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Prélude à Fondation

Isaac ASIMOV

Titre original : Prelude to Foundation, 1988
Première parution : États-Unis, New York : Doubleday Foundation, mai 1988
Cycle : Fondation  vol. 1 

Traduction de Jean BONNEFOY
Illustration de Wojtek SIUDMAK

PRESSES DE LA CITÉ (Paris, France), coll. Univers sans limites
Dépôt légal : mars 1989
Première édition
Roman, 348 pages, catégorie / prix : 120 FF
ISBN : 2-258-02597-4
Format : 15,5 x 24,0 cm
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   FRANCE LOISIRS, 1989
   in Le Déclin de Trantor, 2000
   in Le Déclin de Trantor, 2000
   in Le Déclin de Trantor, OMNIBUS, 1999
   in Vers Fondation, 2007
   POCKET, 1990, 1991, 1992, 1997, 1998, 1999, 2000, 2002, 2003, 2005, 2014, 2021

Quatrième de couverture
Tout le monde connait le nom d'Hari Seldon. Depuis des milliers d'années. On n'imagine même plus que ce personnage légendaire a été un homme ; qu'il y eut un temps reculé où il venait à peine d'inventer la psychohistoire et où il n'y voyait qu'une pure spéculation, sans applications pratiques...
Mais dès qu'il fit sa communication, tout le monde comprit. La psychohistoire ne pouvait pas prédire l'avenir ? Les politiques s'en moquaient ! Ce qui comptait pour eux, c'est que les gens allaient y croire. Ensuite, les équations diraient ce qu'on leur ferait dire. Et si Seldon n'était pas d'accord, tant pis pour lui !
Alors le jeune chercheur s'enfuit en compagnie d'une belle historienne, Dors Venabili. Il sillona les dédales souterrains de la planète Trantor, capitale de l'Empire Galactique, toujours traqué par ceux qui voulaient contrôler sa découverte. Et ce qu'il vit le stupéfia. La ville géante se désagrégeait. Partout s'étaient constituées des communautés isolées, farouchement attachées à leur autonomie. Un terrain idéal pour affiner son modèle et formuler l'avenir inquiétant qui se dessinait sous ses yeux.
Etait-il trop tard pour éviter la catastrophe ? Peut-être y avait-il une chance d'agir...

Le nom d'Isaac Asimov est fameux dans le monde entier. Il le doit à son extraordinaire clarté de conception et d'écriture, à son humour léger, à sa force tranquille qui font de lui le classique par excellence, autour duquel se réconcilient tous les amateurs. Connu pour les trois cycles des robots, de L'Empire Galactique et de la Fondation, il a écrit Prélude à Fondation pour les fondre en une somme unique. Ce livre-clé, écrit avec un soin particulier, est un vibrant plaidoyer pour la liberté de l'homme, pour les droits du savoir contre tous les pouvoirs, contre l'obscurantisme, l'intolérance et le racisme.
Asimov n'est pas un optimiste béat. Il ne prétend pas que la science sauvera l'homme, mais seulement qu'elle peut l'aider. Et il dit pourquoi.

Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Jacques GOIMARD, Jeunesse d'Asimov, pages 5 à 14, préface
2 - Avertissement de l'auteur (Author's Note (Prelude to Foundation), 1988) , pages 15 à 16, prologue, trad. Jean BONNEFOY
3 - Jacques GOIMARD, Un nouveau romanesque, pages 344 à 348, article
Critiques
     Installé sur Trantor, Cléon Ier, dernier empereur de la dynastie Entun, règne sur un Empire galactique de plusieurs millions de systèmes solaires habités par des billons d'individus. Hari Seldon, jeune chercheur mathématicien, débarque de sa planète natale Hélicon pour dévoiler sa psychohistoire destinée à présager l'avenir d'une société.
     Par une habile manœuvre de son conseiller Demerzel, l'empereur apprend l'existence de cette théorie. Il se fait présenter le jeune savant qui lui déplaît fortement en ne voulant prendre aucun engagement sur l'avenir de l'Empire. Pire, Seldon, compte tenu de l'histoire des empereurs passés, lui démontre qu'il a une possibilité sur deux de se faire assassiner. Après ce départ au goût amer, Seldon rencontre un autre personnage, Hummin, qui le sauve d'une méchante agression et lui propose d'échapper à l'emprise de l'Empire. Il sera intégré dans une université indépendante sous la protection d'une historienne extraordinaire, Dors Venabili. L'histoire se complique et contraint Seldon à une fuite incessante, il va ainsi s'immerger dans plusieurs communautés humaines aux mœurs très différentes. En bon auteur de Science Fiction Asimov nous introduit ainsi dans plusieurs mondes imaginaires ou utopiques en relevant les avantages et les défauts de chacun. Au final, non sans risques et sans soucis, les multiples contacts et expériences rencontrées apporteront au mathématicien les informations qu'il recherche.
     C'est alors que Seldon comprendra qu'il est manipulé. Le lecteur s'en doutait probablement en considérant les actions de cette protectrice qui intervient toujours opportunément pour le tirer d'embarras. Pourtant Hari Seldon a rencontré une collection d'ennuis, à croire parfois qu'il les a recherché par un inhabituel comportement. Alors, qui tire les ficelles et pourquoi est-il si indispensable à l'humanité ? La fin du livre lève l'énigme pour conclure sur une idylle bien étrange.
     Le lecteur choisira son approche sans espoir de retour, — ou lire l'ouvrage tel qu'Asimov l'a proposé ce qui est parfois un peu lassant car malgré l'habileté de l'auteur certains garnissages littéraires font perdre le fil de l'action, — ou, par les dernières pages, prendre connaissance de la ex Machina et diminuer l'attrait des péripéties au bénéfice de leur compréhension.
     Enfin, Asimov lèvera partiellement le voile sur le berceau de l'humanité : Aurora et Terre revenant ainsi à son œuvre de 1986 : Terre et Fondation. Il faudra lire l'Aube de la Fondation pour connaître le segment qui relie cet ouvrage à l'original Fondation.

Gérard BOUYER
Première parution : 1/4/2011 Présence d'Esprits 67
Mise en ligne le : 6/11/2011


