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Les Élixirs du Diable

Ernst Theodor Amadeus HOFFMANN

Titre original : Die Elixieren des Teufels, 1815
Première parution : Berlin, Allemagne : Duncker und Humblot, 1815
Traduction de Madeleine LAVAL

BELFOND
Dépôt légal : 1968
Roman, 460 pages
ISBN : néant
Genre : Fantastique


Autres éditions
   LES BELLES LETTRES, 2013
   CLUB DU MEILLEUR LIVRE, 1954
   PHÉBUS, 1981, 1991, 2005
   POCKET, 1989
   RENAISSANCE, 1968
   in Romans terrifiants, Robert LAFFONT, 1985
   in Romans terrifiants, 1987
   in Romans terrifiants, 1989
   in Romans terrifiants, 1991
   in Romans terrifiants, 1997
   STOCK, 1926, 1987, 1996, 2002
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition STOCK, Nouveau Cabinet cosmopolite (1987)

     Décidément, le fantastique se porte bien ; dont des maîtres reviennent en force. Ces derniers mois ont vu se multiplier des (ré)éditions fondamentales, comme les Morts violentes d'Ambrose Bierce (« Les Cahiers rouges », Grasset), de Gustav Meyrink 1, les transfigurations historiques de Léo Perutz 2 et d'Heimito von Doderer (Sursis, 10/18 n° 1837), et même Les Mystères d'Udolfo, d'Ann Radcliffe la gothique (NEO/Plus).
     Et pour l'heure, voici les célébrissimes Elixirs du Diable, du non moins illustre Ernst-Théodor Amadeus Hoffmann (1776-1822). Chez lui, tout est ambivalence, hésitations : entre un métier « conforme » (magistrat) et celui d'artiste ; entre musique et littérature ; entre exaltation et morosité. La nature indécise d'Hoffmann se retrouve entièrement dans la vie de ce moine Médard (The Monk de Lewis n'est pas loin), divisé par l'envie du Ciel et les séductions infernales, victime de puissances qui décident pour lui et luttent contre elles. Peut-on dominer les dédoublements que l'hérédité inscrit en nous ?, saura-t-on maîtriser le destin ?, y a-t-il une issue hors de la démence ?, sont les questions-clés de ce roman touffu, dont la rédaction même fut cyclothymique : une première .partie écrite en moins de deux mois, comme sous la dictée d'un rêve frénétique ; la seconde plus lente à venir, et forte d'une charge de réflexions métaphysiques. Ainsi que le relève l'excellente préface de Marcel Schneider, chacune des parties, et leurs composantes, sont en outre agencées par contrastes successifs, en un grand mouvement symphonique. Hoffmann — ses Nouvelles musicales sont également disponibles chez Stock — satisfaisait ainsi, plus qu'en sourdine, son aller ego. Un beau roman, témoin des folies romantiques, qui véhicule un enjeu littéraire toujours actif : refléter la vie jusque dans ses moindres contradictions, concilier ses totalités objective et mentale.


Notes :

1. Aux Editions du Rocher. Voir le compte rendu de L'Ange à la fenêtre d'Occident, Fiction n° 385.
2. Le Marquis de Bolivar (Albin Michel), Turlupin (Fayard), Le Judas de Léonard (Ed. Phébus).

Alain DARTEVELLE
Première parution : 1/7/1987
dans Fiction 388
Mise en ligne le : 28/1/2003

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