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L'Homme qui rétrécit

Richard MATHESON

Titre original : The Shrinking Man, 1956
Première parution : New York : Gold Medal Books, 1956

Traduction de Jacques CHAMBON
Illustration de Didier DORVAL

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 22
Dépôt légal : septembre 2000, Achevé d'imprimer : 14 septembre 2000
272 pages, catégorie / prix : F6
ISBN : 2-07-041581-3
Format : 10,8 x 17,7 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   DENOËL, 1957, 1971, 1979, 1981, 1991, 1994, 1999
   in Par-delà la légende, GALLIMARD, 2014

    Quatrième de couverture    
     « L'araignée fonça sur lui dans l'ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu'elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable.
     L'homme en resta paralysé. Il vit l'éclat venimeux des yeux de l'araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d'un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu'à atteindre le niveau des épaules de l'homme. »
 
     Né en 1926, Richard Matheson a débuté une carrière de journaliste avant de se tourner vers l'écriture. Il a acquis sa renommée dans le monde de la science-fiction grâce à deux romans devenus des classiques du genre : Je suis une légende et L'homme qui rétrécit, tous deux adaptés au cinéma.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Denis Guiot, Stéphane Nicot & Alain Laurie : Dictionnaire de la science-fiction (liste parue en 1998)
Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
L'Homme qui rétrécit , 1957, Jack Arnold
La Femme qui rétrécit , 1981, Joel Schumacher
 
    Critiques    
     Il existe des œuvres, rares, qui portent en elles bien plus que l'ensemble de leurs éléments  ; dans le recueillement qui prolonge leur lecture, nous nous sentons portés vers un centre parfait, celui d'où l'inspiration de l'écrivain tire sa puissance  : là où ce qui est dissimulé apparaît. C'est à partir de ce noyau qu'il nous est parfois donné à entendre quelque vérité essentielle.
     L'homme qui rétrécit est le récit extraordinaire d'un homme ordinaire pris dans une spirale d'anéantissement, une descente progressive vers le non-être. Plutôt que de rétrécissement, il faudrait dire  : la disparition, car c'est bien de ce sujet que traite Richard Matheson avec une perfection cruelle. Thème de prédilection — encore exploité dans la nouvelle Escamotage (un chef-d'œuvre à redécouvrir prochainement dans l'intégrale des nouvelles en cours de publication chez Flammarion) — à travers lequel l'écrivain nous parle de la perte de l'identité, du soubassement dépressif de notre ego, de cette pulsion de mort et de négativité qui mine de l'intérieur la perception de notre propre corps dans ses rapports aux autres et à l'espace.
     Qu'est-ce que le corps  ? sinon image du corps, identité intériorisée renvoyant à une cénesthésie globale, construite lors de la croissance de l'enfant, liée à sa maîtrise progressive de l'espace et à son statut, évoluant d'une dépendance complète à l'indépendance face aux adultes, aux grands. Le corps peut-il nous trahir à ce point, se demande Matheson, que nous pourrions en être réduits à n'être plus qu'un point peut-être, autant dire rien  ? La réponse se donne à lire dans une fable élaborée — convention de genre oblige — à partir d'un postulat pseudo-scientifique  : subissant les effets d'une mutation, Scott, père de famille mesurant un mètre quatre-vingts au début du roman, rapetisse inexorablement, tout en conservant ses proportions et son identité, perdant, au début du processus, un septième de pouce par jour. Diminuant au sens propre, il va aussi en ressentir les effets sociaux et familiaux tout au long d'une dégringolade de l'être vers des abîmes, plus que figurés, car il finit par être perdu dans la cave de sa propre maison, minuscule titan qui combat une monstrueuse araignée et survit en grappillant des miettes de restes de pain. Et puis, alors que le terme de sa descente se rapproche, croit-il, du point zéro au-delà duquel il n'y a plus que vide, mort certaine, Scott, héros à rebours d'une humanité qui a pris des proportions géantes, bascule dans une nouvelle dimension de la vie.
     Écrivant ce roman qui vaut bien de lourds et revêches traités théoriques sur l'Être et le Néant — et l'auteur fait dire par son personnage  : « Est-ce qu'un philosophe a déjà rétréci  ?  » — , Richard Matheson, en pleine possession de ses moyens dans l'Amérique angoissée des années cinquante, nous prouve toujours à l'orée d'un siècle nouveau qu'il n'est point d'Art ni de Vérité sans fable ni futilité. Aux lecteurs contemporains à (re)découvrir — dans une nouvelle traduction qui rend enfin l'hommage que mérite le texte — cette fiction philosophique qui ne manquera pas de croître dans leur estime avec le temps et qui s'impose comme un des grands classiques du genre.


Christo DATSO (lui écrire)
Première parution : 1/9/1999 dans Galaxies 14
Mise en ligne le : 10/10/2000


 

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