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Seigneur de lumière

Roger ZELAZNY

Titre original : Lord of Light, 1967

Traduction de Claude SAUNIER
Illustration de Françoise VANNEREAU

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 181
Dépôt légal : octobre 1984
354 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-207-30181-8
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   DENOËL, 1974, 1975, 1993, 1999
   in Seigneurs de lumière, 2009
   GALLIMARD, 2012

    Quatrième de couverture    
Après avoir conquis la planète des êtres de lumière, ils ont acquis l'immortalité et des pouvoirs absolus. Mais au lieu d'en étendre le bénéfice à tous les hommes, ils se sont enfermés dans une prétendue cité céleste, se sont attribué des noms de dieux hindous pour recevoir l'adoration de ceux qui voient dans leur pouvoir une manifestation divine.
Un jour pourtant, las de cette théocratie qui maintient le monde dans un scandaleux obscurantisme, un ancien conquérant décide qu'il est temps pour le peuple de partager le secret des dieux. Mais saura-t-il faire triompher son propre « évangile » ?

L'auteur :
Roger Zelazny est né en 1937 à Cleveland, dans l'Ohio.
Aussi célèbre pour ses grands romans mythiques que pour sa très populaire série des Princes d'Ambre, il a vu son oeuvre couronnée par trois Hugo et trois Nebula et, en France, par le prix Apollo.
Présence du Futur a déjà publié 13 de ses ouvrages.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 1968

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Jacques Sadoul : Anthologie de la littérature de science-fiction (liste parue en 1981)
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition DENOËL, Présence du futur (2004)


     Encore une œuvre qui prouve, s'il le faut, que la science-fiction se prête à tous les caprices de l'imagination ! Voilà une histoire basée sur la mythologie hindouiste, et dont les protagonistes ne sont rien moins que des dieux eux-mêmes. Cela nous change du space opera et des facettes moins originales pour ne pas dire plus galvaudées de ce genre littéraire. Zelazny est plus connu pour sa série des Princes d'Ambre, mais c'est le propre des bons auteurs d'avoir plusieurs cordes à leur arc. Une autre atmosphère, plus méditative, moins ludique, anime ces pages.

     Qui dit dieux dit religion. Ici, l'accélérationnisme, un mouvement religieux, est le moteur du récit, mais il vous faudra atteindre le troisième tiers de la lecture pour bien en découvrir la nature et les enjeux. Il existe dans un contexte qui est longuement décrit, où on va comprendre que la réincarnation n'est pas qu'un mythe, que les Dieux sont en fait des hommes méritants, que les pouvoirs des Dieux sont le produit de la Science et que l'accélérationnisme a besoin d'un catalyseur. C'est évidemment Bouddha qui va jouer ce rôle. Lui seront opposés : Yama, dieu de la mort, Kali, ancienne maîtresse du Bouddha, et d'innombrables membres de la Cité Céleste. Seront ses alliés : les hommes, les démons Rakashas, Nirriti le mauvais, etc... La multiplicité des personnages rend déjà l'histoire assez complexe. Mais d'autres éléments viennent encore se greffer sur cette complexité.
     D'abord, chaque dieu est connu sous plusieurs noms. Il arrive donc que nous ne comprenions qu'au bout de trois pages quelle est l'identité des interlocuteurs. Suspense insoutenable ou casse-tête désagréable ? La réponse dépendra de la sensibilité du lecteur. Ensuite il faut aimer chercher une signification à certains éléments du texte comme ces phrases mystérieuses où chaque mot est répété trois fois... Enfin la mise en page n'aide pas à discerner les changements de personnages ! Bref, une lecture attentive est requise.

     Qui dit dieux dit aussi propos d'une certaine profondeur. Là, chacun jugera : « Le doute est la chasteté de l'esprit » ne m'a pas convaincu ; « Le meilleur moyen d'anéantir l'espérance et la foi, c'est de faire se réaliser les croyances et les espérances » me séduit davantage... Qui dit Dieux dit enfin batailles, et vous serez servis dans les cent dernières pages, sans pour autant plonger dans l'horreur. R.Z. se préoccupe en effet beaucoup plus des relations entre divinités que de l'hémoglobine répandue.
     Pour finir, la grande humanité de la conclusion, qui nous émeut de façon surprenante, révèle l'essence du récit, à tous les niveaux : les histoires de dieux sont des histoires d'hommes.

     Seigneur de lumière s'adresse donc à un lectorat plutôt mûr et réfléchi, qui doit inlassablement chercher le sens du discours pour goûter à ses plaisirs cachés. Si vous avez ces caractéristiques, si vous détestez les livres où sauter une demi-page ne gêne pas pour comprendre la suite, alors vous estimerez sans doute que le prix Hugo 1968 a été justement attribué à ce roman.

