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Aux confins de l'étrange

Connie WILLIS

Titre original : Impossible Things, 1993

Traduction de Jean-Pierre PUGI
Illustration de John Jude PALENCAR

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1992 - 2001, 3ème série - dos violet/blanc) n° 3975
Dépôt légal : juin 1995
576 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-277-23975-5   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Connie Willis
     Elle vit dans le Colorado avec sa famille et collectionne les récompenses littéraires : le John W. Campbell Award pour son premier roman puis les prix Nebula, Hugo... Les Editions J'ai Lu ont publié Le Grand Livre (n°3761) qui a obtenu le prix Hugo 1993.

     La fin du monde ne sera pas cataclysmique mais progressive et insidieuse. Ça vous étonne ?
     Et si l'on vous disait aussi que l'on trouve des trous noirs même sur cette Terre, seriez-vous surpris ?
     Communiquer avec des extraterrestres pourrait poser des problèmes inattendus. Shakespeare n'était pas Shakespeare. Une existence trop morne mène à la folie. Il est des pédagogues qui manquent de discernement. Le Blitz a offert à certains des opportunités inespérées. Il existe un rapport étroit entre Hollywood et la physique quantique... C'est fou, non ?
     XVIe, XXe, XXIe siècles : oui, décidément, quelle que soit l'époque, le monde est fou ! Surtout celui que nous décrit Connie Willis dans ces onze nouvelles où se mêlent l'humour et l'étrange, le quotidien et le fantastique...

    Sommaire    
1 - Gardner DOZOIS, Avant-Propos, pages 7 à 12, Introduction, trad. Jean-Pierre PUGI
2 - Le Dernier des Winnebago (The Last of the Winnebagos), pages 17 à 94, trad. Jean-Pierre PUGI
3 - Même sa Majesté (Even the Queen), pages 95 à 122, trad. Jean-Pierre PUGI
4 - Le Rayon de Schwarzschild (Schwarzchild Radius), pages 123 à 152, trad. Jean-Pierre PUGI
5 - Ado (Ado), pages 153 à 168, trad. Jean-Pierre PUGI
6 - Pogrom spatial (Spice Pogrom), pages 169 à 286, trad. Jean-Pierre PUGI
7 - Conte d'hiver (Winter's Tale), pages 287 à 324, trad. Jean-Pierre PUGI
8 - Hasard (Chance), pages 325 à 370, trad. Jean-Pierre PUGI
9 - A la fin du Crétacé (In the Late Cretaceous), pages 371 à 394, trad. Jean-Pierre PUGI
10 - Temps mort (Time Out), pages 395 à 466, trad. Jean-Pierre PUGI
11 - Rick (Jack), pages 467 à 542, trad. Jean-Pierre PUGI
12 - Au Rialto (At the Rialto), pages 543 à 575, trad. Jean-Pierre PUGI

    Prix obtenus    
Locus, recueil, 1994
Prix obtenus par des textes au sommaire :
Au Rialto : Nebula, novelette, 1989
Le Dernier des Winnebagos : Nebula, novella / Court roman, 1988, Analog (prix des lecteurs), novella / Court roman, 1989, Asimov's (prix des lecteurs), novella / Court roman, 1989, Hugo, novella / Court roman, 1989, Science Fiction Chronicle, novella / Court roman, 1989
Même sa Majesté : Nebula, nouvelle / Short story, 1992, Asimov's (prix des lecteurs), nouvelle / Short story, 1993, Hugo, nouvelle / Short story, 1993, Locus, nouvelle / Short story, 1993, Science Fiction Chronicle, nouvelle / Short story, 1993
Pogrom spatial : Asimov's (prix des lecteurs), novella / Court roman, 1987

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Denis Guiot, Stéphane Nicot & Alain Laurie : Dictionnaire de la science-fiction (liste parue en 1998)
 
