soudain, l'Homme passe devant l'Histoire. Soudain l'Homme passe devant l'Utopie, mais de façon si subtile qu'on ne sait plus si cela s'est vraiment passé. Il n'y aura pas de quatrième volume, et la question de savoir si l'Homme est capable d'être fondamentalement bon, même au sein d'une société, reste en suspens, mais un suspens néanmoins plein d'optimisme.

Henri LŒVENBRUCK (site web)
Première parution : 1/3/1997
dans Galaxies 4
Mise en ligne le : 3/12/2008

Prix obtenus
Hugo, Roman, 1997
Locus, Roman de Science-Fiction, 1997
Ozone, Roman de Science-Fiction étranger, 1998


Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)  pour la série : La Trilogie martienne

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 78544 livres, 90701 photos de couvertures, 74507 quatrièmes.
8858 critiques, 42702 intervenant·e·s, 1656 photographies, 3770 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2022. Tous droits réservés.