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A la fin de l'hiver

Robert SILVERBERG

Titre original : At winter's end, 1988
Science Fiction  - Cycle : Nouveau printemps vol.

Traduction de Patrick BERTHON
Robert LAFFONT, coll. Ailleurs et demain n° (119), dépôt légal : mars 1989
420 pages, catégorie / prix : 110 FF, ISBN : 2-221-05652-3

Couverture

    Quatrième de couverture    
     L'hiver avait duré sept cent mille ans. Près de cent millions d'années plus tôt, un hiver identique avait anéanti les dinosaures. Le dernier avait ruiné l'humanité. Ces hivers récurrents sont provoqués par la chute régulière, tous les vingt-six millions d'années, d'essaims de comètes vers les régions centrales du système solaire, chute provoquée par une étoile voisine du soleil, Némésis, ou bien par la traversée du plan galactique par le système solaire. Peu importe. Tous les vingt-six millions d'années, l'ardoise de la vie est presqu'entièrement effacée par une pluie tombée du ciel.
     A l'abri d'un cocon souterrain, pendant sept cent mille ans, le Peuple a survécu. De génération en génération, il s'est transmis la Tradition qui affirme que, le Printemps revenu, il devra regagner la surface et rejoindre la glorieuse cité de Vengiboneeza où il recueillera l'héritage des humains et accomplira son destin. Cette fois au moins, tout de la mémoire du monde n'a pas été perdu. Hresh, l'enfant devenu par chance et par vocation l'Ancien, le détenteur du savoir, va devoir affronter la redoutable épreuve du Printemps et trouver la réponse à une question terrible : après si lontemps, le Peuple est-il vraiment, comme tous le croient, humain ?
     Avec son talent habituel, Robert Silverberg, l'un des plus célèbres écrivains américains de science-fiction et le plus souvent couronné de prix littéraires, décrit l'aventure, dans un avenir très éloigné, d'une petite société qui a survécu à une catastrophe géologique. Il parvient de façon poignante à coupler le temps immensément long, mythique, de l'évolution avec celui, éphémère et historique, des destins individuels qui en tissent la trame.

 
    Critiques    
     Voilà le dixième roman de Silverberg dans la collection que dirige Gérard Klein. C'est dire à la fois en quelle estime il y est tenu, c'est dire aussi sa grande capacité de création, et de renouvellement, car il n'y a, au plan de l'intrigue et des univers, rien de commun entre Les monades urbaines, Les déportés du Cambrien, L'homme stochastique et A la fin de l'hiver, par exemple. Sauf, peut-être, une situation de base produite par la tension dynamique entre l'enfermement et la volonté d'expansion, diastole/systole, un rythme émotif parmi les plus profonds. Ici, en plus, se pose une des questions clés de la SF — depuis, au moins Les animaux dénaturés, le roman mal prisé de Vercors — , à savoir : qu'est ce qu'un être humain ? Ou encore : qui est humain ? Le singe qui descend de l'homme est-il, au sens culturel, humain ? Ces questions sont présentes, mais légèrement, sur une toile de fond qui renvoie un peu à la fois à l'Helliconia de Aldiss et pas mal à de nombreux récits post-cataclysmiques. L'originalité de Silverberg, outre son habileté dans la composition, son utilisation adroite de références connues pour inventer des mondes, tient ici à des détails concernant les relations intimes entretenues par les membres de ce nouvel avatar de l'humain : en particulier les différences entre les couplages profonds et les banals accouplements. L'histoire est celle d'une sortie des glaces, dans un nouveau printemps, qui serait celui de la nouvelle « humanité », sur une Terre chargée de passé inconnu, mais dont certaines inventions — à base psychique — sont découvertes et utilisées par l'un des héros, Hersh-le-questionneur. Il s'agit donc d'un Silverberg standard, qui se lit vite et bien, mais qui laisse un goût de nostalgie : Silverberg a fait bien mieux. Nostalgie aussi car ce texte, qui ferait la gloire de beaucoup d'auteurs, certes, est publié après l'extraordinaire Benford La grande rivière du ciel (un ouvrage comme il y a bien longtemps que je n'en avais lu) et qui souffre un peu de la comparaison.


Roger BOZZETTO
Première parution : 1/5/1989
dans Fiction 408
Mise en ligne le : 18/10/2003


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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