     La série proprement dite des Fondations est constituée de nouvelles qui couvrent la période qui va de mai 1942 à janvier 1950. Ces huit nouvelles, publiées dans la revue Astoundlng Science Fiction, furent reprises en trois volumes, Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation (Denoël, Col. Présence du Futur n°89, 92 et 94).
     La première, intitulée Les Psychohistoriens, est un chef-d'œuvre de l'ellipse. Elle met en scène un jeune provincial, Gaal Dornick qui fait, suivant l'Encyclopedia Galactica, « la connaissance du grand mathématicien deux ans avant sa mort » et devient son biographe, en même temps que son collaborateur, Hari Seldon auteur de la Psychohistoire, y apparaît à un moment de son existence : un procès que lui livre la Commission de la Sécurité Publique de l'Empire et au terme duquel, il obtiendra d'être exilé avec toute son équipe et cent mille personnes, sur une planète désolée, Terminus, pour y rédiger, prétexte avoué, une encyclopédie destinée à sauvegarder les connaissances humaines et à réduire, après la chute de l'empire, la période d'instabilité et de guerre, à mille années seulement.
     Après ce remarquable récit où Asimov avait présenté une pseudo-science statistique de l'avenir, Hari Seldon mourrait et ne revenait plus sur le devant de la scène, qu'au cours de séances, espacées dans le temps, où il apparaissait sous forme d'enregistrements holographiques, pour expliquer à ses partisans et à leurs descendants qu'il n'y avait qu'une porte de sortie pour résoudre les crises qui se posaient, telles la révolte d'Anacréon ou la guerre avec la République de Korell.
     Le Plan Seldon, ponctué d'un ensemble de crises, à la fois politiques et économiques, résolues donc par des solutions uniques, résultantes de calculs sociologiques à longue échéance, jouait, en fait, sur l'ignorance des sociétés et des individus impliqués et manipulés.
     Asimov, s'étant avisé qu'il avait laissé dans l'obscurité bon nombre d'aspects de la vie du héros de sa série au profit de la Psychohistoire, s'intéressa un peu plus au personnage et, plutôt que de rédiger l'impossible biographie de Gaal Dornick, choisit une période clé de son existence où après avoir posé les axiomes de sa science et en avoir communiqué publiquement les conclusions, il prenait conscience progressivement des conséquences et des impacts politiques sinon sociologiques de celles-ci.
     Ainsi donc Asimov pouvait ajouter un chapitre de plus à son Histoire du futur et l'intituler Prélude à Fondation. Pour trouver les bases de la Psychohistoire, il fallait à Hari Seldon un modèle. Aidé par une historienne, Dors Venabili, il se tourna vers le passé de l'histoire de l'humanité et en fuyant d'un secteur à l'autre de l'immense Trantor, la planète-capitale de l'Empire Galactique, il découvrit qu'il disposait effectivement de ce modèle, mais pas à l'époque qu'il avait choisi !
     Incontestablement, la série des Fondations a fasciné de nombreux amateurs de science-fiction. Ce dernier-premier roman est bien entendu relié aux autres séries de l'auteur avec une habileté diabolique dans une fin pleine de suspense que l'on ne révélera pas ici.
     Cependant, il faut remarquer, pour être honnête, que cette histoire ne gagnera jamais à être lue avant la série des trois premiers romans de la série initiale. En effet, la volonté de liaison des cycles de l'auteur l'avait déjà conduit à trop en révéler dans les romans postérieurs de la série et de celle des Robots.
     Il n'en reste pas moins que Prélude à Fondation est une histoire assez étonnante au cœur de l'œuvre d'Asimov, car elle peut se lire à deux niveaux : Trantor et son empire ressemble beaucoup aux États-Unis et peut-être bien à leur rivale actuelle, l'URSS. La chute de l'impossible et improbable empire du futur laisse penser à l'état de décomposition des empires géants quels qu'ils soient sur la planète.
     Les sociétés sectorisées de Trantor sont autant de facettes, à la fois de nos pays actuels ou des différentes sociétés à l'intérieur de ces pays et l'on comprend très bien Asimov lorsqu'il fait dire à l'un de ses personnages : « Les forces impériales doivent éviter toute ingérence directe mais, même ainsi, elles ont découvert qu'il leur reste une importante marge de manœuvre. Ainsi encourage-t-on chaque secteur à se méfier de ses voisins. A l'intérieur de chaque secteur, on encourage une certaine lutte des classes. Le résultat est que, sur l'ensemble de Trantor, toute unité d'action des forces populaires est devenu impossible. Partout, les gens préfèrent se battre contre eux plutôt que de faire front contre la tyrannie centrale, de sorte que l'Empire peut régner sans recourir à la force. »
     Mais, pour pessimiste que soit le constat de la décadence, il n'en reste pas moins qu'Asimov est lucide et qu'il fait confiance quand même à la raison pour éviter l'ultime catastrophe. A cet égard, la chute du Maire de Kan est très significative du type de solution qu'envisagé l'auteur et elle se trouve en droite ligne derrière les solutions proposées dans toutes les nouvelles de la série des Fondations.
     Se laisse lire d'une traite.

Charles MOREAU
Première parution : 1/6/1989 dans Fiction 409
Mise en ligne le : 14/10/2003

Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)  pour la série : Fondation
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)  pour la série : Fondation
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)  pour la série : Fondation
Denis Guiot, Stéphane Nicot & Alain Laurie : Dictionnaire de la science-fiction (liste parue en 1998)  pour la série : Fondation
Denoël : Catalogue analytique Denoël (liste)  pour la série : Fondation
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Fondation
Jean Gattegno : Que sais-je ? (liste parue en 1983)  pour la série : Fondation

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