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La Peau sur les os

Richard BACHMAN

Titre original : Thinner, 1984
Traduction de François LASQUIN
Illustration de Frank LIMIDO

ALBIN MICHEL (Paris, France), coll. Spécial suspense
Dépôt légal : janvier 1987
Roman, 372 pages, catégorie / prix : 85 FF
ISBN : 2-226-02535-9
Genre : Fantastique


Quatrième de couverture
     « Tu vas maigrir », murmura le vieux Gitan au nez pourri, et il lui caressa la joue, comme un amoureux...

     Billy Halleck, bon époux, bon père, vit dans le Connecticut et exerce son métier d'avocat à New York. Il est à la fois bénéficiaire et victime de la Bonne Vie américaine : il a une maison chère, une famille charmante, un travail rémunérateur... mais il pèse aussi 30 kilos de trop et, comme son médecin ne cesse de le lui rappeler, il s'aventure à 36 ans au pays de la crise cardiaque.
     Puis Billy Halleck fauche une vieille Gitane qui traversait une rue de leur tranquille petite ville, Fairview — et tout bascule dans sa vie placée sous le signe de la réussite. Il est acquitté par le juge, un ami, et le chef de la police trouve un prétexte pour expulser les Gitans... mais il n'empêche qu'une sentence bien pire a été prononcée contre lui. Billy Halleck commence à perdre du poids. Il en est d'abord ravi, puis inquiet et finalement terrifié. Il ne peut rien y faire. Il mange, mange encore, mais son poids ne cesse de tomber.
     Commençant dans le Connecticut résidentiel pour atteindre son apogée dans le Maine rural, La Peau sur les os raconte la quête d'un homme pour trouver la source de son cauchemar et pour s'en éveiller avant d'être devenu... rien du tout.
     C'est un roman où l'horreur grandit de page en page, un roman de terreur implacable. C'est aussi une époustouflante allégorie sur ce qui se cache derrière la suffisance de l'Américain moyen, et où se trouvent en dernier ressort les responsabilités des actions humaines. Lisez ce livre — et vous ne ferez plus jamais la diète.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, (2015)

            La Peau sur les os est l’un des sept romans publiés par King sous le pseudo Richard Bachman. On y côtoie, sur plus de 300 pages, William Haleck, riche avocat de 114 kilos (au début), nanti d’une femme et d’une fille respectivement nommées Heidi et Linda. Meurtrier involontaire d’une vieille gitane qu’il a écrasée en voiture, William, bien en cour à Fairview, la localité aisée où il vit, est acquitté par son ami le juge Rossington, après une enquête bâclée par la police locale qui, pour faire bonne mesure, expulse les gitans de la ville. Entre affaires rondement menées et parties de golf, la vie pourrait reprendre son cour pour ce gagnant du rêve américain. Mais, à la sortie du tribunal, un vieux membre du clan, excédé, l’a touché et lui a dit un seul mot : « Maigris ! ». Quand William commence à perdre du poids, beaucoup de poids, sans raison médicale aucune, il doit se rendre à l’évidence : le gitan l’a maudit. Il lui faut maintenant retrouver le vieux et faire lever le sort avant d’en mourir, sans oublier de se cacher de son entourage qui le prend pour un fou.

            Il y a de bonnes choses dans La Peau sur les os. King décrit avec une justesse impressionnante les affres du malade qui visite le déni avant de s’avouer son infortune. Son William met en œuvre quantité de petites stratégies puériles pour modifier ou dissimuler les symptômes, leur cherche une explication aussi logique que rassurante, veut éviter son médecin (car seuls les malades voient un médecin), avant d’être obligé de lâcher l’affaire et d’admettre l’abjecte vérité. King oppose aussi avec pertinence la vie aussi vide de sens qu’indifférente aux autres de la middle-upperclass et l’existence difficile de gitans traités comme des untermenschen par la population des braves gens, sans oublier de décrire avec drôlerie la « faune » qui hante les stations balnéaires du Maine. Il tricote enfin une histoire rapide et rythmée, un vrai thriller d’horreur qui agrippe le lecteur et ne le lâche plus tant il veut savoir comment tout ça va finir.

            Mais tout n’est pas bon. L’amitié à la vie à la mort de William avec le mafieux italien Richard Ginelli, si importante pour le récit, n’est guère crédible. La haine qu’il développe pour sa femme non plus, même si la lâcheté intellectuelle de celle-ci est en effet difficile à supporter. Quant au final, on peut trouver que King y cède à la facilité d’un effet de manche surprenant.

            Pour apprécier La Peau sur les os – c’est vraiment possible –, il faut débrancher quelque temps son cerveau, voir le bon et passer à côté du moins bon, se comporter en somme comme un malade qui, pour sa tranquillité d’esprit, ne voit que ce qui l’arrange.

Éric JENTILE
Première parution : 1/10/2015
Bifrost 80
Mise en ligne le : 25/10/2020

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
La Peau sur les os , 1996, Tom Holland

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