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Le Crépuscule de Briareus

Richard COWPER

Titre original : The Twilight of Briareus, 1974
Première parution : Gollancz, 1974
Traduction de Claude SAUNIER
Illustration de Stéphane DUMONT

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 214
Dépôt légal : 2ème trimestre 1976, Achevé d'imprimer : 12 mai 1976
Première édition
Roman, 272 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : néant
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     En 1983, l'apparition d'une supernova provoque sur la terre tornades et typhons qui font cinquante millions de victimes et rendent stériles les survivants.
Cependant, certains de ces derniers, qu'on appelle « zétas »
(d'après le nom d'une onde nouvelle apparue sur les électroencéphalogrammes)
ont acquis d'étranges pouvoirs psychiques.
On les craint, on se méfie d'eux, on les traque,
mais c'est grâce au sacrifice de l'un d'eux que notre planète redeviendra féconde.
     Un livre spiritualiste, poétique, anti-technocratique, dont les héros sont des êtres humains vivants et complexes.
 
Richard Cowper est le pseudonyme de Colin Murry.
fils du critique John Middleton Murry
Né en 1926, il a publié en Angleterre huit romans.
Critiques

     Une supernova, Briareus Delta, explose à 3000 années-lumière de la Terre ; triple résultat : nouvelle ère glaciaire ; stérilisation de tous les habitants ; apparition de mutants Zétas, doués de pouvoirs télépathiques. Trois thèmes traditionnels de la SF (catastrophique ou non), ici mêlés de façon très adroite, ce qui permet à l'auteur de jouer avec bonheur sur plusieurs tableaux : naturaliste-documentaire pour ce qui est de la survie dans la neige et la glace ; socio-politique quand il s'agit de décrire la traditionnelle chasse aux mutants par les gouvernements (ou ce qu'il en reste) ; humanisme-philosophie pour parler de la fin possible de l'humanité. A quoi on peut ajouter une double intrigue sentimentale touchante et « vraie », et bien sûr ce fameux réalisme à l'anglaise dont l'éloge n'est plus à faire, et ici transcendé par des situations et des personnages forts. Une seule fausse note : le mysticisme diffus et plutôt obscur qui baigne la fin du récit (l'explosion stellaire aurait répondu à on ne sait quel plan cosmique perpétré par on ne sait quelle entité supérieure). Mais, sur un sujet (voire des développements) identique ou presque à celui d'Inferno (même collection, n° 204). Cowper se montre bien supérieur à Hoyle, consacrant la victoire attendue du poète sur le scientifique.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/1/1977 dans Fiction 276
Mise en ligne le : 1/10/2012

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition ARGYLL, (2021)

Suite à l’explosion d’une étoile située à 130 années-lumière de la Terre, des catastrophes météorologiques et humaines s’abattent sur le monde : les typhons et le froid submergent le Royaume-Uni, l’humanité est stérile et une partie de la population, principalement des adolescentes, semble avoir subie des changements psychiques. Le gouvernement, persuadé que la stérilité et l’apparition de ces mutants sont liées, se livre alors à des arrestations massives dans le but d’expérimentations.

Le Crépuscule de Briareus est le premier roman de la jeune maison d’édition rennaise Argyll. Précédemment publié en 1976 par la défunte collection Présence du futur, il serait certainement tombé définitivement dans l’oubli sans l’œil aiguisé des créateurs d’Argyll qui en profitent au passage pour faire réviser la traduction par l’excellent Pierre-Paul Durastanti. Et, disons le tout de suite, cela aurait été regrettable de ne pas redécouvrir Richard Cowper.

Le récit commence comme un banal post-apocalyptique, genre dont nous sommes saturés depuis quelque temps, labouré maintenant par les éditeurs de littérature générale et qui peine à se renouveler. Mais rapidement, la partie post-apo passe au second plan et d’autres thèmes sont abordés, avec ce Royaume-Uni qui n’hésite pas à contourner ses lois pour se livrer aux pires atrocités en espérant trouver un remède à la stérilité. Le Crépuscule est aussi un roman terriblement anglais : dans l’héritage direct de John Wyndham, l’auteur des Coucous de Midwich ou du Jour des triffides, d’Edmund Cooper (le Jour des fous) voire de Michael Coney, il respire la campagne anglaise, les petites villes loin de Londres ou la population vit tranquillement jusqu’au jour où l’inexplicable survient. C’est aussi un roman des années 70, abordant la sexualité avec une certaine liberté de ton mais toujours sous le regard masculin, d’une manière qui pourra paraître naïve aujourd’hui mais remplie de sentiments et de poésie.

Le crépuscule de Briareus est donc une bonne pioche : représentatif d’une certaine science-fiction anglaise des années 70, centré sur l’être humain et ses rapports au monde et à la science, doté d’une écriture légère et efficace. On remerciera aussi Argyll pour le paratexte : un article de Christopher Priest racontant sa rencontre avec Richard Cowper dans un atelier d’écriture, article où Christopher Priest fait ce qu’il fait le mieux : délivrer autant de méchancetés que de gentillesses sur un ton égal et tranquille, quitte à ne pas être très fidèle à la réalité ; ainsi qu’un long entretien avec Richard Cowper. Pour ma part, je n’attends plus que la prochaine réédition d’autres romans de Cowper annoncé par Argyll pour me replonger dans cette délicieuse prose.

 

René-Marc DOLHEN
Première parution : 9/5/2021
nooSFere

Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)

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