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La Cité et les astres

Arthur C. CLARKE

Titre original : The city and the stars, 1956

Traduction de Françoise COUSTEAU

HACHETTE / GALLIMARD (Paris, France), coll. Le Rayon fantastique n° 95/96
Dépôt légal : 2ème trimestre 1962
480 pages
ISBN : néant
Format : 11,5 x 18 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   DENOËL, 1972, 1973, 1973, 1979, 1985, 1994, 1996
   GALLIMARD, 2002, 2004
   in Les Enfants d'Icare / La Cité et les astres, OPTA, 1969

    Quatrième de couverture    
     Leur Empire galactique liquidé par des Envahisseurs — refoulés de la Terre d'extrême justesse — le peu qui reste des hommes se terre dans une Cité unique sur le globe dévasté et vieilli.
     Et à Diaspar, la merveilleuse, ils finissent par assurer à leurs vies, en pratique éternelles, un équilibre et une harmonie incomparables. Mais au prix d'un refus total du monde extérieur, de calcul devenu instinct.
     Pourtant, que surgisse un aberrant qui, dévoré de curiosité, méprise cette fuite dans la prison du bonheur ; qu'il s'évade, non seulement de Diaspar mais de la Terre, et toute l'Histoire s'en trouve remise en marche...

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Denoël : Catalogue analytique Denoël (liste)
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)
Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)
Francis Valéry : Passeport pour les étoiles (liste parue en 2000)

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2002)


     L'héritage de Présence du Futur fait qu'à côté de titres récents, voire d'inédits, Folio distille la mémoire de la SF, nécessaire à un genre qui, comme l'Histoire, se construit par accumulation, entre variation sur les thèmes anciens et apparition de nouveaux motifs. Même si Clarke est plutôt réédité chez J'ai lu, il ne pouvait rester absent. D'où ce roman, remontant à 1955. On pourra y trouver les traits de la production antérieure, ceux d'Asimov dans Fondation : quelque lenteur, beaucoup de descriptions, plus d'idées que de sensations. Mais cette prose supposée trop cérébrale nous parle, et parle plus encore à un adolescent découvrant le genre.
     La cité est là de toute éternité, figée au milieu d'une Terre déserte. On y est éternel même si on peut y dormir pour un temps aléatoire, pour se réveiller adulte, nécessiter vingt ans d'apprentissage et retrouver les souvenirs qu'on a triés jadis à destination de soi-même. Sauf quand on est comme le héros, Alvin. Sans passé. Fait pour l'aventure. Donc la transgression, tant plus personne ne songe à quitter la cité depuis des éternités. L'enquête d'Alvin lui permet de sortir. De trouver une autre cité, une fédération de villages où on naît et où on meurt naturellement, et où on est télépathe. Puis les héritiers d'un gourou, illustration de la vanité des religions, un polype accédant à la conscience quand son cycle de vie réunit ses éléments, et un robot qui est la clé des étoiles. Et là-haut, des mondes sans vie ou pleins d'une vie élémentaire, et un être immatériel, sans doute artificiel, riche de la mémoire du monde, pour aider les télépathes à rectifier les légendes admises et dire où sont partis les peuples et civilisations qui ont sillonné l'univers, parce que la cité, dans tout son orgueil, n'est qu'une lente dérive d'un petit groupe. Entre temps, Alvin s'oppose aux conservatismes et bouleverse toutes les règles, avec un résultat tout à la fois décevant et grandiose, comme l'est in fine la décision de laisser les machines chercher les disparus, tout en cultivant son jardin façon Candide, en terraformant la Terre elle-même, sans attendre l'Armageddon final, fatal mais si éloigné.
     Le roman d'initiation s'arrête évidemment là. Avec le recul, on en voit les schématismes, et une trame qui pourrait quasiment relever de l'heroic fantasy. Mais demeure l'utopie et son démontage. Et l'appel de l'infini. Et le contact avec l'inconnu. Et le goût de l'immensité. Tout ce qui fit rêver dans cette SF d'il y a un demi-siècle, et qui reste jeune — de mauvais coucheurs ajouteraient injustement « dans sa naïveté ». Et qui est plus qu'un fossile du genre, tant elle se laisse lire ici et maintenant. Parce qu'elle parle de l'humanité, et de chacun d'entre nous, pris entre les conventions et l'infini.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/9/2002
dans Galaxies 26
Mise en ligne le : 17/2/2004




 

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