    Critiques    
     Nous avons croisé la route de Connie Willis dans l'antho Asimov présente. La collection SF de J'ai Lu vient de publier un gros recueil de ses textes, le deuxième après Les veilleurs du feu paru en 1988 (J'ai Lu n° 2339). Et le texte qui ouvre Aux confins de l'étrange, Le dernier des Winnebago, est paru dans un précédent volume de la série de Pocket (sous le titre La dernière caravane, dans Futurs tous azimuts, Pocket n° 5375), de même que Temps mort (dans Futurs à bascule, Pocket n° 5379). Bon sang, tout se tient !
     Le lecteur français aura découvert Connie Willis vers 1982 dans l'anthologie annuelle de J'ai Lu, Univers : pour une fois, il n'aura pas subi un retard trop conséquent dans la découverte d'un nouvel auteur, Connie Willis obtint cette année-là ses premiers prix Hugo et Nebula avec Fire Watch. Elle a connu un nouveau doublé en 1989 pour Le dernier des Winnebago, qu'on peut donc lire ici. Nous voici face à un auteur quelque peu paradoxal : native de Denver et résidant dans le Colorado, elle éprouve une fascination pour la Grande-Bretagne, incarnée en William Shakespeare ou perçue à travers Londres sous le blitz (dans Fire Watch naguère, dans Rick aujourd'hui). D'un humour plutôt caustique, elle assiste à des réunions Tupperware comme n'importe quelle ménagère américaine moyenne mais elle est sans doute la seule à en tirer matière à littérature... Connie Willis vaut incontestablement le déplacement, malgré l'opinion de quelques esprits chagrins qui voient dans ses personnages des caricatures de psychologie. Je partagerais plutôt l'opinion de Gardner Dozois dans sa préface : nous sommes face à une œuvre « trompeuse et impitoyable, d'une redoutable efficacité ».
     Onze textes sont réunis ici, et s'il est difficile de dire où se situent les « confins de l'étrange », ces nouvelles nous balancent toutes de l'autre côté du miroir ! (Impossible things, le titre original, est né chez Lewis Carroll, une épigraphe en témoigne.) Psychologie primaire ou pas, Connie Willis possède pour de bon son métier d'écrivain, et il n'y a aucun texte de ce recueil qui ne capte l'attention de son lecteur. Que les réussites soient jugées diversement tient davantage du goût personnel et pour moi, par exemple, si A la fin du crétacé est une nouvelle plutôt comique, par contre je ne situe pas très bien son enjeu réel. Certains titres pourront se voir classés aux « confins » de la SF, à nouveau selon la sensibilité de chacun. Mais comment ne pas succomber à des réussites telles que Le rayon de Schwarzschild et sa peinture de la vie dans les tranchées du front de l'Est, ou Hasard et sa méditation sur les tournants de l'existence, et sur les choix qui nous marquent...
     Entre le futur qui meurt lentement du Dernier des Winnebago, très mélancolique, et l'ambiance de comédie de cinéma de Pogrom spatial, qui joue sur les mots et les situations de manière hilarante, ce recueil se structure sur sa diversité. On appréciera la dénonciation du rectopolitisme dans Ado, où l'on expurge la lit­térature afin de ne choquer personne, comme l'approche biaisée d'un avenir biologiquement très différent pour les femmes, dans Même sa Majesté, ou encore la version de l'auteur, mais d'un abord tellement subtil et décalé, de la vie de Shakespeare. Connie Willis réussit à renouveler étonnamment le mythe vampirique (Rick), comme à situer dans une école de province les plus abracadabrantes théories sur la discontinuité du temps (Temps mort). A mon sens, la réussite du recueil est constituée de son ultime texte, Au Rialto, qui parvient à énoncer successivement qu'aucun spécialiste en physique quantique ne comprend réellement la physique quantique, puis à développer un saisissant parallèle entre celle-ci et un autre monde fou, fou, fou : Hollywood. Ou comment obtenir les clés de sa chambre d'hôtel s'avère plus difficile que comprendre le paradoxe EPR...


Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/1/1996 dans Cyberdreams 5
Mise en ligne le : 14/9/2003


 

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