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Neuromancien

William GIBSON

Titre original : Neuromancer, 1984
Première parution : New York, USA : Ace, 1984

Cycle : Neuromancien vol. 1 

Traduction de Jean BONNEFOY
Illustration de Éric PROVOOST

LA DÉCOUVERTE (Paris, France), coll. Fictions
Dépôt légal : novembre 1985, Achevé d'imprimer : novembre 1985
Première édition
Roman, 300 pages, catégorie / prix : 85 FF
ISBN : 2-7071-1562-2
Format : 13,5 x 21,8 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   AU DIABLE VAUVERT, 2020
   FRANCE LOISIRS, 2000
   J'AI LU, 1988, 1989, 1992, 1995, 1996, 1997, 1998, 2000, 2003, 2004
   in Neuromancien et autres dérives du réseau, 2007
   J'AI LU, 2008, 2009, 2013, 2016

    Quatrième de couverture    
     Dans un futur où les ordinateurs sont omniprésents, des branchements en direct sur le système nerveux permettent aux informaticiens de visualiser données et programmes et de travailler sur eux comme s'ils affrontaient physiquement un univers réel... Case est un pirate de programmes qui a fait l'erreur de doubler ses employeurs et , surtout, de se laisser prendre. En représailles, on lui a démoli le système nerveux, le rendant incapable de se brancher à nouveau.
     Mais on lui offre maintenant le traitement miracle, à condition qu’il accepte d’obéir aux ordres du mystérieux Muetdhiver et de s’infiltrer dans un programme top secret. L’aventure commence dans le monde sauvage des intelligences artificielles…
     Thriller haletant, bourré de suspense, Neuromancien réussit à présenter un univers hyper technologique extrèmement convaincant et à être en même temps un roman authentiquement surréaliste.
 
Neuromancien est le premier roman de William Gibson. Date dans l'histoire de la science-fiction : il a obtenu en 1985 le prix Hugo, le prix Nebula et le prix Philip K. Dick.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 1985
Nebula, roman, 1984
Philip K. Dick, roman, 1985
Science Fiction Chronicle, roman, 1985

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    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Neuromancer , 1988, Interplay (Jeu Vidéo)
 
    Critiques    
     Un futur proche. Case est un hacker professionnel dont la spécialité est de connecter son cerveau directement à la matrice pour se balader dans le réseau mondial comme dans un univers réel. Mais il a un jour la mauvaise idée de vouloir doubler ses employeurs, des individus à l'honnêteté douteuse, qui se vengent en lui bousillant le système nerveux... plus question pour Case de retourner dans le cyberspace, jusqu'à ce qu'il reçoive la proposition alléchante d'Armitage et de Molly, qui lui offrent un nouveau système nerveux clé en main. Une seule condition  : en échange, il devra réaliser pour leur compte et celui du mystérieux Muetdhiver un petit travail que seul un pro du cyberspace comme lui peut mener à bien. Case accepte avec empressement, sans se douter qu'il se lance bille en tête dans une affaire bien moins nette et plus dangereuse qu'il ne l'escomptait.

