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La Peau sur les os

Stephen KING

Titre original : Thinner, 1984
Traduction de François LASQUIN
Illustration de Jean-Yves KERVÉVAN

J'AI LU (Paris, France), coll. Stephen King n° 2435
Dépôt légal : octobre 2002, Achevé d'imprimer : 20 octobre 2002
Roman, 384 pages, catégorie / prix : I
ISBN : 2-290-30773-4
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Fantastique


Quatrième de couverture
     Jour après jour, Billy Halleck perd du poids. Lui qui dépassait allègrement les cent douze kilos, n'en fait plus que cinquante-cinq à présent. Et il continue de maigrir, aussi mystérieusement qu'inexorablement, sans que rien ne semble pouvoir empécher l'issue fatale. De quelle maladie est-il atteint ? Un cancer ? Non, il sait d'où vient le mal... où plutôt la malédiction. Tout converge vers ce moment où il a percuté une vieille gitane avec sa voiture, la tuant sur le coup.
     Jusque là, aucune véritable séquelle : il est ressorti du tribunal totalement blanchi. Pas étonnant, le juge était de ses amis. C'est cela qui a dû sembler insupportable aux tziganes. Une pareille injustice ne pouvait pas rester impunie. Tôt ou tard, il fallait payer...
 
     Stephen King
     Universellement reconnu comme le grand maître de l'épouvante (Simetierre, Shining, Ca), de la SF et de la fantasy (Les Tommyknockers, La Tour Sombre), il sait aussi se faire la critique virulente de la société libérale américaine (Marche ou crève), évoquer les affres de l'adolescence (Carrie) ou relever le défi du feuilleton (La ligne verte).
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, (2015)

            La Peau sur les os est l’un des sept romans publiés par King sous le pseudo Richard Bachman. On y côtoie, sur plus de 300 pages, William Haleck, riche avocat de 114 kilos (au début), nanti d’une femme et d’une fille respectivement nommées Heidi et Linda. Meurtrier involontaire d’une vieille gitane qu’il a écrasée en voiture, William, bien en cour à Fairview, la localité aisée où il vit, est acquitté par son ami le juge Rossington, après une enquête bâclée par la police locale qui, pour faire bonne mesure, expulse les gitans de la ville. Entre affaires rondement menées et parties de golf, la vie pourrait reprendre son cour pour ce gagnant du rêve américain. Mais, à la sortie du tribunal, un vieux membre du clan, excédé, l’a touché et lui a dit un seul mot : « Maigris ! ». Quand William commence à perdre du poids, beaucoup de poids, sans raison médicale aucune, il doit se rendre à l’évidence : le gitan l’a maudit. Il lui faut maintenant retrouver le vieux et faire lever le sort avant d’en mourir, sans oublier de se cacher de son entourage qui le prend pour un fou.

            Il y a de bonnes choses dans La Peau sur les os. King décrit avec une justesse impressionnante les affres du malade qui visite le déni avant de s’avouer son infortune. Son William met en œuvre quantité de petites stratégies puériles pour modifier ou dissimuler les symptômes, leur cherche une explication aussi logique que rassurante, veut éviter son médecin (car seuls les malades voient un médecin), avant d’être obligé de lâcher l’affaire et d’admettre l’abjecte vérité. King oppose aussi avec pertinence la vie aussi vide de sens qu’indifférente aux autres de la middle-upperclass et l’existence difficile de gitans traités comme des untermenschen par la population des braves gens, sans oublier de décrire avec drôlerie la « faune » qui hante les stations balnéaires du Maine. Il tricote enfin une histoire rapide et rythmée, un vrai thriller d’horreur qui agrippe le lecteur et ne le lâche plus tant il veut savoir comment tout ça va finir.

            Mais tout n’est pas bon. L’amitié à la vie à la mort de William avec le mafieux italien Richard Ginelli, si importante pour le récit, n’est guère crédible. La haine qu’il développe pour sa femme non plus, même si la lâcheté intellectuelle de celle-ci est en effet difficile à supporter. Quant au final, on peut trouver que King y cède à la facilité d’un effet de manche surprenant.

            Pour apprécier La Peau sur les os – c’est vraiment possible –, il faut débrancher quelque temps son cerveau, voir le bon et passer à côté du moins bon, se comporter en somme comme un malade qui, pour sa tranquillité d’esprit, ne voit que ce qui l’arrange.

Éric JENTILE
Première parution : 1/10/2015
Bifrost 80
Mise en ligne le : 25/10/2020

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
La Peau sur les os , 1996, Tom Holland

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