Antoine ESCUDIER (lui écrire)
Première parution : 1/9/2004
nooSFere


 

Edition DENOËL, Présence du futur (2009)


     Ils sont les Premiers et ce sont des dieux. Ils s'appellent Shiva, Brahmâ, Vishnou, Yama, Kali ou Kalkin, détiennent des pouvoirs extraordinaires et règnent sans partage sur le monde des hommes. Une planète, loin de Terra, où toute avancée technologique humaine est détruite, où le dogme religieux est insidieusement inculqué dans les esprits, où l'immortalité est un service payant. Un jour, Kalkin s'émeut de l'injustice qui caractérise le règne des dieux — ses pairs dont il connaît la véritable nature. Il descend se mêler au peuple, où se côtoient mortels et immortels, pour porter la bonne parole, celle d'une nouvelle religion, avec laquelle il espère affaiblir les faux dieux et desserrer leur emprise sur les hommes. Ce qui ne plait évidemment pas aux maîtres du Paradis, qui voient soudain leur autorité ébranlée. Un bras de fer psychologique et politique s'engage alors entre Kalkin l'Enchaîneur, qui se fait appeler dorénavant Sam (diminutif de Mahasamatman), le Seigneur de lumière ou Bouddha, et les dieux. Après une tentative d'assassinat manquée, l'affrontement se transforme en une guerre ouverte et meurtrière, car c'est seul que le Paradis veut régner sur les hommes et leur promettre l'immortalité...

     Publié en France en 1975 (Denoël « Présence du futur » n°181), Seigneur de lumière n'a bénéficié d'une révision de traduction que récemment (Denoël « Lunes d'encre », février 2009), notamment pour pallier l'absence d'une partie substantielle du texte originel. Cette révision arrive assez tard, est-on tenté de dire, car sur le seul plan thématique, Seigneur de lumière est sans doute aucun l'œuvre la plus aboutie de l'auteur, qui publiait alors son troisième ( !) roman.

     Immortalité et hommes dotés de pouvoirs divins sont des thèmes récurrents dans l'œuvre de Zelazny (on pense à Royaumes d'ombre et de lumière, L'Œil de chat, le cycle d' « Ambre » et surtout L'Ile des morts), une œuvre où bon nombre de titres reposent sur une mythologie ou un panthéon exotique. Ici, sont conviées à la fête deux religions majeures de l'Asie : le bouddhisme et l'hindouisme, proches géographiquement mais séparées par un gouffre que Zelazny met en relief avec fidélité. Le roman est profond, virtuose, documenté, et il n'est donc pas étonnant d'y trouver un grand nombre de références théologiques et mythologiques « sérieuses » dont, entre autres, les Védas de l'hindouisme et les dix préceptes du bouddhisme. Le lecteur curieux se rendra d'ailleurs rapidement compte de la fidélité du texte en se documentant dans des livres spécialisés.

     Une guerre divine, c'était le terrain idéal pour Roger Zelazny, l'un des poètes de la science-fiction et le plus à même d'imaginer un tel conflit, forcément cataclysmique. Sa plume ciselée rend à la perfection l'atmosphère des batailles titanesques ; il décrit avec une rare aisance des héros pas toujours francs du collier et des scènes en tous points dramatiques. Et pourtant, dès le début, il ne nous simplifie pas la tâche pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce Seigneur de lumière. Les chapitres ne se suivent pas dans un ordre chronologique strict — une autre façon symbolique de se rapporter au bouddhisme — , l'histoire commençant alors que Sam a déjà perdu la bataille et qu'il vient juste de se réincarner. Ce qu'ignorent à ce moment-là ses adversaires.

     Qu'on ne s'y trompe pas, ce roman n'est pas le récit d'une guerre de religions, mais plutôt la description d'une petite aristocratie d'ego surdimensionnés mais tristement humains confrontée à un mouvement révolutionnaire : l'accélérationnisme. La bataille n'oppose pas des dieux ou leurs dogmes, mais des hommes aux pouvoirs effrayants. De divin, ils n'ont que la puissance, et s'ils réussissent à s'affranchir de leur condition mortelle, ils ne possèdent pas la sagesse pour exercer un tel pouvoir. Immortalité et puissance donnent-ils un droit de vie et de mort sur autrui ? Cela fait-il de vous un dieu ? C'est à ces questions, et à bien d'autres, que répond ce roman intemporel, lauréat du prix Hugo 1968.

Emmanuel BEAUJOT
Première parution : 1/7/2009
dans Bifrost 55
Mise en ligne le : 2/11/2010




 
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