     Avalanche de prix pour ce premier roman  : Hugo, Nebula, Philip K. Dick... cela surprendra peut-être le lecteur qui découvre Neuromancien au XXIe siècle  : les concepts audacieux et novateurs de 1983 (année d'écriture du roman) sont presque devenus des pont-aux-ânes de la science-fiction, vulgarisés par la littérature (beaucoup), le cinéma (énormément), et tout simplement les faits réels avec l'essor des autoroutes de l'information (n'êtes-vous pas connecté au réseau, vous qui me lisez  ?). Quand il apparaît de surcroît, au bout de quelques chapitres, que le décor et l'univers de Neuromancien comptent davantage que l'intrigue (une bonne série B, sans plus) ou les personnages (falots ou caricaturaux), on comprend vite que la lecture du roman a perdu beaucoup de son charme en l'espace d'une petite vingtaine d'années. A l'instar de tout ce qui est estampillé « années 80 » (du rock FM aux yuppies), Neuromancien s'altère aujourd'hui de rides précoces, perceptibles jusque dans certains tics stylistiques : la multiplication des phrases courtes, sans sujet ni verbe, simulant une écriture instinctive et nerveuse, était à l'époque le summum d'une « branchitude » aujourd'hui insupportablement datée.
     Il n'en reste pas moins que ce livre a eu le mérite d'ouvrir une brèche par laquelle se sont engouffrés nombre d'auteurs et de scénaristes. Première manifestation et emblème du courant cyberpunk, Neuromancien est simplement arrivé au moment où la science-fiction avait désespérément besoin de nouveaux thèmes et de nouvelles têtes, ce qui explique sans doute qu'il ait été porté au nues, en son temps, par la critique et le public. Mais aujourd'hui que la baudruche cyberpunk s'est en partie dégonflée, force est de constater que ce culte excessif a causé à l'auteur plus de tort qu'autre chose, car ce premier roman a contribué à l'affubler d'une étiquette dont ses entretiens récents montrent qu'il a encore de la peine à se débarrasser.
     Comme le hula-hoop, le disco ou la collection de pin's, Neuromancien est appelé tôt ou tard à revenir à l'ordre du jour... attendons plutôt ce moment-là pour le (re)découvrir. Provisoirement, il ne suscite qu'un intérêt d'ordre historique, sauf pour les nombreux nostalgiques des années-chrome, qui le dégusteront sans modération, en accompagnement d'un bon vieil album de Billy Idol.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 1/11/2001 nooSFere


          On attendait non sans une certaine impatience la parution de Neuromancien, roman qui, bien signé d'un parfait inconnu, a obtenu cette année les trois principaux prix américains dans le domaine de la SF : Philip K. Dick Mémorial Award, Nebula et Hugo, le livre, réputé difficile, a été refusé par trois traducteurs avant que Jean Bonnefoy n'accepte la gageure, pour s'en tirer fort honorablement ma foi. Certains passages peuvent sembler confus, mais cela tient surtout au côté allusif de l'écriture de Gibson.
          Neuromancien conte l'histoire de Case, un pirate informatique, à une époque où l'on entre directement en contact avec les ordinateurs grâce au cyberspace ; les ensembles de programmes apparaissaient alors comme des décors psychédéliques dans les protections desquels s'infiltrent des programmes-virus. Mais Case, au début du roman, n'est plus qu'une épave, un junkie traînant et magouillant dans les rues de la Conurb ; un employeur qu'il avait essayé de doubler lui a ôté la possibilité d'entrer en Cyberspace. Il est alors contacté par une étrange femme aux verres-miroirs scellés dans les orbites et aux griffes rétractiles, qui lui offre de lui rendre son talent en échange d'un piratage un peu spécial, pour lequel il va avoir besoin de l'aide d'un mort.
          Le roman a un peu de mal à démarrer, malgré une ambiance glauque remarquablement rendue. Mais, dépassé les soixante premières pages, il vire au feu d'artifice ! Le dernier tiers est un authentique morceau de bravoure dont on sort un peu assommé, malgré un court épilogue qui vient en adoucir l'impact. Gibson a su pousser son postulat de départ jusqu'à la limite de l'absurde et en tirer toutes les conséquences. Sa connaissance de l'informatique est un atout supplémentaire ; on ne trouve pas dans Neuromancien des « rouages d'ordinateurs » et les cartes perforées sont oubliées depuis longtemps.
          La nouvelle collection des éditions La Découverte frappe fort ; après Armageddon Rag, Neuromancien conforte cette impression. Souhaitons-lui bonne chance.


Roland C. WAGNER
Première parution : 1/2/1986 dans Fiction 371
Mise en ligne le : 14/12/2003


 
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